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Les compétences interculturelles, un avantage auprès des recruteurs allemands

Les compétences interculturelles, un avantage auprès des recruteurs allemands

Nous vivons dans une époque de mondialisation. Tout est plus proche. Tout est plus lié. Tout est plus connecté, plus vite et mieux. Les grosses entreprises sont actives sur le marché international et sont confrontées à la gestion d’effectifs multiculturels. Pour les employés, l’époque est donc à la bonne communication, officielle ou informelle, et à la bonne approche des autres cultures dans son quotidien et dans son travail. Il faut être à l’aise dans un contexte international, notamment à l’heure où vous souhaitez vivre une nouvelle expérience professionnelle en Allemagne.

Voici donc tout ce qu’il faut savoir sur les compétences interculturelles, ce qu’elles signifient pour vous et pour votre carrière et les domaines qu’elles peuvent couvrir, à l’aide d’exemples précis. Et surtout, voici nos conseils pour apprendre à développer et à utiliser ces compétences interculturelles dans votre travail.

La compétence interculturelle

Qu’est-ce qu’une compétence interculturelle ?

Les compétences interculturelles recouvrent toutes les capacités à interagir avec des personnes ayant un autre bagage culturel que le sien. Selon l’UNESCO, elles désignent plus précisément l’aptitude à adopter le bon rôle, de façon efficace et approprié, dans ses interactions avec des personnes différentes « par la langue et la culture », comme cela peut être le cas pour vous au sein d’une entreprise allemande. Mais cela ne signifie pas qu’il faut faire, penser et travailler comme l’autre, qui serait une approche plutôt “monoculturelle”. Il s’agit plutôt de s’intéresser au lien entre soi et l’autre, en tenant compte des différences nationales (ou régionales).

Concrètement, avoir des compétences interculturelles signifie savoir adopter un comportement respectueux et faire preuve de compréhension pour les cultures différentes de la sienne, comme entre la France et l’Allemagne, à l’aide d’une verbale et non-verbale avec l’autre. Pour résumer, il être capable de se faire comprendre et de faire comprendre sa culture, grâce à la parole ou aux gestes, auprès de quelqu’un qui ne parle qu’allemand et n’a jamais quitté l’Allemagne. Il faut faire preuve autant de sensibilité que d’intérêt pour les autres cultures et les autres manières de fonctionner en société.

Les compétences interculturelles au travail

Les compétences interculturelles sont d’une grande richesse pour les entreprises. Généralement, les équipes cosmopolites développent des solutions plus originales pour l’entreprise et contribuent à une meilleure ambiance entre les salariés.

Les compétences interculturelles au travail

De plus, les entreprises profitent très largement de leurs employés possédant des compétences internationales, car cela leur permet d’avoir la possibilité de se porter sur un marché à l’international. Ils adoptent le comportement adéquat avec les clients ou les entreprises partenaires, de sorte à ce que chacun se sente parfaitement à l’aise dans les relations professionnelles. Ainsi, les chances d’une collaboration et de parvenir à signer des contrats est d’autant plus grande que le contact est agréable.

Ce n’est jamais dommageable d’avoir des compétences sociales et interculturelles, bien au contraire. La capacité à bien s’entendre avec d’autres personnes, à communiquer, à faire preuve d’esprit d’équipe et à cultiver une approche sensible de ses collègues ne fait jamais de tort dans le monde du travail. Toutefois, si vous souhaitez intégrer une société portée vers l’international, l’aspect interculturel devient tout simplement incontournable. Les grandes entreprises en ont bien conscience, par ailleurs. Dans ces sociétés, en Allemagne, un début de carrière s’accompagne régulièrement d’un stage de formation à l’étranger pour souder la nouvelle équipe et pour habituer au travail avec des clients internationaux ou des collègues venant de pays différents.

Voici quelques exemples d’entreprises allemandes qui recherchent précieusement des personnes au profil interculturel, avec cette capacité à travailler dans un contexte différent de son pays d’origine :

Apprendre les notions d’interculturalité

Si vous êtes plutôt du genre à vivre l’esprit ouvert, en étant prêt à découvrir toujours de nouvelles choses et d’autres manières de penser, vous avez déjà toutes les bases nécessaires pour développer des compétences interculturelles. Grâce à notre société mondialisée et cosmopolite, nous apprenons déjà – consciemment ou non – des connaissances sur les autres cultures au quotidien.

Dans le meilleur des cas, dès l’école, nous avons même la possibilité de nous confronter à de nouvelles cultures et d’être habitué à expérimenter de nouvelles choses, d’autres modes de vie, en conservant une curiosité enfantine. C’est sans aucun doute la manière la plus naturelle d’apprendre sur les autres cultures et de posséder des compétences interculturelles. Toutefois, même après, il faut continuer à rester actif dans cette démarche et travailler encore sur cet aspect. L’interculturalité est un travail actif de tous les instants.

