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France–Allemagne : la génération qui vit entre deux maisons

France–Allemagne : la génération qui vit entre deux maisons

On ne rentre plus vraiment comme avant. Revenir d’expatriation en Allemagne ne signifie plus tourner la page, mais apprendre à vivre entre deux maisons. Entre la France que l’on retrouve et l’Allemagne que l’on ne quitte jamais vraiment, une nouvelle façon de vivre émerge : transfrontalière, hybride, assumée. Un retour sans rupture, où la frontière devient un trait d’union plutôt qu’une ligne de séparation.



1. Comprendre les spécificités du recrutement en Allemagne1. Un retour en France... mais pas tout à fait


1. Un retour en France... mais pas tout à fait

Paul, 38 ans, a passé huit années à Berlin en tant que développeur informatique pour une entreprise de cybersécurité. En 2024, il décide de « rentrer ». Mais pas vraiment en France. Il s’installe à Strasbourg, à quelques kilomètres de la frontière allemande, et continue de travailler pour la même entreprise… en télétravail partiel, avec quelques jours de présence au siège de Karlsruhe chaque mois.

Ce choix n’est pas anodin. « Je voulais retrouver une certaine proximité familiale, inscrire mes enfants dans un système scolaire français… tout en gardant un pied en Allemagne, que ce soit pour des raisons professionnelles ou personnelles », explique-t-il.

Comme Paul, de plus en plus d’expatriés reviennent en France sans totalement couper les ponts avec leur pays d’accueil. Cette tendance s’est accentuée depuis la crise sanitaire et l’explosion du télétravail transfrontalier. Aujourd’hui, il est tout à fait possible de vivre entre deux pays, de naviguer entre deux cultures et deux cadres de vie.



2. Entre deux maisons, deux pays, deux rythmes


2. Entre deux maisons, deux pays, deux rythmes

La vie « entre deux maisons », comme l’appelle Paul, suppose une organisation bien rodée*. Son appartement strasbourgeois est son domicile principal, mais il garde un pied-à-terre à Karlsruhe, loué en colocation avec deux anciens collègues. « C’est plus économique, et ça me permet de garder une vie sociale là-bas. »

Chaque semaine est différente : parfois trois jours à Strasbourg, deux en Allemagne, parfois l’inverse. Il gère son emploi du temps avec flexibilité, tout en respectant les jours de présence exigés par son employeur.

Cette mobilité transfrontalière est encouragée par les infrastructures : autoroutes fluides, train direct Strasbourg-Karlsruhe en 1h05, aides fiscales aux travailleurs frontaliers. Elle est aussi facilitée par des initiatives locales comme le Rhin supérieur Mobilité, qui accompagne les travailleurs dans leurs déplacements et leurs démarches administratives.

Mais au-delà de la logistique, il y a une réalité identitaire : celle de ne se sentir « ni totalement ici, ni totalement là-bas ». Une sensation familière à de nombreux ex-expatriés, qui doivent redéfinir leurs repères, leur cercle social, et parfois même leur langue quotidienne.



3. Conséquences professionnelles et personnelles


3. Conséquences professionnelles et personnelles

D’un point de vue professionnel, le choix de Paul est gagnant : salaire allemand, cadre de vie français, moindre coût immobilier, école gratuite et proximité de la famille. Il estime économiser plus de 1 200 € par mois en comparaison avec sa vie berlinoise, notamment grâce à une location moins chère en France.

Cependant, tout n’est pas simple. « Les systèmes sociaux sont différents, la fiscalité aussi. J’ai dû faire appel à un conseiller fiscal spécialisé dans les frontaliers, comme Euro-Droit. » Paul ajoute que l’entreprise allemande a dû adapter son contrat, avec un accord de télétravail précisant sa résidence principale à l’étranger.

Sur le plan personnel, ce mode de vie hybride pose aussi des défis : sentiment d’instabilité, difficulté à recréer un cercle amical solide, enfants parfois partagés entre deux langues. L’un de ses fils, scolarisé en primaire, alterne entre français et allemand selon les jours, ce qui crée de la confusion mais aussi une richesse culturelle réelle.



4. Vers un nouvel équilibre de vie

4. Vers un nouvel équilibre de vie

Aujourd’hui, Paul ne regrette rien. Il se décrit comme un « citoyen rhénan », à la fois français et allemand dans son quotidien. Il fait ses courses chez Edeka à Kehl, sa salle de sport est à Offenburg, mais ses enfants vont à l’école à Strasbourg.

Pour lui, ce choix de vie est une forme de compromis moderne, entre confort personnel, opportunités économiques et fidélité à une culture d’origine. Il rejoint ainsi les milliers d’anciens expatriés devenus transfrontaliers, une nouvelle catégorie socio-professionnelle de plus en plus visible.

Il envisage même d’investir dans une maison bi-nationale, un concept proposé dans certains programmes immobiliers du Rhin supérieur : deux logements connectés, un côté français, un côté allemand, pour incarner cette double appartenance.

Le retour d’expatriation n’est donc pas un retour en arrière. C’est parfois une réinvention de soi, entre deux pays, deux foyers, deux rythmes. Une vie « entre deux maisons » qui, loin d’être instable, devient le reflet d’une Europe vécue au quotidien.

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Olivier

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