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Le congé maternité en Allemagne : quel impact sur la carrière ?

23 octobre 2013

Vous êtes une maman (ou future maman) française salariée au sein d'une entreprise allemande et vous vous apprêtez à mettre au monde votre bébé outre-Rhin ? Félicitations ! Attention toutefois, il y a certaines différences notables entre les deux pays qu'il vaut mieux avoir en tête avant la naissance pour éviter toute découvenue avec votre responsable !

La Rabenmutter est une nouvelle maman qui, au lieu de rester à la maison pour veiller sur la prunelle de ses yeux pendant 3 ans, choisit de se replonger sans trop tarder dans sa vie professionnelle. Bref, la Rabenmutter, par son manque de dévotion absolue, est considérée comme une très mauvaise mère. Mais si votre activité professionnelle vous tient à cœur et que vous ne souhaitez ou ne pouvez vous permettre de faire une « Babypause » trop longue, rassurez-vous, la loi allemande est de votre côté puisqu'elle oblige votre chef à vous réintégrer dans l'entreprise après votre congé maternité. Il vous faudra juste être prête à essuyer certaines critiques (parfois violentes !) émises par les mamans ayant opté pour un autre mode de vie ! Voici un aperçu des règles à suivre pour tenter de concilier au mieux maternité et travail en Allemagne.

Proposer diverses alternatives

Tout d'abord, si vous souhaitez reprendre vos fonctions dans la société à l'issue de votre congé maternité, il vous faut l'indiquer à votre responsable le plus tôt possible. On ne vous le cache pas : les employeurs allemands n'aiment pas beaucoup les mamans ! Et oui, elles ne sont plus aussi disponibles qu'avant la naissance de leur rejeton. Sachez malgré tout qu'une entreprise ne peut vous licencier pendant votre congé maternité. « Les femmes devraient clairement signaler à leur chef qu'elles souhaitent revenir », conseille Petra Bonnet, conseillère en ressources humaines à Stuttgart. Elle précise qu'il est toujours très bien vu de proposer à son responsable des « alternatives » au cas où l'on ne souhaite pas réintégrer son poste à 100%.

Friedegard Baier du point info Frau & Beruf administré par la fondation Wirtschaftsstiftung

Südwest à Karlsruhe invite les mères à prendre une décision lors de leur Babypause : envisagent-elles de retrouver leur ancien poste ou préfèreraient-elles plutôt un autre type de contrat ? « Souvent, devenir freelance est une bonne alternative, car ce statut offre plus de souplesse », soutient Madeleine Leitner, coach en carrières à Munich.

Le droit au temps partiel

Selon le ministère allemand de la Famille situé à Berlin, les femmes salariées dans une entreprise employant plus de 15 personnes ont le droit d'obtenir un contrat à temps partiel après leur congé maternité. Il faut pour cela que la « relation de travail » entre la maman et l'entreprises existe depuis au moins six mois et que la mission à temps partiel s'étende sur au moins deux mois.

La mère doit communiquer à l'employeur son souhait de travailler à temps partiel par écrit, au plus tard sept semaines avant la reprise de l'activité. Attention, si la société rencontre de grosses difficultés à cette période (manque de main d'œuvre, trop de commandes, problèmes financiers, autres...), elle a le droit de refuser. « De nombreux employeurs affirment qu'ils ne sont pas en mesure de proposer un emploi à temps partiel », met en garde Friedegard Baier.

Dans ce cas, la société doit pouvoir prouver ce qu'elle avance, ce qui se révèle bien difficile la plupart du temps.

Gare aux combines...

Friedegard Baier confesse avoir souvent entendu le même scénario élaboré par les employeurs dans le but de se débarasser des mères devenues encombrantes. « Certaines femmes retrouvent parfois leur poste d'origine et se font licencier à l'issue des trois mois réglementaires ». Les sociétés peuvent aussi se montrer parfois extrêmement rigides. « Une femme devait normalement reprendre le travail en août mais n'avait obtenu une place en crèche qu'à compter du mois de septembre ». L'entreprise a refusé tout compromis. Certes, les employeurs sont tenus par la loi de réintégrer les jeunes mères au sein de leurs effectifs, mais rien ne les oblige à leur attribuer le même poste que celui qu'elles occupaient avant leur congé maternité. Il s'agit là d'un stratagème auquel ont malheureusement recours de nombreuses entreprises, d'Allemagne ou d'ailleurs. En effet, l'insatisfaction risque fort d'amener la mère de famille à quitter son poste de son propre chef. « Certaines démissionnent car elles sont trop malheureuses », se désole la conseillère. Attention cependant à ne pas hisser les voiles trop rapidement, ajoute-elle, le mieux étant d'assurer ses arrières en ayant déjà trouvé un nouveau job. Friedegard Baier suggère également à toute maman sur le point d'abandonner son poste de bien penser aux indemnités de licenciement qu'elle pourrait toucher. « L'argent est vite dépensé », avertit-elle, surtout avec un ou plusieurs enfants en bas âge à la maison.

« Babypause » de courte durée : un avantage pour la vie pro

Selon la coach Madeleine Leitner, seul un congé maternité assez court permet d'éviter de mettre un frein à sa carrière. En effet, rappelle-t-elle, une personne employée à temps partiel n'obtient généralement plus les plus gros clients et n'est plus placée sur les projets majeurs. Beaucoup de mères sous-estiment, d'après elle, la grande difficulté à concilier vie pro et enfants. Elles pensent qu'elles seront en mesure de travailler exactement de la même manière avant et après la naissance du petit. « Il est très rare que ce soit le cas, prévient Madeleine Leitner, les femmes devraient être fières de ce qu'elles accomplissent ».

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