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Voiture électrique en Allemagne : Berlin réaffirme ses ambitions

20 janvier 2014

L'Allemagne veut mettre sur le marché un million de véhicules électriques d'ici à 2020. La chancelière Angela Merkel a réaffirmé hier, lors d'un congrès international à Berlin, l'objectif qu'elle avait fixé il y a trois ans. Consciente que l'ère du pétrole aura une fin, elle entend maintenir la pression sur les industriels pour que l'Allemagne devienne un marché leader dans le domaine de la voiture électrique.

Évolution cruciale

Pour l'heure, l'objectif semble difficile à atteindre. La chancelière le reconnaît elle-même. Selon le quotidien Süddeutsche Zeitung, quelque 8 500 véhicules électriques seraient en circulation aujourd'hui, soit à peine 0,13 % du parc automobile allemand. L'euphorie qui avait accompagné en 2010 le lancement de l'initiative gouvernementale de soutien à l'électromobilité, alors parée de tous les attraits de la nouveauté, semble retombée.

En outre, nombre de problèmes sont encore en attente de solution. L'éventail va de l'autonomie des batteries au déploiement des stations de rechargement en passant par l'identification des véhicules donnant accès à des facilités de circulation en ville.

Néanmoins, les industriels donnent des signaux encourageants. Ainsi, les constructeurs allemands prévoient de mettre sur le marché pas moins de 16 nouveaux modèles de véhicules électriques d'ici à la fin 2014. Le i3 de BMW et le E-Up de Volkswagen rejoindront ainsi sur les routes la Smart électrique déjà commercialisée par Daimler.

La chancelière, pour sa part, voit dans le développement de la voiture électrique une question « existentielle » pour l'industrie allemande.

Aides indirectes

Pour soutenir le développement des voitures électriques, elle continue de miser sur les incitations indirectes. À Berlin, elle a réaffirmé devant les 900 personnalités du monde entier présentes au congrès qu'il n'y aurait pas de prime à l'achat pour les consommateurs, comme en France ou en Chine.

En revanche, le gouvernement allemand est favorable à des exonérations de taxe. Il envisage également de permettre aux utilisateurs de véhicules électriques d'utiliser les couloirs de bus et de places de parking réservées.

L'industrie allemande, de son côté, espère une incitation sous la forme de ce qu'elle appelle, comme par une formule magique, des « super-crédits » européens. En clair, il s'agirait de comptabiliser le production de voitures électriques dans le calcul du CO2 émis par sa flotte automobile. « Le mot super-crédit revêt une super-importance », a commenté Angela Merkel.

© CIDAL