L'école alternative en Allemagne a le vent en poupe

PB Ecole alternative en AllemagneLes écoles alternatives se développent mieux en Allemagne qu'en France. Au point que même le système public s'inspire de leurs méthodes pédagogiques. TEXTE : DÉBORAH BERLIOZ


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Des élèves qui ne restent pas en place, des classes où les âges se mélangent, des appréciations pour remplacer les notes... Cela pourrait paraître étrange dans une école traditionnelle, mais c'est la règle dans celles qui se réclament de l'éducation nouvelle. Ce courant pédagogique, né il y a un siècle, défend le principe d'une participation active des individus à leur formation.

Sa représentante la plus connue est Maria Montessori. Cette Italienne du début du XXe siècle estimait que le but de l'éducation n'était pas d'inoculer un savoir tout prêt aux enfants, mais de cultiver leur désir d'apprendre. Ici, les professeurs ne sont que des accompagnateurs. Il existe aujourd'hui une cinquantaine d'écoles Montessori en France, contre près de 400 en Allemagne (1 000 si l'on ajoute les jardins d'enfants).

L'autre grand nom de l'éducation nouvelle est Rudolf Steiner, à l'origine des écoles Steiner- Waldorf. On en dénombre une vingtaine en France et 226 en Allemagne. "Ces écoles sont plus controversées car elles sont plus idéologiques", dit le professeur Jürgen Zimmer, spécialiste des sciences de l'éducation à la Freie Universität de Berlin. Sur le site des écoles Waldorf-Steiner en France, on peut en effet lire qu'elles ont pour but d'aider les enfants à "réaliser leur projet d'existence, en contribuant au progrès de l'homme". Cependant, elles ne cessent de se développer dans la République Fédérale. En 10 ans, 81 nouvelles écoles Waldorf y ont ouvert leurs portes. De son côté, l'association Montessori d'Allemagne recense 50 nouvelles ouvertures d'écoles et jardins d'enfants par an depuis 2005. Et c'est sans compter la kyrielle d'autres formes d'écoles alternatives.

De ce côté du Rhin, il existe également une centaine d'écoles alternatives libres. Apparues avec les mouvements étudiants des années 60, ces écoles avaient pour but de soustraire les enfants à l'autoritarisme des adultes. Un lycée privé se réclamant du courant de l'éducation nouvelle a même créé la "High seas high school". Pendant sept mois les élèves suivent leurs cours depuis un ancien voilier voguant de l'Allemagne aux Caraïbes. Pourquoi donc ce foisonnement d'un côté de la frontière et pas de l'autre ? "C'est notamment dû à l'aspect très centralisé du système en France", explique Zimmer. En Allemagne, les Länder se chargent des questions d'éducation. De plus, "les parents sont très demandeurs de ce genre d'écoles alternatives". Il faut dire que les performances des écoles publiques allemandes ne sont pas jugées brillantes par les études PISA.

Du coup, elles aussi adoptent les méthodes de l'éducation nouvelle. En 1974, une école laboratoire a été instaurée à Bielefeld. Sa mission est de développer de nouvelles méthodes d'apprentissage et d'en mettre les résultats à la disposition du public. Ici, pas de notes et les âges sont mélangés. Rien qu'à Berlin, une vingtaine d'écoles ont suivi ce modèle.

TEXTE : DÉBORAH BERLIOZ