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Des études en Allemagne pour un avenir plus propre

2 mars 2011

Environnement, climat, énergie : les étudiants trouvent dans les universités allemandes une multitude de cursus menant à un travail riche d'avenir.

A Aix-la-Chapelle, on cherche à réinventer la voiture : celle-ci doit être écologique et ne plus polluer l'air avec ses émissions de CO2. C'est l'objectif que s'est donné le très réputé Institut du transport automobile à l'Université technique de Rhénanie-Westphalie (RWTH) dans cette ville. Des scientifiques y travaillent sur les moteurs électriques exempts d'émission qui pourraient un jour remplacer les moteurs à essence ou à diesel, des moteurs polluants. « L'Allemagne est traditionnellement un leader technologique en automobile, déclare le directeur de l'institut, Jan-Welm Biermann, et nous voulons aussi le devenir dans le secteur de la mobilité électrique. » L'ingénieur Biermann dresse le tableau des défis à relever. La construction des véhicules doit changer du tout au tout si des jeux de batterie doivent être installés à la place du réservoir. Pratiquement chaque place de parking devant les immeubles d'habitation et les lieux de travail devra avoir un branchement électrique pour faire le plein d'énergie « et on aura besoin de l'assentiment des clients », souligne Biermann.

Le gouvernement fédéral soutient le développement de la mobilité électrique au cours des trois prochaines années avec 22 millions d'euros, dix millions allant directement aux ingénieurs en automobile et en électricité de la RWTH. L'autre moitié des subventions va à leur partenaire industriel, le fabricant automobile Audi. Ce partenariat public-privé a un impact direct sur l'enseignement universitaire, confirme Biermann, avec par exemple la création d'un cursus de master international en anglais intitulé « Automotive Engineering ».

L'image d'un monde nouveau aux véhicules propres peut être trompeuse. Car, pour protéger l'environnement, il faut qu'une énergie propre provienne d'une source non-polluante. L'avenir appartient donc à l'électricité produite avec des ressources renouvelables comme le soleil, l'eau et le vent. Les universités de Flensburg et d'Oldenburg proposent des formations allant dans ce sens, deux cursus de master en anglais portant sur les Sustainable Energy Systems and Management in Developing Countries (SESAM) et un troisième cycle portant sur les énergies renouvelables (PPRE). L'Office allemand d‘échanges universitaires DAAD soutient les deux programmes avec des bourses. Les cursus s'adressent aux diplômés internationaux du monde entier qui ont déjà deux ans d'expérience professionnelle et qui assumeront plus tard des postes à responsabilité dans leurs pays.

Le cursus SESAM à Flensburg dure 18 mois et porte surtout sur la production d'énergie, les énergies renouvelables et la gestion de projet au sein de la coopération pour le développement. A Oldenburg, le programme traite de l'énergie solaire et éolienne, de la photovoltaïque, de la biomasse et des piles à combustible. Cette formation de 16 mois comprend des stages et des études de cas tirés de la production d'énergie. Depuis 1987, plus de 380 candidats venus de quelque 80 pays ont participé aux programmes. Nombre de ces diplômés occupent aujourd'hui des postes de direction dans leurs pays. « Sans ce cursus, je ne pourrais pas travailler de manière professionnelle à la position que j'occupe », déclare Wisdom Togobo, responsable des énergies alternatives au ministère de l'Energie du Ghana et qui est régulièrement professeur invité à Oldenburg.

Un autre programme de master international se concentre depuis 2008 sur les énergies renouvelables et le rendement énergétique, notamment au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Ce cursus de 20 mois accueillant dix boursiers allemands et dix boursiers arabes se déroule à l'université du Caire et à l'université de Kassel. Ces études communes dans un ­cadre multinational permettent également d'acquérir des compétences interculturelles.

Flensburg, Oldenburg et Kassel : ce ne sont là que trois des plus de 250 cursus proposés aujourd'hui sur les énergies renouvelables en ­Allemagne. Les perspectives professionnelles sont prometteuses pour les quelque 20000 étudiants inscrits actuellement dans ce do­maine. Et comme la plupart des universités allemandes proposent aujourd'hui des cours sur la production moderne d'énergie, les étudiants ont la possibilité de se spécialiser. Un exemple : la formation complémentaire en climatisation des bâtiments pour un diplômé en construction mécanique. Celui-ci ne s'y connaîtra plus seulement en modes de chauffage conventionnels, il sera aussi un spécialiste des pompes à chaleur, des centrales de chauffage à distance et des installations solaires dans les bâtiments.

Un autre approfondissement des connaissances qui gagne en importance : les technologies optiques sans lesquelles aucun laser, aucun CD ni aucun téléphone portable ne saurait fonctionner. Ou encore les diodes lumineuses qui remplacent les ampoules conventionnelles et devraient faire baisser de 8 % les besoins en électricité de l'Allemagne. La lumière est l'incarnation même de l‘énergie non-polluante et l'Allemagne un leader mondial dans ce domaine technologique. Dans la pratique, les technologies de l'énergie écologique deviennent une science aux multiples facettes et un moteur de l'emploi dans une économie qui compte sur un approvisionnement en énergie plus efficace et plus propre dans tous les domaines. Un fort potentiel d'innovation réside aussi dans les nouvelles méthodes d'utilisation des sources d'énergie classiques comme le charbon. La première centrale au charbon exempte de CO2 devrait être branchée sur le réseau allemand dès 2014. Les étudiants en sciences de l'ingénieur qui se penchent aujourd'hui sur l'extraction et le stockage de CO2 à l'Université technique des mines à Freiberg en Saxe seront plus tard des experts très recherchés.

Malgré la sortie du nucléaire adoptée par le monde politique en Allemagne, même la recherche nucléaire civile a de l'avenir dans les universités allemandes. Les innovations sur les réacteurs à haute température sont par exemple très demandées en Chine, explique Stephan Jühe, titulaire de la chaire de technologie et sécurité nucléaires à Aix-la-Chapelle. Et d'ajouter avec optimisme : « si, il y a cinq ans, il n'y avait que deux ou trois étudiants dans ce cours, ils sont aujourd'hui vingt ou trente, tant allemands qu'étrangers. »

Pour plus d'informations : Hochschulkompass

TEXTE : HERMANN HORSTKOTTE

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