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Les entreprises allemandes sont restées innovantes malgré la crise

4 février 2011

Les entreprises allemandes ont maintenu le cap sur l'innovation malgré la tourmente économique. Si les dépenses de recherche et de développement (R&D) ont diminué pour la première fois depuis 13 ans en 2009, cette baisse est restée inférieure à celle de l'activité. Dans l'ensemble, le taux d'innovation (c'est-à-dire les dépenses de R&D en pourcentage du chiffre d'affaires) a donc augmenté.

Sur la période 2010-2011, les investissements d'innovation devraient progresser pour retrouver leur niveau d'avant la crise, en 2008. C'est ce qui ressort d'une nouvelle enquête effectuée par le Centre de recherche sur l'économie européenne (ZEW) de Mannheim, l'Institut Fraunhofer de recherche sur les systèmes et l'innovation (ISI) et l'Institut des sciences sociales appliquées (infas) à la demande du ministère fédéral de la Recherche.

En 2009, les dépenses d'innovation des entreprises allemandes ont diminué de 11 % pour s'établir à 112,1 milliards d'euros, ce qui correspond au niveau de l'année 2005. Ce recul s'explique au premier chef par les investissements en biens d'équipement (machines, logiciels, brevets...), qui ont chuté de 22 % en glissement annuel. En revanche, les entreprises ont très peu réduit leurs dépenses courantes d'innovation, sur le plan humain comme sur le plan matériel. De fait, leur budget de R&D est resté constant.

Le déclin des dépenses d'innovation est directement lié à la crise économique. En effet, la sous-utilisation des capacités de production et la faiblesse de la demande ont dissuadé les entreprises d'investir dans le développement de processus plus rationnels et de nouveaux produits, ce qui s'est répercuté sur les dépenses de marketing. Mais, à proportion, les budgets de R&D ont moins diminué que le chiffre d'affaires, si bien que le taux d'innovation est passé de 2,72 à 2,74 %. Les secteurs particulièrement tributaires de la recherche (industries automobile, mécanique, électronique, pharmaceutique et chimique) ont vu leur taux d'innovation progresser de 7,7 à 8,4 %.

Avec la reprise économique, les dépenses d'innovation sont reparties à la hausse. Elles devraient augmenter de 6 % en 2010 et de 4 % en 2011 pour atteindre 123,4 milliards d'euros, se rapprochant ainsi du niveau de l'année 2008 (125,8 milliards d'euros). Il faut tenir compte du fait que ces données provisoires ont été collectées au printemps et en été 2010, où les estimations conjoncturelles étaient encore prudentes. Étant donné la croissance enregistrée en 2010, nettement plus élevée que prévu, et les perspectives souriantes qui s'annoncent pour 2011, tout porte à croire que le taux d'innovation va continuer à croître.

Comme les années précédentes, l'industrie chimique et pharmaceutique s'est montrée extrêmement innovante en 2009. Il en va de même pour l'électronique, les technologies de l'information et de la communication, l'industrie automobile et la construction mécanique. À l'inverse, le taux d'innovation a été particulièrement faible dans les transports, les services aux entreprises, la gestion des déchets et le commerce de gros. En 2010, le pourcentage de sociétés prévoyant des dépenses d'innovation a bondi pour atteindre 46 à 47 %.

Parmi les entreprises de cinq salariés ou plus retenues pour l'enquête, environ 30 000 ont investi dans la R&D en 2009, soit 1800 de moins que l'année précédente. Toutefois, de nombreuses sociétés ont été emportées par la crise financière en 2009, ce qui ramène la proportion d'entreprises innovantes à 11,6 %. Cette proportion est presque aussi élevée qu'en 2008, où elle avait atteint un niveau record de 12,1 %. Dans l'ensemble, les activités de recherche des PME ont donc résisté à la crise en Allemagne.

Comme les années précédentes, 2009 s'est caractérisée par un taux d'innovation important dans l'industrie électronique (9,6 %), la construction automobile (9,6 %) et l'industrie chimique et pharmaceutique (7,5 %). En revanche, les sociétés de services financiers et les fournisseurs d'énergie ont réinvesti moins d'un pour cent de leur chiffre d'affaires dans des activités de R&D.

Voir l'article original sur le site du CIDAL : Les entreprises allemandes sont restées innovantes malgré la crise

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