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La pénurie de main d'oeuvre en Allemagne : l'exemple du casse-tête bavarois

23 janvier 2012



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Dans les ateliers de l'entreprise à Günzburg, à l'ouest de la Bavière, les machines tournent en ce moment à plein pot et les employés enchaînent les heures supplémentaires pour répondre à la demande. Ici, la crise, on ne connaît pas. Mais ce qui pourrait passer pour le rêve de tout entrepreneur est en réalité un cauchemar pour Frank Derks, le PDG en charge des finances de l'entreprise. Car comme la majorité des entreprises de la région, Wanzl est confronté à un véritable casse-tête : trouver de la main-d'oeuvre qualifiée pour répondre à une demande grandissante. "En ce moment, recruter prend plus de temps", confie-t-il, "nous cherchons du personnel qualifié dans la technique, mais aussi la distribution, l'administration et l'informatique. Seulement le marché de l'emploi est complètement vidé." Car la Bavière a renoué avec le plein emploi. Le taux de chômage moyen dans la région est de 3,3 % et à Günzburg, il est même descendu à 2,3 %. C'est bien simple, toutes les circonscriptions qui concentrent une activité industrielle ont un taux de chômage extrêmement bas.


Dans une Bavière vieillissante, trouver de la main-d'oeuvre qualifiée devient une gageure, en particulier pour l'industrie électrométallurgique qui emploie 720 000 personnes dans la région. À quelque deux cents kilomètres de là, les Kathrein-Werke à Rosenheim sont confrontés au même problème. Anton Kathrein, le patron du plus grand fabricant d'antennes satellites du pays est désespéré. "Ce n'est plus du plein emploi", se plaint-il, "c'est du trop emploi." Au premier semestre 2011, le Bavarois aurait pu augmenter son chiffre d'affaires de 200 millions d'euros s'il avait eu suffi samment de main-d'oeuvre pour répondre à la demande. Dans cette entreprise qui emploie 1 900 personnes à Rosenheim et exporte ses produits dans le monde entier, soixante postes sont aujourd'hui vacants. "Antennen-Toni", comme on surnomme le patron dans la région, a donc décidé de faire d'une nécessité une vertu. Dans cette région à la pointe de la compétitivité, un habitant sur trois a plus de 60 ans et les "seniors" occupent une place de plus en plus importante au sein de l'entreprise. La moyenne d'âge y est de 42,7 ans. Kathrein mise donc sur leur expérience, mais aussi sur le recrutement dès la sortie de l'école. Plus de 168 jeunes sont actuellement en formation professionnelle chez Kathrein. "C'est sur ce potentiel que nous misons", explique-t-il, "le mélange entre la flexibilité de la jeunesse et l'expérience des plus âgés."


L'industrie électro-métallurgique se livre actuellement à une véritable chasse à la relève. L'"Info-Truck" de la fédération, un centre d'information mobile, bat les campagnes et les écoles pour faire la promotion de ses formations et de ses débouchés. Les entreprises investissent dans la communication pour attirer un maximum de candidats potentiels et, aujourd'hui, les brochures d'information sont disponibles en deux versions : l'une s'adresse aux garçons et l'autre aux filles... par les temps qui courent, personne n'oserait plus dire qu'elles sont moins qualifiées pour les métiers techniques. Depuis quelque temps, le centre d'information va également faire la promotion du secteur en République tchèque et en Autriche. Malgré de fortes réticences politiques, la Bavière sera en effet obligée d'ouvrir à terme ses frontières pour maintenir son niveau de performance. Le ministère de l'Économie finance depuis quelques semaines une campagne de recrutement nationale et internationale, car "dans certaines zones, des entreprises commencent déjà à geler leurs investissements", explique Bertram Brossardt, le président de la fédération de l'économie bavaroise. "À terme, des emplois risquent d'être délocalisés dans des régions où l'on trouve plus facilement de la main-d'oeuvre", explique-t-il, "ce qui pourrait conduire à une perte de prospérité dans notre région". Pour l'économie bavaroise, le temps est compté : il manquera 520 000 travailleurs qualifiés en 2015.


Arbeitslosigkeit in Deutschland und Frankreich


In den letzten zwölf Monaten meldeten sich 130 700 Franzosen beim Arbeitsamt an, während 200 000 Deutsche in derselben Zeit eine Beschäftigung fanden... Das Ergebnis lässt sich sehen: die Arbeitslosenquote liegt in Deutschland bei 5,5 %, in Frankreich kletterte sie auf 9,8 %. „Die Arbeitslosigkeit sinkt nur in Deutschland", musste der französische Arbeitsminister Xavier Bertrand Ende des Jahres feststellen. Und in der Tat ist die Arbeitsmarktlage in Deutschland überraschend, wenn man bedenkt, dass überall auf dem alten Kontinent das Wachstum einbricht. Die Franzosen bemühen sich daher, das deutsche Wunder zu verstehen. Zwar profitiert die exportorientierte deutsche Wirtschaft (noch) von der internationalen Nachfrage und „Made in Germany" ist immer noch sehr begehrt. Aber für viele französische Wirtschaftsfachleute und Journalisten lässt sich das vor allem durch das „Lohndumping" in Deutschland erklären. Dort nimmt der Niedriglohnsektor seit 10 Jahren stetig zu. Gut fünf Millionen Beschäftigte in Deutschland kommen auf weniger als 8,50 Euro brutto pro Stunde, dem von Gewerkschaften geforderten Mindestlohn, und mehr als eine Million Menschen bekommen weniger als fünf Euro die Stunde. Kritiker des deutschen Modells werfen der Wirtschaft deshalb vor, die Wettbewerbsfähigkeit Deutschlands über Jahre hinweg nur auf Kosten der Arbeitnehmer gehalten und verbessert zu haben.


TEXTE : ANNE MAILLIET & SUSANNE GELZENLEUCHTER