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Invest in France: La crise a très peu touché les investissements allemands en France

1. Juni 2010

L'agence Invest in France, ou Agence française pour les investissements internationaux, a pour mission d'aider les entreprises françaises à investir sur le territoire français, dans l'optique d'y créer ou d'y sauvegarder des emplois. Didier Boulogne, directeur de l'agence basée à Düsseldorf, montre que les besoins des entreprises en profils franco-allemands ne faiblissent pas.

Comment a-t-on ressenti la crise dans les rapports commerciaux franco-allemands ?

Faiblement. Sur notre secteur d'activité, nous avons eu en 2009 les mêmes résultats qu'en 2008. Notre explication est de dire que France et Allemagne sont deux économies très étroitement imbriquées, deux pays limitrophes qui se connaissent parfaitement. En temps de crise les Allemands ont certainement coupé des logiques d'investissement plus lointaines et plus incertaines mais n'ont pas forcément coupé des mouvements d'investissement sur la France. Il fallait vraiment qu'ils soient en grande difficulté pour arrêter l'investissement sur la France. A côté de cela, les entreprises allemandes sont assez solides. Le Mittelstand allemand notamment, les entreprises de 500 à 5000 salariés qui appartiennent souvent à des familles, qui sont peu liées au marché financier, et ont peu de soucis de liquidité, ont vu la crise comme un assainissement du marché et l'opportunité éventuellement de racheter un concurrent en difficulté, ce qui s'est passé. En matière d'investissements, 2009 a été une bonne année et comme à contrario d'autres pays s'en sont moins biens sortis, l'Allemagne se retrouve mécaniquement comme première source d'investissements en France.

Sur quel secteur l'Agence est-elle particulièrement active actuellement ?

Nous travaillons sur tous les secteurs. Cela étant, nous travaillons sur les secteurs dits d'avenir, évidemment en premier lieu sur ce qui concerne les énergies nouvelles, l'éolien ou le solaire photovoltaïque, ou encore sur le bâtiment dit écologique donc les constructions à énergie positive. Egalement, les technologies vertes, la chimie verte, nous intéressent énormément.

En terme d'emploi, quels sont les profils particulièrement recherchés par les entreprises ?

Toutes les qualifications sont les bienvenues. On a besoin d'ingénieurs évidemment, d'ingénieurs très pointus, dans les énergies nouvelles par exemple, ou encore dans l'automobile. La France comme l'Allemagne espèrent tirer leur épingle du jeu dans le secteur de la motorisation électrique, les deux pays ont de vrais besoins. Par rapport à notre problématique à nous, qui est l'implantation d'entreprises allemandes en France, le point crucial est trouver le directeur de la filiale France. C'est le personnage clé, surtout quand on s'adresse à des PME. Une personne qui sera de confiance, qui parlera allemand, le personnage adéquat qui permet un développement serein. Car les Allemands, comme tous les étrangers qui vont s'implanter sur un pays étranger, leur grande crainte c'est le problème culturel et la langue.

Quelle est la spécificité du marché allemand pour les entreprises et les actifs ?

Le marché allemand est intéressant, important (82 millions habitants) avec des ressources industrielles qui apparaissent presque infinies, le nombre d'entreprises allemandes qui peuvent engager des mouvements d'investissements est énorme. Par ailleurs, les Allemands sont des gens avec qui il est intéressant de travailler. Ils sont sûrs, fiables, sympathiques, pas arrogants. On a une image venue de France de l'Allemagne qui est un peu rébarbative mais quand on travaille ici on sait que c'est extrêmement agréable. On y vient à reculons mais on n'a pas envie d'en repartir. Pour un Français, une étape en Allemagne est toujours valorisante, mécaniquement les résultats sont bons et importants en volume, c'est un pays qui impressionne sur un parcours. En termes d'investissement à l'étranger, l'Allemagne est un pays qui joue dans la catégorie des Etats-Unis.

TEXTE : CECILE BOUTELET