Les expatriés d'Airbus

LPJ AirbusAirbus "exporte" beaucoup de Toulousains à Hambourg. Rien de plus normal pour l'avionneur européen qui s'est récemment réorganisé pour offrir à la ville hanséatique une grosse partie de la production de l'A320. De l'arrivé jusqu'à l'installation définitive dans ce nouvel eldorado de l'aéronautique, un site, fondé par un ancien du site d'Hambourg, aide les français d'Airbus à s'adapter à leur nouvelle vie.

"Vous êtes français ? Vous travaillez chez Airbus ? " : ils sont beaucoup de Français, à Hambourg, a avoir entendu cette question. Née de la fusion des principales entreprises aérospatiales européennes, il n'est pas, en effet, rare que les employés d'Airbus soient appelés à quitter leur siège d'origine pour pallier le manque de personnel sur les autres sites européens, notamment dans le cadre de nouveaux projets. C'est ce qui s'est passé pour de nombreux des Français d'Airbus à Toulouse lors du lancement du projet A380, ou plus récemment, lors du plan de restructuration "Power 8" qui a réorganisé une partie de la production de l'avionneur.

"Entre Toulouse et Hambourg, il y a plus d'une frontière"

Comme c'est le cas de Romain, David, Cédric ou encore Guillaume, de nombreux Toulousains rencontrés à dans la ville hanséatique ont quitté leur Midi-Pyrénnées natal pour venir s'installer à Hambourg. Partis dans le cadre d'un VIE (Volontariat International en Entreprises) ou en tant qu'expatrié, ils ont profité de cette opportunité professionnelle offerte par l'avionneur pour "voir du pays". Pour le meilleur, mais parfois pour le pire pour ces français habitués au soleil de Toulouse.

"Il faut apprendre à rire de tout et savoir positiver son expérience d'expatrié au quotidien", affirme Laurent, désormais rentré en France après avoir passée 3 ans au service d'Airbus à Hambourg. Prendre la vie du bon côté même quand il faut plus d'une heure de trajet pour aller au travail, qu'il pleut et que la crèche ferme à 14h30. Hambourg est à ses yeux un tout petit morceau du pays, un Land qui a vraiment ses spécificités : "Entre Toulouse et la ville hanséatique, il y a plus d'une frontière". Le climat, les habitudes de vie, le système scolaire, la culture d'entreprise, tout est très différent et apprendre à naviguer dans ce nouvel environnement du jour au lendemain peut se révéler complexe.

Hambourg, nouvel eldorado de l'aéronautique

Hambourg occupe maintenant une place de choix dans la production d'Airbus. Elle assure assemblage final pour toute la famille des A320 (A318, A319 et A321), dispose de bureaux de design et de deux "entres d'excellence" (contrôle de la qualité). Ainsi, ce sont plus de 9.000 personnes qui sont au service de l'entreprise. En y ajoutant les 7.000 personnes travaillant aux ateliers de la Lufthansa, à l'aéroport de Fuhlsbüttel, Hambourg fait désormais des capitales mondiales de l'aéronautique : elle se classe, tout comme Toulouse, après Seattle, où se trouve le siège du concurrent américain Boeing. Alors, pour ceux qui sont contraints de rentrer en France, à la fin de leur contrat, la tentation est grande de délaisser l'entreprise française pour "signer allemand" comme ils disent.

Afin de partager son expérience de Français découvrant l'Allemagne du Nord, Laurent avait ouvert fin 2009 un site pour délivrer les informations utiles à la communauté des Français envoyés en Allemagne par Airbus. Conçu comme "un espace collaboratif " le site est toujours actif et invite, comme le précise son créateur, "tous ceux qui ont une expérience réelle à contribuer et à compléter l'ensemble des rubriques." Chacun peut donc y participer, donner des pistes pour mieux s'installer, s'exprimer librement et surtout, aller à la rencontre des autres afin de ne pas s'isoler en pays étranger. L'occasion d'ouvrir les yeux sur son nouvel environnement et de s'y adapter sans craintes, en douceur.

Voir l'article original du Petit Journal : Les expatriés d'Airbus

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