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Bourgogne-Palatinat, le vin par tradition

23 février 2010

En France comme en Allemagne, on apprécie le bon vin et plus encore, on en produit de qualité. Rouge, blanc, rosé : de quoi régaler tous les palais et alimenter une économie. La Bourgogne et le Palatinat, deux régions jumelées, entretiennent volontiers leurs échanges autour des bons vins qu'elles produisent. À l'occasion des vendanges, portrait croisé. TEXTE : ANNE LAINAULT



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"En Bourgogne, chaque village vit au rythme des vendanges. Quand septembre approche, on assiste à une véritable effervescence jusqu'à ces grandes portes fermées l'hiver qui s'ouvrent, dévoilant ce qu'elles renfermaient tout ce temps : tracteurs, cuves et autres ustensiles pour la récolte." Pour Jean-Philippe Gervais, directeur du pôle Technique et Qualité du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB), ce n'est pas une image d'Epinal. "En Bourgogne,
le vin n'est pas une pièce rapportée, on en vit depuis des générations et les vendanges affectent forcément le mode de vie de ses habitants."


De la qualité avant toute chose


Au Domaine Jambon et Fils et comme dans de nombreux domaines bourguignons, les vendanges se font encore en grande partie à la main. Pour Marc Jambon, cette vendange 2009, c'est déjà la vingtième avec le même savoir-faire ancestral. Ici, Pouilly Vinzelles Blanc et Mâcon Pierreclos Rouge sont produits "à la main". Pour des raisons physiques d'abord car les machines n'accèdent pas aux coteaux, pour des raisons de qualité surtout car ces engins causent de "nombreux dégâts physiques et surtout, ne savent pas encore trier", ironise son fi ls Pierre-Antoine, gérant actuel du domaine familial. Pour lui, la vendange manuelle, c'est le "choix de la qualité". Des vendanges à dimension humaine, comme les domaines qui n'excèdent pas les dix hectares
en moyenne.


La main d'oeuvre est essentiellement saisonnière, ce sont "des visages qu'on voit chaque année". Pourtant, l'ambiance a changé. S'il y a encore quinze ans, il s'agissait surtout d'une main d'oeuvre estudiantine et étrangère, ogée chez l'habitant. Désormais, "c'est une main d'oeuvre plutôt locale, des personnes au chômage ou cherchant un complément", ajoute-t-il.


Outre-Rhin, à quelques kilomètres de là en Palatinat, on se prépare aussi à cette période décisive qui dans le jargon prend le nom de "Herbst", l'automne. Ici aussi, la main de l'homme est préférée à la main aveugle de la machine pour des raisons de qualité. Au Domaine Faubel de Maikammer près de Neustadt, l'équipe de vendangeurs compte une quinzaine de saisonniers, étudiants en oenologie ou lycéens "sélectionnés par la maison, parce qu'il s'agit d'un travail sensible et pénible", selon Gerd Faubel, gérant du domaine familial depuis 1998. Malgré les vingtquatre hectares de la propriété, 80% de la production est ainsi ramassée "aux ciseaux pour un travail plus propre".


Le secret, "cultiver la différence"


Au vu des conditions climatiques, le millésime 2009 devrait ravir les amateurs de pinot noir, Riesling et Chardonnay. Aussi bien Pierre- Antoine Jambon que Gerd Faubel se montrent confiants pour les ventes à venir. Le vin seraitil un secteur préservé de la crise ? En Bourgogne, les viticulteurs produisent essentiellement du pinot noir et du chardonnay, un vin de qualité, à forte valeur ajoutée avec "un effet millésime très marqué", explique Jean-Philippe Gervais. Les ventes de pinot noir et de Chardonnay bourguignons connaissent pourtant une légère hausse en Allemagne, notamment grâce à la commercialisation dans le hard-discount, sans concurrencer pour autant les vins palatins estime Gerd Faubel : "nous avons notre clientèle d'habitués aussi bien en Allemagne qu'à l'étranger".


Un partenariat qui marche


S'il est un jumelage franco-allemand réussi, c'est bien celui de la Bourgogne et du Palatinat qui entretiennent de nombreux échanges dans ce domaine. Dans le cadre de leur formation par exemple, jeunes viticulteurs et oenologues ont la possibilité de faire un stage chez un vigneron de la ville jumelle. L'avantage ? La découverte des méthodes de mise en valeur d'un sol similaire et de vins de même cépage. Il existe également des échanges entre cavistes bourguignons et palatins, aussi bien au niveau des techniques de fermentation que de stockage. Pour Gerd Faubel, "il y a autant de possibilités de vin qu'il y a de viticulteurs car chacun apporte sa touche personnelle, d'où la nécessité de ces échanges". Tous s'accordent à dire que la qualité du vin résulte d'une équation simple : l'alliance du terroir et de l'homme.


TEXTE : ANNE LAINAULT