Connexion-Emploi

Le site emploi franco-allemand

Travailler et s'intégrer à Düsseldorf: le témoignage de Solenne Zandronis, Volontaire Internationale en Entreprise

Diplômée en janvier 2010, Solenne Zandronis a été recrutée, en mai dernier, par une PME française pour un poste de VIE. Âgée de 23 ans, elle est chargée de prospecter le marché allemand dans le secteur de la 3D. Retour sur ses six premiers mois comme business manager.

Lepetitjournal.com : Quel a été votre parcours ?

Solenne Zandronis : Amoureuse des langues depuis toujours, j'ai un bac littéraire en poche. J'ai étudié l'anglais et l'espagnol en LEA, langues étrangères appliquées, aux affaires et au commerce. J'ai toujours gardé l'allemand en option parce que cela m'intéressait. Après un an d'Erasmus en Espagne, j'ai passé une année dans une école de management en alternance en région parisienne. J'ai fini mes études par un master en affaires et commerce international avec les pays émergents. Dans ce cadre, j'ai effectué mon stage de fin d'études à Munich dans une entreprise qui fournissait des services auprès d'architectes allemands. J'ai orienté ensuite mes recherches d'emplois vers des postes à l'international et je suis tombée sur cette offre de VIE proposée par une entreprise qui souhaitait ouvrir des bureaux en Allemagne.

Comment s'est passée votre prise de fonction ?

Pendant un mois, je suis restée exclusivement à Paris et à Montbéliard où j'ai été formée par mes collègues. Ils m'ont expliqué le fonctionnement de la boîte et ce que l'on attendait de moi en Allemagne. Mon VIE à Düsseldorf a débuté en juillet quand j'ai commencé à prospecter le marché allemand. C'était à moi de construire ma propre stratégie, de savoir comment créer des liens, d'organiser des événements...

Vous voyagez beaucoup entre l'Allemagne et la France. En quoi consiste votre mission ?

Nous sommes producteurs de villes et de bases de données en 3D. Nous travaillons parallèlement sur deux applications. L'une, plus technique, sert au système d'information géographique des villes et à l'urbanisme. L'autre permet une représentation visuelle des maquettes en temps réel, ce qui nous permet d'intégrer des projets d'architectes et de communiquer à grande échelle. Düsseldorf a été choisie parce que c'est la capitale de la NRW. Elle fait partie des villes économiquement les plus prospères en Allemagne. Elle est, en plus, bien desservie pour la France. Il y a beaucoup de villes moyennes aux alentours ce qui rend mes déplacements plus faciles. Comme je suis seule pour couvrir toute l'Allemagne, je me concentre essentiellement sur la région NRW. Mais, il m'arrive d'assister à des conférences dans d'autres Länder.

Vos premiers résultats ?

C'est positif, même si, localement, nous avons beaucoup de concurrents. Ils sont soit plus techniques, soit plus centrés sur la communication. Rares sont ceux qui cumulent nos deux aspects. Je progresse dans ma mission mais il ne faut pas oublier que ce sont des produits qui sont assez longs à développer. Une maquette d'une ville se fait sur plusieurs mois. On ne peut pas rencontrer une personne une fois et le mois suivant signer un contrat. Sur ce point, j'ai observé une grosse différence de mentalité entre la France et l'Allemagne. Il y a beaucoup de concertations ici. Lorsqu'un projet plaît, il faut s'adresser au supérieur et en parler à toutes les personnes impliquées dans le projet qui vont prendre part à la décision. C'est un processus très long.

C'est le côté interculturel de votre travail ...

En effet. Comme je suis seule dans mon bureau, je n'ai pas de collègues allemands avec qui je travaille au quotidien. Par contre, de par mes prospections et mes rencontres, je constate que les gens sont toujours ouverts à ce que je pourrais leur apporter. Ils peuvent accepter de nous recevoir en rendez-vous, nous laisser expliquer notre projet, même si derrière, ils n'ont pas forcément toujours les budgets et les besoins. J'ai remarqué aussi que les titres et la formation sont très importants ici, notamment sur les cartes de visites. Ils aiment bien s'adresser à un interlocuteur correspondant au même niveau qu'eux hiérarchiquement.

Comment se passent vos contacts avec l'entreprise en France ?

Que cela soit d'un point de vue technique ou économique, je me réfère toujours à mes supérieurs quand je prépare un rendez-vous : quels sont les points à aborder ou comment rebondir face à des objections. Quand je rentre en France, nous avons l'habitude de faire des réunions commerciales. Chacun parle de ses projets et cela donne des idées aux autres. On rassemble ainsi nos forces.

Vos projets futurs ?

Si le marché est favorable, l'entreprise souhaiterait ouvrir une filiale en Allemagne. Dans ce cas, je pourrais sans doute poursuivre mon travail à leurs côtés. Je me vois bien rester ici quelques années pour bien m'imprégner de la culture. Pourtant, rester en Allemagne toute une vie, je ne sais pas. Avoir d'autres expériences dans d'autres pays me plairait bien également.

Voir l'article original du Petit Journal : Solenne Zandronis, Volontaire Internationale en Entreprise à Düsseldorf

© www.lepetitjournal.com