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Vers la création d’un salaire minimum en Allemagne

Retrouvez un article plus récent sur ce thème au lien suivant : Revalorisation du salaire minimum légal en Allemagne en 2017.

La question de la création d'un salaire minimum est à l'ordre du jour en Allemagne. En début de semaine, le parti de la chancelière Angela Merkel, la CDU, a adopté à une large majorité une résolution en ce sens lors de son congrès annuel, à Leipzig. La ministre du Travail et des Affaires sociales, Ursula von der Leyen, souhaite sa mise en œuvre prochaine en concertation avec les autres partis de la coalition et avec les partenaires sociaux.

Contre les rémunérations indécentes

Du point de vue économique et social, la mesure permettrait de lutter contre l'expansion du secteur des bas salaires. Il n'existe pas de salaire minimum interprofessionnel général en Allemagne, et le principe d'un salaire minimum sectoriel n'a été étendu qu'à une dizaine de branches particulièrement exposées au phénomène de dumping salarial.

Dans ces conditions, le nombre de travailleurs pauvres est assez élevé. Selon une étude de l'université de Duisbourg-Essen, 22 % des salariés allemands gagnaient en 2009 moins de 8,50 euros de l'heure, et 4 % (soit 1,2 million de personnes) moins de cinq euros. Selon les auteurs de l'étude, le secteur des bas salaires s'est surtout développé à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Son expansion s'est ralentie depuis 2006.

Compromis

La résolution de la CDU repose sur un compromis entre les différents courants du parti. Il prévoit la création d'un plancher salarial obligatoire et général dans toutes les branches où aucune convention salariale n'impose actuellement un salaire minimal. Il pourrait varier selon les branches et les régions. Son montant sera fixé en fonction des conventions salariales existantes, c'est-à-dire dans une fourchette comprise entre 6,50 et 13 euros de l'heure.

Le projet va maintenant devoir convaincre pour être adopté. Réclamée de longue date par la gauche, la création d'un salaire minimum laisse, en effet, plutôt sceptique le parti libéral (FDP). Ce dernier rejette depuis toujours la mise en place d'un salaire « politique », fixé par l'État. Or, la résolution adoptée par la CDU prévoit que le plancher salarial soit fixé par une commission composée des représentants des partenaires sociaux. L'autonomie des partenaires sociaux serait ainsi préservée.

Chez ces derniers, le projet a reçu des échos divergents. Les syndicats sont prudents : ils craignent la confusion lors de la fixation du plancher, et réclament la création d'un salaire minimum dans toutes les branches. Quant au patronat, Mme von der Leyen entend essayer de le convaincre en lui rappelant que le versement de salaires dignes contribue aussi à la bonne image des entreprises.

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