Connexion-Emploi

Le site emploi franco-allemand

Vaut-il mieux travailler en France ou en Allemagne ?

Vaut-il mieux travailler au pays d'Alstom ou de Siemens ? 995 personnes ont répondu au sondage d'hiver réalisé par Connexion-Emploi. Le verdict va au-delà des clichés. Si une majorité de répondants considèrent que les conditions de travail sont jugées plus agréables en Allemagne qu'en France, les maux professionnels comme le burn out ou le mobbing sont observés aussi fréquemment dans les deux pays.

Ceux qui ont travaillé dans les deux pays sont unanimes : c'est en Allemagne qu'on travaille le mieux. Les sondés franco-allemands ayant répondu à notre questionnaire estiment que les entreprises allemandes sont plus performantes que les françaises sur des critères tels que :

  • les conditions matérielles de travail (à près de 80%)
  • la performance et le développement personnels (à 68%)
  • la prévention des risques (à 71%)

Et même pour la qualité des relations dans l'entreprise, c'est l'Allemagne qui reste en tête avec 56% des suffrages contre 46% côté français.

En Allemagne, une organisation jugée performante

Dans le détail, nous avons interrogé les membres de Connexion-emploi sur plusieurs éléments liés à leur environnement professionnel. Le premier tient au contexte de la mission de l'employé dans l'entreprise. Là encore, c'est l'Allemagne qui court en tête. Plus de 88% des répondants estiment que les désirs des clients sont bien pris en compte par les entreprises allemandes, 73% d'entre eux jugent qu'elles favorisent l'innovation, 58% considèrent que l'organisation de l'entreprise est performante. Une large majorité estime également que l'encadrement est efficace et que leurs compétences sont bien valorisées.

Les entreprises françaises, elles, réalisent de moindres performances. Seuls 76% des répondants considèrent que les désirs des clients sont bien pris en compte, 54% d'entre eux jugent que l'entreprise favorise l'innovation. A 57%, Français et Allemands estiment que l'organisation de l'entreprise française est peu performante. Ils sont 64% à considérer l'encadrement comme peu efficace et 59% à estimer que la charge de travail est mal répartie. Seuls 49% des répondants voient leurs compétences bien valorisées.

En France, un management jugé moins efficace

L'écart se creuse s'agissant des relations dans l'entreprise. Alors que les répondants se déclarent « très satisfaits » des entreprises allemandes sur tous les critères proposés :

  • écoute des membres de la direction (63%)
  • respect des collaborateurs entre eux (81%)
  • qualité des rapports de travail (78%)
  • performance du management à (56%)
  • moral dans l'entreprise (64%)
  • qualité des informations reçues (53%)

Ils notent nettement moins bien les entreprises françaises.

Français et Allemands interrogés se disent à 58% insatisfaits de l'écoute des membres de leur direction. 66% sont déçus de la performance du management et 60% déplorent la qualité des informations reçues. Ils s'accordent cependant à apprécier :

  • le respect des collaborateurs entre eux (74%)
  • la qualité des rapports de travail (68%)
  • le moral dans l'entreprise (à 52%)

S'agissant de l'évaluation des performances et des possibilités de développement personnel, les résultats sont plus nuancés. Les répondants sont en général moyennement satisfaits de l'offre de leur entreprise dans ces domaines d'un côté comme de l'autre. Dans les entreprises allemandes :

  • 50,4% des personnes interrogées déplorent les systèmes d'évaluation et de récompense
  • 52,2% se disent insatisfaits de la gestion des compétences
  • 50,3% se déclarent très satisfaits des formations proposées
  • 54% jugent équitable le rapport entre effort et rémunération

En France, les personnes interrogées se déclarent insatisfaites sur tous les critères proposés, à plus de 60%.

Suicide, mobbing... les maux liés au travail sont équivalents dans les deux pays

L'Allemagne serait-elle le paradis de travailleurs ? Pas s'il on en juge la fréquence des maladies et troubles professionnels, qui sont comparables dans les deux pays. Les personnes interrogées ont toutes été confrontées au mobbing dans leur environnement professionnel.

  • 29% des personnes interrogées ont été témoin de mobbing d'un manager allemand contre un employé (contre 36% en France).
  • 21% d'entre elles ont été confrontés à des cas de mobbing d'un groupe d'employés contre l'un d'entre eux (contre 26% en France)
  • Les cas de fatigue professionnelle extrême (ou burn out) sont observés à 38% en Allemagne, à 42% en France.

Environ le tiers des personnes interrogées ont été témoins d'arrêts de travail prolongé suite à un malaise au travail, en France comme en Allemagne. Plus dramatiquement, le suicide d'un collègue est une réalité dans les deux pays. Environ 8% des personnes interrogées ont été confrontées à cette réalité dans les entreprises de part et d'autre du Rhin.

Le sondage a été réalisé auprès de 995 personnes :

  • 61% de nationalité française
  • 28% de nationalité allemande
  • 8% ayant la double-nationalité

62,2% des personnes interrogées travaillent en Allemagne, le reste en France ou dans les deux pays. 23% d'entre eux travaillent dans de grands groupes cotés en bourse, le reste se répartissant de manière égale entre les différentes catégories, de la petite PME au groupe non coté en bourse.