Connexion-Emploi

Le site emploi franco-allemand

Les universités françaises et allemandes veulent redorer leur blason

Le monde universitaire devenant, qu'on le veuille ou non, de plus en plus concurrentiel, la tentation de classer les différentes universités va grandissante. La France et l'Allemagne font pour l'instant pâle figure dans les classements mondiaux mais polissent leurs armes pour contre-attaquer. TEXTE : SÉBASTIEN VANNIER



ParisBerlin_logoParisBerlin (http://www.parisberlin.fr) est le seul newsmagazine qui vous informe chaque mois sur l'actualité franco-allemande dans les domaines suivants : politique, économie, mode de vie, culture, éducation, médias.




Une fois leur baccalauréat en poche, les jeunes Français et Allemands n'ont que l'embarras du choix en ce qui concerne leurs études. Mais quel critère est déterminant ? La spécialité. Évidemment ! La ville ? Les débouchés ? Et puis, la mobilité aidant, pourquoi ne pas aller à l'étranger ? Pour s'y retrouver, il existe, certes, un grand nombre de classements.


Parmi les plus connus, ceux des hebdomadaires allemands Der Spiegel ou Die Zeit ou celui du magazine français Le Nouvel Observateur. Mais la lecture de ces classements nationaux reste encore difficile. L'affaire se corse encore plus pour ceux qui peuvent se permettre de tenter une comparaison internationale: comment comparer une université anglaise, à une université hollandaise, à une grande école française ?


Les classements dominés par les anglo-saxons


Deux classements font pour l'instant fi gure de référence au niveau mondial : le classement de l'université Jiao Tong de Shanghai et le Times Higher World University Ranking. Sur le podium de la liste de Shanghai de 2008, on retrouve Harvard, Standford, Berkeley et quatorze autres universités américaines dans les vingt premières classées. Si l'Angleterre se défend assez bien grâce aux traditionnelles Cambridge et Oxford, il faut descendre à la 42e place pour trouver la première université française, Paris VI, et à la 55e pour découvrir l'université de Munich. Ce classement de Shanghai reste pourtant très débattu.


Cette sélection fait en effet la part belle à la recherche en prenant comme critères entre autres les prix Nobel, les médailles Fields ou les articles parus dans la revue Science et Nature.


L'Europe contre-attaque


La première méthode, dans le cas d'une note décevante, consiste à remettre en cause le système de notation. Les structures allemandes et françaises - où la recherche n'est pas concentrée dans les universités - ne se sentent pas appréciées à leur juste valeur par ces classements.
C'est pour cette raison que la Commission Européenne a lancé un projet de nouveau classement mondial des universités. Le consortium CHERPA, qui comprend notamment L'Observatoire des Sciences et Techniques et le Centrum für Hochschulentwicklung de Gütersloh, prendra en compte d'autres critères comme l'internationalisation de l'établissement, son ancrage régional et son rôle sociétal. Sans surprise, c'est d'abord sur les sciences économiques et les sciences de l'ingénieur que ce projet, dont la première publication est prévue pour 2012, portera.


La deuxième méthode consiste à tenter de se soumettre à la méthode de notation en transformant sa structure interne. C'est en effet, entre autres, pour rendre les universités plus performantes et plus visibles au niveau international qu'ont été mis récemment en place par exemple les Pôles de Recherche et d'Enseignement Supérieur(PRES). La réforme d'autonomisation des universités, une des premières du gouvernement Fillon, va également dans ce sens. Elle a certes été fortement critiquée mais, dès le début de l'année 2009, vingt universités sont devenues autonomes, faisant craindre une concurrence toujours plus accrue entre les établissements où seules quelques grosses universités pourraient avoir les moyens de survivre. L'Allemagne n'a pas été en reste avec la fameuse Exzellenz-Initiative qui a consisté à sélectionner les neuf meilleures universités du pays - principalement sur des critères de recherche - pour leur donner encore plus de moyens pour se développer. Reste à savoir si ces efforts, quelque soit la méthode, porteront leurs fruits pour redorer le blason des universités françaises et allemandes au niveau international.


TEXTE : SÉBASTIEN VANNIER