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Les indépendants en Allemagne et en France : un vrai poids dans l'économie

15 mars 2012



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En vingt ans, le nombre d'indépendants a augmenté de 40 %, pour atteindre 11 % de la population active allemande. Ils sont désormais près de 4,3 millions d'actifs, et constituent aux côtés des petites et moyennes entreprises une des composantes clés de l'économie allemande.


Pour expliquer ce succès, Thomas Desray, conseiller financier à Berlin, évoque un double phénomène : "Au début des années 2000, la forte hausse du nombre d'indépendants était surtout due aux bonnes perspectives en termes de salaires, notamment chez les ingénieurs et consultants. Depuis la crise, les entreprises ont par ailleurs eu davantage recours aux indépendants afin de maîtriser leur masse salariale, sans s'engager sur la durée."


Autre facteur du nombre croissant d'indépendants : la Ich-AG. Lancée dans le cadre des réformes Hartz au début des années 2000, il ne s'agit pas d'une forme juridique nouvelle mais d'une simplification des procédures existantes. Pour permettre aux chômeurs de retrouver par eux-mêmes un emploi, ces derniers pouvaient bénéficier d'une allocation spéciale, l'Existenzgründungszuschuss, leur assurant pour un délai déterminé un minimum vital et une couverture sociale. Avec la crise, l'engouement pour la Ich-AG s'est, depuis, calmé, avec une progression comprise entre 1 et 2 % en 2009 et 2010. Par ailleurs, d'après le Pôle emploi allemand, un nombre croissant d'indépendants rejoint le rang des Aufstocker, ces travailleurs en activité qui reçoivent des aides salariales, faute de pouvoir vivre de leur revenu. De 50000 en 2007, le nombre d'Aufstocker est passé à 125 000 fin 2011.


Un bilan mitigé


Lancé en 2008 sur le modèle de la Ich- AG, le statut d'autoentrepreneur est également destiné à faciliter l'exercice d'une activité entrepreneuriale. Malgré le succès du statut, avec bientôt un million d'autoentrepreneurs, André Vonner, secrétaire général de la Confédération européenne des indépendants (CEDI-France) est très critique: "Ce statut devait permettre de combattre le travail au noir, il l'a en fait augmenté : de nombreuses personnes ont opté pour ce statut, sans aucune formation, trichent pour rester sous la barre non imposable et font ainsi de la concurrence déloyale. Beaucoup d'entreprises en profitent et exigent des autoentrepreneurs moins chers et plus dociles, notamment dans l'artisanat." À tel point que les responsables CEDI-France doivent se rendre à Bercy, courant du mois, demander (une nouvelle fois) le retrait de la loi...


Une faible pérennité


Chaque année, 450 000 entreprises, dont 80% d'entreprises individuelles, sont créées en Allemagne. La plupart d'entre elles font faillite. En France, 2010 a été une année record avec 660000 créations d'entreprises. D'après le CEDI-France, 50% des nouvelles entreprises unipersonnelles font faillite dans les trois ans qui suivent, 80% dans les cinq années.


TEXTE : MARC MEILLASSOUX