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Total veut renforcer sa présence en Allemagne

13 janvier 2013

Cinquième acteur sur le marché des carburants outre-Rhin, le groupe français veut étendre son réseau de stations-service. Il veut aussi percer sur le marché du solaire. TEXTE : LUC ANDRE



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"Nos activités ne sont pas assez significatives en Allemagne." Le constat du directeur de la branche approvisionnement et marketing du groupe Total, Philippe Boisseau, se prête à plusieurs lectures. Le pétrolier français a réalisé en 2011 un peu plus de 7 % de son chiffre d'affaires mondial outre-Rhin, soit 13,5 milliards d'euros. Une somme rondelette, mais le numéro un hexagonal n'est que le cinquième acteur du marché allemand des carburants avec 1 100 points de distribution.


Historiquement implanté dans l'est du pays, notamment avec la raffi nerie de Leuna, Total voit son futur dans les anciens Bundesländer. "Notre position y est faible. Nous tablons sur l'ouverture de 25 stations de grande taille par an", précise Benoit Luc, un autre haut responsable du groupe.


Total n'a pas vraiment d'autres choix pour faire décoller sa part de marché (7,5 %). Les autorités de la concurrence ont retoqué en 2009 un projet de reprise de 59 stations du pétrolier autrichien OMV en Saxe et en Thuringe. Ses nouveaux projets seront examinés au cas par cas. "Nous considérons Total comme membre de l'oligopole du marché des carburants. Ceci dit, pour la reprise de stations auprès d'autres acteurs nous prenons en compte la situation régionale et non fédérale", précise un porte-parole de l'autorité fédérale de la concurrence. La création de nouvelles pompes ne rentre pas dans son champ de compétences et c'est sur cette voie que compte se lancer le géant tricolore.


L'Allemagne, un "laboratoire"


Sur le papier l'environnement ne semble pas propice aux plans de Total. Selon une étude réalisée pour la Fédération des pompistes indépendants (BFT), la restructuration du marché allemand est terminée. Avec 14 400 stations, le pays possède l'une des plus faibles densités d'Europe. Mais, note l'analyste Kai Zimmermann de l'agence de notation Scope, la nouvelle génération de pompes du groupe "avec un nouveau concept créant une autre atmosphère, plus de proximité avec le client et plus de services offerts, il y a certainement des possibilités" de percer sur le marché.


Total teste, en effet, depuis 2011, un nouveau concept. "L'Allemagne est notre laboratoire. C'est un pays où la qualité des produits et des services est reconnu", explique Philippe Boisseau. Le modèle doit être dupliqué dans le "monde entier". Autre aspect stratégique des développements outre-Rhin : le véhicule à hydrogène. Associée depuis dix ans avec BMW, l'entreprise veut poursuivre la réflexion avec les constructeurs sur les voitures hybrides.


Le dernier axe d'expansion de Total concerne le solaire. Le groupe est présent par l'intermédiaire de sa filiale américaine Sunpower, rachetée fin 2011 et qui se vante de posséder la technologie la plus effi ciente. Avec une part de marché de 1 % actuellement en Allemagne, tout reste à faire. Pour autant, Total ne compte pas gober de fabricants allemands, mis à genoux par la concurrence chinoise.


TEXTE : LUC ANDRE