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Berlin scelle la fin du nucléaire

9 juin 2011

L'Allemagne abandonnera définitivement l'énergie nucléaire d'ici à la fin de l'année 2022. Le gouvernement allemand a officiellement scellé, lundi 6 juin, les modalités de la sortie du nucléaire en adoptant un train de mesures visant à accélérer la transition énergétique. La coalition entend désormais aller vite : le Bundestag et le Bundesrat devraient simultanément approuver ces projets de loi début juillet. D'ici à 2050, l'Allemagne devra couvrir 80 % de sa consommation énergétique grâce aux énergies renouvelables.

Train de mesures

Samedi, la chancelière Angela Merkel a résumé les enjeux de cette transition énergétique dans un message vidéo posté sur son site internet. « Nous avons besoin d'une architecture totalement nouvelle » en matière d'approvisionnement énergétique, a-t-elle dit. Car la catastrophe de Fukushima, au Japon, a amené les autorités allemandes à s'interroger à nouveaux frais sur l'exploitation de l'énergie nucléaire et sur les risques qu'elle présente. Deux commissions ont été convoquées. Elles ont réexaminé la question sous les angles respectifs de la sécurité et de l'éthique. Et elles ont jugé souhaitable et faisable la sortie du nucléaire d'ici à une décennie.

Ce constat posé, il restait au gouvernement à dire comment cette transition énergétique allait s'organiser et comment l'Allemagne comptait couvrir ses besoins énergétiques à l'avenir. C'est désormais chose faite. La chancelière Angela Merkel, après s'être accordée vendredi avec les chefs de gouvernements des Länder, a fait connaître lundi le contenu de sa nouvelle stratégie énergétique.

Calendrier contraignant

Premier problème : le calendrier. Il sera contraignant. Le projet de loi gouvernemental prévoit ainsi l'arrêt de la dernière centrale (celle de Neckarwestheim II) à la fin de l'année 2022. D'ici là, les neuf autres réacteurs encore en service seront fermés par étapes en 2015, 2017, 2019 et 2021. La prochaine fermeture concernera le réacteur de Grafenrheinfeld, en Bavière. Enfin, les huit centrales déjà à l'arrêt ne seront pas redémarrées. Les centrales au gaz et au charbon fourniront l'énergie d'appoint en cas de pic de consommation. En outre, l'Agence fédérale des réseaux décidera d'ici au mois de septembre s'il est nécessaire de garder provisoirement une centrale « en réserve » pour éviter toute pénurie.

Développement des énergies renouvelables

Parallèlement au reflux du nucléaire, la nouvelle stratégie énergétique règle la montée en puissance progressive des énergies renouvelables. Là aussi un calendrier est fixé : ces énergies devront fournir à l'Allemagne 35 % (soit le double du chiffre actuel) de son énergie en 2020 et 80 % en 2050.

Le développement des énergies renouvelables continuera de s'appuyer sur l'instrument qui a assuré leur expansion jusqu'à présent : la loi sur les énergies renouvelables (EEG). Elle prévoit l'injection prioritaire de l'électricité d'origine renouvelable dans le réseau et octroie une rémunération garantie aux producteurs. Le gouvernement allemand a toutefois le souci de ne pas alourdir la facture du consommateur et de favoriser la rentabilité de ces énergies nouvelles. Le prélèvement spécifique payé par les consommateurs (3,5 centimes d'euros par kilowatt/heure) ne sera donc pas relevé.

L'éolien, élément central

Le gouvernement allemand entend miser tout particulièrement sur le développement de l'énergie éolienne, qui fournit déjà environ 6 % de l'électricité consommée en Allemagne. Il entend procéder selon deux axes : la modernisation des installations terrestres (repowering) et le développement des fermes éoliennes offshore, en mer du Nord et en mer Baltique.

Enfin, pour être efficaces, ces efforts requerront également le renforcement du réseau de lignes électriques. Le gouvernement va modifier à cet effet la loi sur le développement des réseaux afin d'accélérer le processus. Il s'agit, en effet, de mieux relier le nord du pays, où est située la majorité des sites de production d'énergie éolienne, et le sud, où sont concentrées de nombreuses industries.

Efficacité énergétique

Enfin, la transition énergétique misera sur un troisième pilier : l'amélioration de l'efficacité énergétique. Le gouvernement allemand va notamment créer à cet effet des incitations à la rénovation énergétique des bâtiments.

Voir l'article original sur le site du CIDAL : Berlin scelle la fin du nucléaire

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