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Nouvelle coalition en Allemagne : quelles attentes dans les entreprises ?

28 mars 2014

L'économie est prospère, le chômage est faible et le pouvoir d'achat augmente. Au lendemain des élections législatives allemandes, les partenaires sociaux n'en ont pas moins exprimé des attentes pour la législature à venir.

Sur le plan politique, le patronat a globalement salué la victoire de la chancelière Angela Merkel. Certaines fédérations l'invitent à former le plus rapidement possible une coalition, d'autres sont moins inquiets, préférant la rigueur sur le fond à la précipitation. La perspective d'une grande coalition entre la CDU/CSU et le SPD est plutôt vue d'un bon œil. Dans l'industrie, en particulier, le SPD étant considéré comme proche des préoccupations des industriels.

Dans les PME, colonne vertébrale de l'économie allemande, une pointe de déception règne cependant après l'éviction du parti libéral FDP du gouvernement et du Bundestag. Le parti est un défenseur traditionnel des PME, et le champion des baisses d'impôts et de la recherche de compétitivité. Certaines PME craignent donc un alourdissement de la fiscalité.

Sur le fond, le patronat allemand a une idée claire de ce qu'il attend de la future coalition. « Il y a trois thèmes auxquels il faut immédiatement s'attaquer », a déclaré Ulrich Grillo, le président de la Fédération de l'industrie allemande (BDI) : « une réforme du tournant énergétique, le lancement d'une offensive pour l'investissement et l'approfondissement de l'union monétaire européenne ».

En ce qui concerne la transition énergétique, les entrepreneurs veulent principalement freiner la hausse des prix de l'électricité, qui menace à leurs yeux leur compétitivité. Ils appellent à une meilleure gestion du tournant énergétique et à une réforme de la Loi sur les énergies renouvelables (EEG).

Ce sujet devrait de toute façon être l'un des premiers dossiers sur la table de la nouvelle coalition, quelle qu'elle soit. Depuis la décision d'Angela Merkel de sortir du nucléaire, en 2011, les différences fondamentales entre les partis politiques allemands concernant le tournant énergétique se sont largement estompées.

Quelques réactions sont également venues des syndicats de salariés. La Confédération allemande des syndicats (DGB) a ainsi appelé à la création d'un salaire minimum légal de 8,50 euros de l'heure. Cette mesure figure dans le programme du SPD comme dans celui des Verts. La CDU, en revanche, prône un salaire minimum négocié branche par branche. Le DGB souhaite, par ailleurs, des mesures visant à garantir des retraites décentes à tous les salariés.

© CIDAL