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Postuler et travailler en France et en Allemagne

Dans le monde du travail, la coopération franco-allemande est souvent freinée par des malentendus. Des différences dans la culture d'entreprise ou le système d'éducation méconnus par le partenaire peuvent être la source de conflits. Françoise Dorison, consultante en management interculturel et conseillère en charge des carrières et ressources humaines explique les petites nuances interculturelles. TEXTE : FRANCOISE DORISON



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Un jeune ingénieur français, sortant d'une grande école, se présente pour un entretien d'embauche en Allemagne au DRH d'un grand soustraitant automobile mondial allemand. Deux représentants du service pour lequel l'entreprise embauche ainsi que le représentant DRH pour "Highpots" participent à cette entrevue. Les échanges évoluent normalement aux yeux des recruteurs allemands jusqu'au moment où ils demandent au candidat quels sont ses plans pour l'avenir, où se voit-il dans 3-4 ans.


Ses réponses sont à leurs yeux trop vagues. Ils insistent : ne pourrait-il pas s'imaginer évoluer quelque peu ? Le candidat n'a pas vraiment l'air de comprendre ce qu'ils veulent dire. Lorsqu'ils posent la question de savoir s'il pourrait, par exemple, s'imaginer prendre la tête d'une équipe, d'un groupe de projet dans quelques années, notre jeune ingénieur leur fait comprendre, tout en essayant de rester diplomate, qu'étant donné son parcours et sa formation il devrait être clair qu'une telle position est exactement ce à quoi il postule déjà aujourd'hui. En sortant, le candidat est en colère, il se demande à haute voix pour qui on le prend, reprochant à ses interlocuteurs d'être particulièrement bornés et de ne pas avoir saisi à qui ils ont affaire ! De retour dans la salle de réunion, les collègues du service sont, par contre, choqués par le comportement prétentieux de ce jeune débutant : quelle arrogance bien française ! Deux perceptions et attentes totalement opposées les unes aux autres se sont affrontées.


Des attentes pas tout à fait pareilles


Le sens de l'élite pour les Français, ainsi que la fascination qu'elle exerce sur eux, est difficile à saisir pleinement par les Allemands. Notre jeune ingénieur sortant d'une grande école fait, à ses yeux, dès aujourd'hui partie d'une élite amenée à diriger. Il se voit donc tout à fait prendre la tête d'une équipe de projet tout de suite. Les Allemands, eux, recherchent à l'heure actuelle un spécialiste en la matière, qui sait gérer ses projets de façon fi able et qui s'intègrera dans l'équipe. Ce n'est qu'après quelques années que se posera la question de prendre la tête d'une équipe.


TEXTE : FRANCOISE DORISON