Le chômage en Allemagne et en France : une question de calcul

PB Calcul de chômage en Allemagne et FranceEn France comme en Allemagne, les chiffres du chômage sont parfois en trompe-l'oeil, se basant sur une notion restrictive du chômeur. TEXTE : MARC MEILLASSOUX


Paris_Berlin_LogoParisBerlin (http://www.parisberlin.fr) est le seul newsmagazine qui vous informe chaque mois sur l'actualité franco-allemande dans les domaines suivants : politique, économie, mode de vie, culture, éducation, médias.


En France comme en Allemagne, le mode de calcul des chiffres du chômage s'inspire des critères établis par le Bureau international du travail (BIT). Mis au point afin de comparer les niveaux de chômage à travers le monde, cet outil de calcul est souvent mis en cause pour son comptage a minima du nombre de chômeurs. En effet, ne sont pris en compte au sens du BIT que les chômeurs n'ayant pas travaillé une seule heure au cours de la semaine de référence, étant immédiatement disponibles, et ayant fait des démarches actives de recherche d'emploi.

Ainsi, en France seuls les chômeurs de la première catégorie (catégorie A) sont pris en considération dans les chiffres officiels. Il s'agit des personnes n'ayant aucun emploi et tenus d'en rechercher un activement. Les chômeurs des catégories B et C, qui regroupent les personnes travaillant à temps partiel (ou très partiel) mais qui restent en recherche d'emploi, ainsi que des catégories D et E, dispensés d'une recherche active d'emploi (formation en cours ou maladie), ne sont pas retenus. Fin 2011, on comptait 2,84 millions de chômeurs en France, correspondant à la première catégorie. En considérant les cinq catégories on arrive à 4,84 millions de chômeurs...

Chômage officiel vs. chômage réel

En Allemagne, on distingue deux catégories de chômeurs : d'une part, les bénéficiaires de l'Arbeitslosengeld I (AG I), ayant cotisé pendant un an minimum, et, d'autre part, les bénéficiaires de l'Arbeitslosengeld II (AG II), en fin de droit pour l'AG I ou percevant les minima sociaux. Mais, comme en France, le taux de chômage ne prend donc pas en compte l'ensemble des demandeurs d'emploi. Fin 2011, les 2,78 millions de chômeurs officiels englobent les 830 000 bénéficiaires de l'AG I mais seulement 1,9 des 4,6 millions de bénéficiaires de l'AG II, qui se rapprochent des critères du BIT. D'après une responsable de l'Arbeitsagentur (équivalent du Pôle emploi) d'Hambourg, souhaitant préserver l'anonymat : "Si on additionne les catégories de chômeurs en capacité de travailler, on arrive à 5,363 millions parmi lesquels un grand nombre de chômeurs partiels ou de précaires bénéficiant du minimum vital." En France comme en Allemagne, le taux de chômage "réel" est donc sensiblement plus élevé que le taux de chômage officiel. Selon nos estimations, et en comparant les chiffres ci-dessus exposés, il pourrait atteindre jusqu'à 12 % en Allemagne et 16 % en France...

TEXTE : MARC MEILLASSOUX

Guide du commentaire

blog comments powered by Disqus