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Etudes à Berlin : une nouvelle génération d'Européens

L'école de commerce ESCP Europe est implantée dans cinq villes européennes (Paris, Berlin, Londres, Turin et Madrid). ParisBerlin est parti à la rencontre de ses étudiants. Premier volet d'une série de reportages : le campus de Berlin. TEXTE : AMANDINE REAUX



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Seul le bruit du vent claquant contre les drapeaux se fait entendre sur le campus berlinois de l'ESCP Europe (École supérieure de commerce de Paris), situé à l'Ouest de Berlin à deux pas des jardins du château de Charlottenburg. Dans les salles de classe du bâtiment fraîchement rénové, l'ambiance est studieuse : les examens sont proches. Durant la pause, on parle allemand... et anglais. "Nous sommes une école internationale", explique Moritz Sander, étudiant en Master in European Business (MEB). "Il arrive même que certains camarades discutent spontanément en français même si aucun d'eux n'est Français", sourit-il.


Outre le concept de multicampus, l'ESCP accorde une place importante à l'Union européenne (UE) ainsi qu'à ses institutions au sein même des cursus - un intérêt partagé par les étudiants. "Beaucoup de mes camarades ont choisi de suivre le cours sur les institutions européennes", constate John Smyth, étudiant franco-irlandais en Master in Management. Les groupes de travail, constitués de plusieurs nationalités, permettent de confronter les différences culturelles. "On nous apprend à penser en tant qu'Européens", résume sa camarade allemande Dominique Kathe.


Louant le caractère européen de l'école, ces futurs spécialistes du commerce et du management international mettent encore beaucoup d'espoir, à l'heure de la montée de l'euroscepticisme, dans les institutions européennes et l'unification des marchés nationaux grâce à l'euro. "Sans cela, les constructeurs automobiles allemands seraient concurrents des Français, tandis que l'euro permet de créer un marché européen plus fort face aux autres puissances mondiales", explique Margaret Tyson (étudiante en MEB) dans un allemand coloré d'un léger accent américain.


Si tous n'iront pas voter - parfois pour des raisons administratives - le nouveau visage de l'Europe se dessine petit à petit dans leur esprit. Pour Dominique Kathe, une "politique commune d'immigration" serait prioritaire "afin de mettre en place un soutien aux pays du Sud, comme l'Espagne ou l'Italie, plus touchés par les vagues d'immigration que l'Allemagne". John Smyth, lui, développerait plutôt l'intégration par "l'extension de la monnaie unique aux autres pays de l'UE, ce qui faciliterait les transactions commerciales de la vie quotidienne tout en abolissant cette compétition interne à l'UE à travers les devises".


Quant à la question du fédéralisme, elle divise. Margaret Tyson est convaincue que l'Europe serait ainsi plus efficace face aux crises. "Aux États-Unis, c'est après une guerre civile que l'indépendance et le système actuel se sont établis", dit-elle en souriant. "Je ne pense pas que cela sera le cas en Europe, mais le fédéralisme lui permettrait de s'élever au rang de puissance politique mondiale. De plus, les petits États membres seraient mieux considérés au sein de l'UE." John Smyth plaide, lui, pour la mise en place de lois communes progressistes : "dans l'Irlande conservatrice, l'avortement n'est pas autorisé, mais ses habitantes le pratiquent tout de même dans d'autres pays membres, ce qui est absurde."


En revanche, Dominique Kathe souligne que "ce qui fait la richesse de l'Europe, c'est justement la diversité des langues et des cultures. Sans cela, l'identité de chacun se perdrait petit à petit". Ce à quoi Margaret rétorque : "Les marques internationales, présentes dans toutes les métropoles européennes du fait de la mondialisation, ont déjà en partie uniformisé l'UE." Ce qui aura au moins contribué à développer, chez ces étudiants, un fort sentiment européen.


TEXTE : AMANDINE REAUX