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Le secteur de l'industrie du luxe en Allemagne : la passion de l'excellence

Le secteur de l'industrie du luxe en Allemagne : la passion de l'excellence

Si l'industrie allemande du luxe n'a jamais eu le poids de ses homologues français ou italien, le pays de Goethe et de Luther s'éveille lentement mais sûrement aux sirènes du secteur. Largement encouragé par le Meisterkreis, le premier forum consacré à la culture de l'excellence.

De plus en plus de boutiques de luxe en Allemagne

L'Allemagne n'est pas que le pays du hard-discount. Un coup d'œil dans le hall ARTDECO du grand magasin KaDeWe, le temple du shopping à Berlin, suffit à s'en convaincre : un ballet tourbillonnant de visiteurs, les bras chargés de paquets qui ne savent plus où donner de la tête, entre les bijoux Cartier, les montres Baume & Mercier, les parfums et vêtements signés Dolce & Gabbana ou les sacs Louis Vuitton, sans oublier le dernier étage "gourmet" de l'épicerie fine.

Ces dernières années, le nombre de boutiques de luxe en Allemagne a augmenté de 30 %. Crise ou pas, les classes moyennes n'hésitent plus à mettre la main à la poche. Par ailleurs, 67 % des chefs d'entreprise allemands jugent que leur entreprise se porte "bien, voire très bien", ce qui expliquerait une telle croissance...

Meisterkreis, passion et perfection

C'est en octobre 2011 que le Meisterkreis, le premier forum allemand de l'industrie haut de gamme, a vu le jour. Sa mission : jouer les ambassadeurs du luxe en Allemagne et ailleurs.

Les galeries d'art contemporain, la mode, l'hôtellerie, la joaillerie, l'automobile... Plus de 60 maisons sont affiliées au Meisterkreis. Parmi elles, des marques allemandes telles que A. Lange & Söhne ou Leica, mais aussi des marques étrangères comme Chanel ou Dior, "qui incarnent le luxe par excellence et dont nous pouvons nous inspirer", selon Clemens Pflanz, directeur général et fondateur du Meisterkreis, qui souligne la difficulté d'évoquer le mot luxe dans un pays pétri de culture protestante :

"Le terme Luxus a ici une connotation négative, notamment dans les médias. Nous préférons nous référer à la notion d'industrie haut de gamme. Depuis notre création, nous nous attachons à défendre la passion de la perfection et de l'exigence de ses chefs d'entreprise."

Plus de 147 000 personnes sont employées dans l'industrie haut de gamme en Allemagne

À l'opposé du "bling-bling", M. Pflanz souligne :

"Le véritable luxe est durable. Il existe peu de secteurs qui attachent autant d'importance à la tradition et au savoir-faire. La recherche de l'innovation technique, le sens du design et une qualité irréprochable font partie de l'ADN du Made in Germany."

Le secteur le plus porteur ? L'automobile, avec des constructeurs légendaires comme Mercedes-Benz, Lamborghini, qui appartient aujourd'hui au groupe Volkswagen, ou Porsche. Suivent la mode, les accessoires et parfums, mais aussi l'art et le design intérieur, les équipements high-tech et... les yachts.

Malgré son succès, l'industrie du luxe reste confrontée à de nombreux défis... Le premier concerne la transmission de ce savoir-faire aux jeunes générations. En effet, les métiers de ce secteur demandent un très haut niveau d'implication et les candidats sont parfois rares.

Le Meisterkreis réfléchit également à l'ouverture de filières communes de formation entre la France et l'Allemagne. M. Pflanz explique :

"Les entreprises investissent directement dans la formation de nouveaux employés, particulièrement des artisans, ce qui permet d'assurer et de pérenniser la qualité de notre industrie."



Le fédéralisme appliqué au luxe

Et si les géants du luxe à la LVMH n'existent pas en Allemagne, la branche dispose, selon M. Pflanz :

"[...] d'un tissu incroyablement vivant de petites et moyennes entreprises spécialisées, reflétant la créativité et la diversité de chacune de nos régions. Le fédéralisme appliqué au luxe, c'est notre plus grande richesse."

De la Silicon Valley de l'automobile avec Audi, BMW, Mercedes-Benz et Porsche dans le sud de l'Allemagne à la manufacture de porcelaine de Meissen en Saxe.

L'arrivée des nazis au pouvoir en 1933 et la Seconde Guerre mondiale ont entraîné la disparition de nombreuses activités telles que l'industrie du cuir ou les soieries de la ville de Krefeld.

M. Pflanz explique :

"Il a fallu du temps pour reconstruire toute notre industrie haut de gamme. Désormais, le luxe allemand a retrouvé sa dimension économique, son attractivité... qu'il est temps de soutenir et de développer."

Les dirigeants politiques ont mis du temps à prendre cette industrie au sérieux. Meisterkreis plaide dorénavant pour un "durcissement de la législation envers la contrefaçon" et une politique d'attribution simplifiée des visas, notamment aux touristes en provenance d'Asie, leurs principaux clients.

Le luxe est également au cœur des convergences franco-allemandes. Meisterkreis et le Comité Colbert, son pendant français, entretiennent des contacts réguliers et souhaitent proposer des initiatives communes.

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