Apprendre les notions d’interculturalité

Il existe ainsi des exercices adaptés au monde du travail pour entretenir ces compétences interculturelles. Les entreprises internationales mettent régulièrement en place des formations à l’interculturalité et se préoccupent notamment de former leurs collaborateurs en offrant des lieux de rencontres et d’échanges.

  • Certains entraînements peuvent porter sur une culture spécifique. Il s’agit alors d’apprendre à connaître les particularités, les aspects notables et utiles des us et coutumes dans un autre pays ou dans une autre région.
  • D’autres entraînements ne sont pas liés à une culture précise, ils sont plus généraux. L’objectif est alors de développer une compétence sociale dans la rencontre avec l’autre, le plus souvent en mettant en avant la nécessité d’une approche critique et consciente des stéréotypes.
  • Enfin, les entreprises peuvent inciter au networking à l’international, avec des collègues étrangers. Cela est souvent très utile pour conserver une approche interculturelle au quotidien et cela peut être favorisé par l’implication active de l’employeur.

Vous pouvez aussi chercher à accumuler de l’expérience à l’étranger. Les voyages et les séjours de longue durée dans d’autres pays ne sont pas du temps de perdu. Ils vous sensibilisent à la fois à un contexte culturel particulier, selon le pays où vous êtes allé, et permet dans le même temps d’apprendre à mieux communiquer et à poursuivre dans le développement de ses compétences interculturelles générales. Pendant votre formation ou vos études, un départ à l’étranger pour une période plus ou moins longue est une chance unique d’apprendre l’interculturalité.

En un court laps de temps, vous pourrez à la fois améliorer vos connaissances dans une langue étrangère, gagner en indépendance et rencontrer des personnes de tous horizons. C’est un moment particulier qui vous permettra d’accumuler de l’expérience, d’agrandir vos perspectives d’avenir et de développer des compétences qui vous seront utiles pour toute votre vie.

À quoi faut-il faire attention dans des relations interculturelles ?

Les compétences interculturelles consistent également à savoir faire attention aux us et coutumes des autres pays. Cela se retrouve ensuite dans de nombreux domaines de la vie quotidienne, dont voici quelques exemples… à prendre avec les pincettes du stéréotype parfois tenace. Dans toutes les relations interculturelles, le plus important est de savoir faire attention et d’être à l’écoute de l’autre.

La religion et la nourriture

La religion et la nourriture

La conception de la laïcité en France n’est pas universelle. En Allemagne, il n’existe pas de séparation stricte de l’Église et de l’État comme en France. Dans certaines régions du monde, la religion peut ainsi avoir une emprise sur la vie quotidienne – et par extension les habitudes alimentaires – bien plus importante qu’ici.

  • L’exemple le plus courant est celui de l’alcool dans les pays à majorité musulmane. Dans de nombreux pays musulmans, la consommation d’alcool n’est pas courante, bien au contraire. Elle peut même être interdite.
  • De la même manière, mieux vaut ne pas envisager un repas d’affaire qui contient du porc avec un client musulman ou juif. Cela est impensable et serait très inapproprié, puisque interdit par la religion. Attention en Allemagne aux petits ours en gélatine, les Gummibärchen, qui sont fabriqués eux aussi à partir de viande porcine.

Ces exemples de spécificités dans l’alimentation montre notamment les tabous qui peuvent exister dans chaque culture. Ce sont des tabous auxquels il faut faire attention, dans son approche avec des partenaires internationaux, car ils peuvent mettre en péril la réussite d’une relation commerciale et surtout la relation personnelle qui doit se tisser avec ces partenaires.

Les bonnes manières à table

Manger bruyamment, roter et montrer sa satisfaction d’un bon repas ? En Chine ou au Japon, c’est monnaie courante. C’est une pratique tout à fait normale pour faire comprendre à ses invités que le repas est excellent. Toutefois, par précaution et parce qu’il peut aussi exister des différences régionales et des habitudes différentes selon les personnes, avant de s’adonner avec plaisir aux joies du rot, mieux vaut attendre tranquillement que votre hôte l’ait fait en premier.

La ponctualité

Véritable fer de lance de la culture allemande, la ponctualité à un rendez-vous n’a pas la même signification pour tout le monde. Un retard d’un client français ne signifie pas que le rendez-vous n’est pas important. À vous aussi de faire comprendre cette subtilité à vos clients, ou à vos collègues allemands, pour ménager la susceptibilité de chacun.

