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Mobilité professionnelle : les Français moins frileux que les Allemands

Les Allemands curieux et globe-trotteurs et les Français attachés à la mère patrie et inamovibles ? Voilà un bien vieux cliché qu'il va falloir dépoussiérer. Selon une étude récente intitulée « Decoding Global Talent » réalisée par le cabinet international de conseil en stratégie Boston Consulting Group (BCG) et le spécialiste du recrutement en ligne StepStone, les Allemands se révèlent en fait bien moins enclins à la mobilité que la moyenne internationale.

Il ressort également de l'étude que les Français seraient les premiers d'Europe à « oser bouger » à l'étranger pour leur carrière. Les autres résultats tout aussi surprenants issus de l'enquête sont consultables ici : Jobmobilität: Wen zieht es in welche Länder?

Mobilité professionnelle : qui part où ?

Tandis qu'à l'échelle mondiale, ils sont deux employés sur trois en moyenne à se dire prêts à accepter un poste à l'étranger, moins de la moitié de la main d'œuvre allemande se verrait quitter l'Allemagne pour un job à l'international. Ce résultat est paru dans le cadre de l'étude « Decoding Global Talent », la plus grosse enquête internationale portant sur le thème de la mobilité professionnelle effectuée à ce jour, réalisée entre avril et juin 2014 ; plus de 200 000 employés issus de 189 pays différents ont participé.

Les Français, bien plus mobiles que les Allemands

La propension à aller travailler à l'étranger s'avère particulièrement forte dans les pays économiquement moins développés. Le Pakistan arrive en tête de liste : environ 97% des personnes interrogées dans ce pays indiquent être prêtes à s'expatrier pour des raisons professionnelles.

Certains pays voisins de l'Allemagne, industrialisés et parmi les plus compétitifs, se distinguent également par un goût marqué pour la mobilité professionnelle : c'est le cas de la France qui, avec 94% de travailleurs qui se déclarent prêts à quitter leur pays pour un job, figure dans le top 5 des nations les plus « mobiles ». En Suisse, ils sont 77% à se dire prêts à hisser les voiles pour un emploi à l'étranger, du moins de manière temporaire - soit 13% de plus qu'en Allemagne.

Avec ses 64%, l'Allemagne se situe 20% en-dessous de la moyenne internationale. Par ailleurs, l'étude a révélé que les Allemands s'expatriaient majoritairement en Suisse (37%), aux États-Unis (35%) et en Grande-Bretagne (33%).

Berlin : parmi les 10 villes les plus convoitées au monde

Les terres allemandes constituent un lieu attirant pour de nombreux travailleurs. Parmi les pays non-anglophones, l'Allemagne arrive en tête des pays qui font rêver les employés sondés dans le cadre de l'enquête. Ce sont surtout les travailleurs originaires des pays d'Europe orientale, Bosnie Herzégovine ou Serbie par exemple, qui s'installent en Allemagne : respectivement 73% et 64% des employés de ces pays affirment être prêts à travailler en Allemagne. Aux Pays-Bas, ce chiffre descend à 51%. En Finlande, près de la moitié des employés trouvent l'Allemagne attirante.

« L'Allemagne agit comme un aimant à l'égard des employés internationaux. La situation économique stable, l'offre importante de postes à pourvoir sur le marché du travail et les bonnes conditions de vie qui caractérisent la République fédérale font de l'Allemagne une option intéressante aussi bien pour les employés que pour le personnel hautement qualifié », précise le Dr Sebastian Dettmers, PDG de StepStone Allemagne. Et ce n'est pas un hasard si Berlin compte parmi les 10 villes les plus appréciées pour un séjour professionnel à l'étranger. La capitale allemande figure en effet à la sixième place du classement mondial des villes favorites. À la première place se trouve Londres, suivie de New York puis Paris.

Empêcher l'exode des plus qualifiés

Quels critères les employés prennent-ils en compte dans le choix d'un job ? Il est apparu à la lecture des résultats de l'étude, que l'importance des facteurs classiques (revenu, responsabilités attribuées) avait diminué. Ce qui prime dorénavant chez les employés, c'est le développement personnel, la reconnaissance du travail effectué et de bons rapports avec les collègues.

« La mobilité croissante des travailleurs aux quatre coins du monde ainsi que la mutation de leurs préférences qui s'appliquent dans le choix d'un job sont deux phénomènes qui ont de fortes répercussions», souligne Carsten von der Linden, chef de projet chez The Boston Consulting Group et co-auteur de l'étude. « C'est pour cette raison que les entreprises devraient mettre en valeur leurs points forts en tant qu'employeurs, aussi bien en interne qu'en externe, afin d'éviter que leurs collaborateurs les plus talentueux n'émigrent pour ne plus jamais revenir. On devrait faire tout notre possible pour nous situer du bon côté de l'équation ».

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