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Le système de retraite en Allemagne

Le système de retraite en Allemagne

Que ce soit en France ou en Allemagne, le système de retraite publique par répartition est en mauvaise santé. En effet, le nombre de retraités devient plus important que le nombre de personnes actives et l'espérance de vie augmente constamment, ceci causant un déséquilibre croissant entre les retraites qui doivent être payées et les cotisations qui sont encaissées.

Les périodes de bonne santé économique permettent néanmoins de générer des surplus qui peuvent se traduire par une augmentation du niveau des retraites et une baisse des cotisations.

De plus, l'imposition des retraites en Allemagne est uniformisée à partir de 2005 et vise à mettre les fonctionnaires et les employés sur un pied d'égalité. Une équipe de spécialistes appelée "Rürup-I-Kommission" dirigée par le Prof. Dr. Bert Rürup était chargée de trouver une solution et la loi "Alterseinkünftegesetz" (AltEinkG) votée en juin 2004 s'est basée en grande partie sur les résultats du travail de cette équipe.

Cette loi est entrée en vigueur dès janvier 2005 et sera appliquée progressivement au long d'une période transitoire jusqu'en 2040.

Le contenu de cette loi peut être divisé en trois parties

  1. Une nouvelle imposition des revenus pendant la retraite
  2. Une simplification de la "Riester Rente"
  3. Un changement dans le domaine de la "Betriebliche Altersversorgung"

Le point numéro 1 signifie que l'imposition des cotisations retraite va être progressivement décalée jusqu'à la retraite, ceci pas à pas. Les cotisations retraite sont de moins en moins imposées et les revenus pendant la retraite le sont de plus en plus.

Le point numéro 2 signifie que le système de l'épargne retraite sera désormais non plus basé sur un système en trois colonnes mais sur un système en trois couches. Chaque produit d'épargne retraite ou placement est affecté à une couche donnée. L'imposition est différente selon les couches.

Le point numero 3 signifie que les produits de la troisième couche bénéficient d'une grande flexibilité à partir de 2005 et seront avantagés au niveau fiscal.



Pour plus de clarté, voici les produits contenus dans chaque couche :

Première couche : la couverture de base

Les éléments suivants appartiennent à cette première couche :

  • la retraite publique de base
  • les caisses complémentaires propres à un corps de métiers
  • les caisses complémentaires de l'agriculture
  • la nouvelle Rürup-Rente, sorte de retraite ayant les mêmes caractéristiques que la retraite publique mais faite de manière privée. Cette formule est aussi appellée «Basis Rente»

L'imposition : les cotisations sont déductibles en tant que "Vorsorgeaufwendungen" et les revenus pendant la retraite sont imposables.

Deuxième couche : les compléments

Les éléments suivants appartiennent à cette deuxième couche :

  • la Riester-Rente
  • l'épargne par l'intermédiaire de l'entreprise : la "betriebliche Altersversorgung", c'est-à-dire la Pensionskasse, la Direktversicherung, la Unterstützungskasse, la Direktzusage et les Pensionsfonds.

L'imposition : les cotisations ne sont pas imposées et sont subventionnées par des primes. Ces cotisations permettent aux employeurs d'épargner des charges sociales. Les revenus pendant la retraite sont imposables.

Troisième couche : les placements

Les produits appartenant à cette couche sont flexibles et/ou proposent un bon rendement : assurance vie, sicav...

L'imposition : les cotisations ne sont pas déductibles et les revenus pendant la retraite sont imposables seulement en partie.

Nous constatons ainsi que la retraite publique n'est plus qu'une base sur laquelle viennent s'ajouter de nombreuses autres possibilités. L'épargne long terme en vue de capitaliser pour sa retraite concerne chaque personne qui n'a pas la chance d'hériter de grosses sommes d'argent ou qui ne possède pas le capital nécessaire pour vivre des intérêts de celui-ci. L’immobilier vient bien sûr compléter la palette des solutions viables.

Dernière remarque, pour un Français travaillant en Allemagne par exemple, il faut savoir que les points retraite acquis lors de la période en Allemagne ne sont pas perdus lors d'un retour en France. Il existe un accord qui permet le transfert automatique dans le système français des droits acquis en Allemagne. Cependant, attention, il peut tout de même être intéressant de contrôler de temps en temps que les périodes de cotisations ont été enregistrées correctement.

Pour le vérifier, il suffit de se munir de son numéro de sécurité sociale allemande et de faire une demande gratuite sous Deutsche-Rentenversicherung.de. Un bilan des droits acquis sera alors envoyé sous 2-3 semaines. Remarque pour les personnes ayant égaré tous leurs papiers : il est possible de faire une demande de relevé de carrière en s’identifiant par sa carte d’identité ou son passeport.

Après avoir fait le bilan de vos futurs droits pendant votre retraite, n'oubliez pas de tenir compte de l'inflation. Une retraite de 2000 € mensuels dans 30 ans ne vaudra réellement plus que 1104 € en considérant 2% d'inflation annuelle...

Enfin, n’oubliez pas qu’en plus du souci d’un revenu faible pendant la retraite, le risque d’une vie longue n’est pas à négliger : épuisement des réserves financières, coût d’une éventuelle dépendance physique, prestations de transfert intergénérationnel quasi incontournables en période de récession économique…

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Thomas Desray Conseiller Financier franco-allemand Thomas Desray
Conseiller financier en Allemagne
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