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Les grandes entreprises allemandes veulent féminiser leurs directions

20. Oktober 2011

C'est désormais une vérité d'évidence : en Allemagne comme ailleurs, rares sont les femmes à atteindre les niveaux hiérarchiques les plus élevés au sein des entreprises. Mais comment crever ce fameux « plafond de verre » qui bride leur réussite ? Lundi, les trente entreprises allemandes du DAX, l'équivalent du CAC 40 à la bourse de Francfort, ont présenté les objectifs chiffrés qu'elles s'engagent à respecter pour augmenter la part des femmes aux postes à responsabilités au cours des prochaines années. Un progrès, selon certains. Une avancée insuffisante pour d'autres.

Bonne volonté

Les grandes entreprises allemandes ont montré lundi leur bonne volonté. Toutes ont annoncé des objectifs « à deux chiffres », s'est félicitée Kristina Schröder, la ministre de la Famille. Les ambitions s'échelonnent, selon les cas, de 11 % à 35% à des échéances allant jusqu'en 2020. Le constructeur de machines MAN promet ainsi de faire passer la part des femmes occupant des postes de direction de 10 à 12 % d'ici à 2014. Le constructeur automobile Volkswagen veut faire passer de 4,3 % à 11 % la proportion de femmes au sommet de sa hiérarchie d'ici à 2020. Adidas entend confier 35 % de ses postes de management à des femmes d'ici à 2020.

Les entreprises du DAX entendent, en outre, faire œuvre de transparence. « Nous ferons mesurer chaque année l'état de réalisation de ces objectifs », a déclaré Harald Krüger, directeur des ressources humaines chez BMW.

Kristina Schröder se félicite de ces engagements. Cette démarche s'inscrit parfaitement dans sa stratégie basée sur le volontariat et la responsabilité plutôt que sur les quotas identiques pour tous et sur la contrainte. La ministre aimerait ainsi obliger les entreprises à se fixer elles-mêmes des objectifs pour promouvoir l'accès des femmes aux responsabilités, puis imposer des sanctions à celles qui ne respecteraient pas leurs promesses. Cela permettrait à chaque entreprise, dans chaque branche, de progresser au rythme qui lui convient, dans l'environnement qui est le sien, argue-t-elle.

Lenteur

Mais cette vision des choses ne fait pas l'unanimité. Au sein du gouvernement, la ministre du Travail et des Affaires sociales, Ursula von der Leyen, défend, elle, ardemment les quotas. Elle a vertement critiqué les engagements pris lundi, jugeant les critères retenus trop disparates et les progrès beaucoup trop lents. La part des femmes dans les directions des entreprises du DAX atteint 3,7 %, un « chiffre plus bas que terre », a-t-elle fustigé. « Vous ne pouvez pas continuer à ce rythme d'escargot ». Sa solution : imposer un quota de 30 % de femmes dans les conseils d'administration.

Quotas ou pas ?

Mme von der Leyen a pour elle l'expérience des dix dernières années. La stratégie d'engagement volontaire des entreprises en matière de féminisation de l'encadrement a déjà été tentée en 2001 par le gouvernement de Gerhard Schröder. Sans succès, puisque la proportion de femmes à la tête des entreprises du DAX est passée en dix ans de 2,5 % à 3,7 %.

Le contexte a, cependant, changé. Aujourd'hui, les entreprises allemandes font face à une pénurie croissante de main-d'œuvre qualifiée, et elles ne peuvent plus se passer des compétences féminines.

En outre, de nombreuses études ont été menées par des cabinets de conseil et des banques, tels que Goldman Sachs, McKinsey ou Deutsche Bank. Et la conclusion est partout la même : les entreprises sont plus performantes lorsque leurs directions affichent un haut niveau de mixité. Les entreprises à l'encadrement le plus féminisé attirent également plus facilement les jeunes talents, et elles se montrent plus réceptives aux besoins de leurs clients.

Voir l'article original sur le site du CIDAL : Les grandes entreprises allemandes veulent féminiser leurs directions

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