Thyssenkrupp, l'exemple d'un groupe allemand en pleine mutation

Thyssenkrupp groupe allemand en mutationEndetté et en panne de rentabilité, le conglomérat ThyssenKrupp a lancé un drastique plan de restructuration. Un quart de ses activités doivent être cédées, dont sa branche aciers spéciaux, jadis un fleuron du groupe tout juste bicentenaire. L'entreprise de la Ruhr mise sur des activités technologiques pour renouer avec les bénéfices. TEXTE : LUC ANDRÉ


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Nous allons travailler dur chaque jour pour gagner à nouveau votre confiance." À la tête d'un groupe qui a annoncé 1,8 milliard d'euros de pertes annuelles, Heinrich Hiesinger, nouveau patron de ThyssenKrupp, connaît l'ampleur de l'effort qu'il promet à ses actionnaires.

Sa mission, entamée au printemps dernier, consiste à remettre sur les rails le conglomérat aux 180 000 salariés et près de 50 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Jadis première entreprise du pays, incarnation à elle seule de l'industrie allemande et de la qualité de ses produits, la firme de la Ruhr a vu son étoile pâlir peu à peu.

Son activité historique, la production d'acier - démarrée dans la forge de Friedrich Krupp, à Essen en novembre 1811 - patine. La branche aciers spéciaux a accumulé les pertes sur les derniers exercices. Les nouvelles implantations en Amérique du Nord et au Brésil se sont pour l'instant révélées ruineuses et ont largement affecté les résultats du dernier exercice. ThyssenKrupp a tiré les conséquences de ces revers avec le départ de deux hauts responsables.

Le programme du dirigeant va cependant au-delà d'un renouvellement des équipes de direction. Venu du groupe Siemens, M. Hiesinger entend affiner le profil technologique de l'entreprise et diversifi er plus encore ses activités. "Nous sommes bien plus que de l'acier" : à longueur d'interview ou de rapport annuel, le dirigeant prêche pour sa paroisse et loue la profitabilité actuelle de son groupe dans la construction d'usines, d'ascenseurs ou de sous-marins militaires. In fine, M. Hiesinger veut transformer en profondeur l'image de ThyssenKrupp, associée étroitement à son coeur de métier.

Séparation de plusieurs branches

Mais une faible rentabilité et un endettement de 3,6 milliards d'euros entravent cette mutation. Aussi, un plan drastique de restructuration a été mis sur la table. "Nous allons nous séparer de branches pour lesquelles nous voyons de meilleures chances de développement en dehors du groupe", explique un porte-parole de ThyssenKrupp. Au total, la saignée envisagée représente 23 % de l'activité et près de 35 000 salariés. Ce processus est soutenu par la stratégique Fondation Krupp, qui gère l'héritage de la famille du fondateur et possède une minorité de blocage au capital de l'entreprise née de la fusion avec Thyssen, autre fleuron industriel de la Ruhr, en 1999. Comme Berthold Beitz, le président de la Fondation, l'a souligné lors des festivités du bicentenaire de Krupp, le conglomérat a traversé bien des tempêtes depuis sa création. Selon lui, il a survécu grâce à l'union entre direction et salariés.

La cure d'amincissement a déjà été lancée. Depuis mai dernier, grâce à plusieurs ventes et des opérations financières, le conglomérat a pu faire baisser sa dette, qui culminait à plus de 6 milliards d'euros il y a quelques mois. Après la reprise des chantiers navals civils Blohm und Voss en fin d'année par l'investisseur britannique Star Capital Partners, le plus gros morceau du programme se profile : la vente de la branche aciers spéciaux rebaptisée Inoxum avec ses 11 000 salariés.

"Toutes les options ouvertes"

Selon différentes estimations, ThyssenKrupp peut en espérer 2 à 3 milliards d'euros. Mais en pleine crise, cette opération ne s'annonce pas aisée. Aussi, l'entreprise affirme se laisser "toutes les options ouvertes" pour Inoxum, notamment une introduction en Bourse si aucun acquéreur ne se manifeste. Cette option est considérée avec scepticisme dans les milieux financiers. Dans tous les cas, ThyssenKrupp se donne "15 à 18 mois" pour trouver une solution.

Dans ces conditions, les analystes restent encore prudents sur l'issue de la stratégie de ThyssenKrupp. D'abord, relève Dirk Schlamp de la DZ Bank, "ce processus réclame du temps. Il faudra encore beaucoup investir dans les nouvelles aciéries en Amérique", car ces unités doivent générer des revenus pour financer le développement des branches technologiques. "Mais la question est de savoir quand est-ce que ces aciéries vont être rentables. Probablement pas cette année, espérons l'année prochaine. Cela dit, avec ces nouvelles usines nous allons avoir des surcapacités pour la production d'acier. C'est un poids pour tout le marché en Amérique du Nord", conclut l'analyste.

Zitterpartie Werftverkauf

Zu guter Letzt werden die Werften von Blohm und Voss in Hamburg von dem britischen Investor Star Capital Partners übernommen. Aber die Veräußerung der zivilen Sparte des Schiffbauers verlief alles andere als reibungslos. ThyssenKrupp verhandelte schon seit 2009 - also vor den Restrukturierungsplänen von Heinrich Hiesinger - mit der MAR-Gruppe aus Abu Dhabi. Sogar ein Vertrag war 2010 unterzeichnet worden. Aber die Übernahme platzte überraschend im Sommer 2011, offiziell auf Grund von Finanzierungsproblemen. Das britische Unternehmen hofft nun auf Aufträge aus Russland und Asien für den Bau von Riesenyachten. Für die rund 1 500 Mitarbeiter gibt es formell aber keine Beschäftigungsgarantie. Die Gewerkschafter pochen auf einen Erhalt der Arbeitsplätze und die Beachtung der Tarifverträge. Da Blohm und Voss derzeit noch Kriegsschiffe baut, muss der Deal von der Bundesregierung abgesegnet werden.

TEXTE : LUC ANDRÉ

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