  • Dans certains pays, il est ainsi courant que votre rendez-vous n’arrive pas parfaitement à l’heure mais plutôt un quart-d’heure après l’heure convenue. N’en prenez pas ombrage. Cela ne signifie pas que le rendez-vous n’est pas important.
  • Dans les pays arabes, il peut arriver que l’on s’entende sur une plage de la journée – le matin, le midi ou l’après-midi… Il vous faudra donc prévoir du temps pour ce rendez-vous, qui ne se déroulera pas sur une heure très précise.
  • En Asie, au contraire, la ponctualité est une règle d’honneur et le moindre retard peut être perçu comme un affront. Soyez parfaitement à l’heure, il n’y a pas d’exception – même si, par le jeu de l’interculturalité, un retard peut être mieux accepté lorsqu’il s’agit d’un rendez-vous international avec des collaborateurs étrangers.

Les règles de politesse

  • Dans de nombreux pays, il paraît impoli de ne pas proposer un divertissement à son invité.
  • En Egypte, un invité doit se voir offrir au minimum un repas, sous peine de provoquer un éventuel scandale. Cela peut être pire encore d’avancer des excuses du type « je n’ai pas le temps, faisons cela plus tard... »

Les salutations

  • En Allemagne, il est fréquent de saluer en donnant la main (surtout ne pas faire la bise !), que votre interlocuteur soit une femme ou un homme, alors qu’aux États-Unis ou en Angleterre, le contact corporel est plutôt peu souhaitée.
  • Au Japon, l’usage est de profiter des salutations avec un partenaire commercial pour procéder à un échange de cartes de visites. Attention, pour faire signe de respect, il ne faut ranger immédiatement et négligemment cette carte. Mieux vaut d’abord présenter toutes les personnes présentes autour de la table, selon l’ordre hiérarchique, avant de mettre la carte dans son sac. La bienséance allemande consiste d’ailleurs également à conserver dans un premier temps la carte de visite de son interlocuteur devant soi.

La langue

Les échanges commerciaux ont souvent lieu en anglais. Lors de certaines réunions, il peut avoir été fait appel à un interprète. Il est rarement attendu que le partenaire commercial maîtrise parfaitement la langue de son interlocuteur. Toutefois…

  • Il est toujours bon signe pour une meilleure communication de maîtriser quelques mots de base dans une langue étrangère. Cela montre au moins la valeur que vous accordez à votre interlocuteur et que vous avez préparé sérieusement le rendez-vous.
  • Si vous voulez saluer dans une langue étrangère, assurez-vous dans un premier temps de la bonne prononciation de ces mots de salutations, afin d’éviter des quiproquos gênants. Ainsi, un des exemples les plus connus de malentendu est le mot « ma » en chinois. Selon la prononciation, cela peut signifier « chanvre », « mère » ou « cheval ». De la même manière, en allemand, faites attention aux « h » aspirés, qui permet par exemple de faire la différence entre le mot « singes » (Affen) et « port » (Hafen).
  • Il est également assez inhabituel dans certaines cultures d’exprimer directement son désaccord ou de manifester très clairement sa différence de point de vue. En Chine, par exemple, il est assez déplacé de dire « non » à quelqu’un au travail ou au quotidien. À la place, mieux vaut s’excuser et exprimer ses regrets de ne pas pouvoir accepter une offre généreuse et qui vous honore. Il s’agit donc de faire attention à ses propres expressions du visage… et celles de son interlocuteur.

Les compétences interculturelles dans ses candidatures

Vous avez trouvé une offre d’emploi qui vous correspond et qui vous intéresse. Il y est écrit dans les compétences nécessaires pour le candidat la mention « compétences interculturelles ». Mais comment peut-on le montrer dans sa lettre de motivation ? Comment faire comprendre que vous connaissez bien l’Allemagne et la culture allemande, par exemple ? Dans un premier temps, il y a évidemment le niveau de langue. Si vous maîtrisez bien plusieurs langues, il paraît très vraisemblable que vous ayez voyagé à l’étranger – et que vous connaissiez les pays en question.

Les compétences interculturelles dans ses candidatures

Bien entendu, vous pouvez préciser ces expériences à l’étranger sur votre CV ou votre lettre de motivation, tant qu’il s’agit de séjours relativement longs – évitez de mettre toutes les petites escapades d’un week-end, au risque de rendre l’ensemble confus et illisible. L’idéal est de pouvoir montrer que vous avez travaillé à l’étranger. Toutefois, un long voyage organisé par vos soins est déjà extrêmement positif, car il montre que vous vous êtes plongé dans une autre culture et que vous avez su vous débrouiller dans ce contexte.

Lors de votre entretien d’embauche, vos compétences interculturelles seront très probablement testées. Par exemple, le recruteur peut vouloir mener une partie de l’entretien en anglais ou en allemand, ou vous interroger plus précisément et en détails sur les expériences que vous avez vécu à l’étranger. N’hésitez pas non plus à diriger l’entretien dans cette direction si vous voulez montrer vos compétences interculturelles et à en parler librement et ouvertement. C’est une compétence appréciée, recherchée et que tous les candidats ne possèdent pas. Si elle est votre atout dans votre candidature, mettez-la en avant dès que vous en avez l’occasion.

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