Decra: Décathlonien de l’expertise

ParisBerlin_DécathlonienKlaus Schmidt dirige depuis fin 2003 Dekra, un géant discret des services spécialisé dans l'expertise technique. Son dirigeant à l'allure sportive cultive une affection particulière pour la France, devenue ces dernières années le second marché domestique du groupe. TEXTE : JEAN-PHILIPPE LACOUR


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Pour maintenir sa forme physique, Klaus Schmidt, patron de la multinationale Dekra, a un moyen
simple : courir à pied chaque jour, qu'il soit chez lui à Stuttgart, ou en voyage d'affaires à Paris, Sao Polo ou Shanghai. "Il n'y a qu'à Pretoria ou Johannesburg où je ne m'aventure pas dans les rues, cela me semble trop dangereux", corrige le patron de 51 ans, à la démarche féline et au sourire généreux. Tout comme il aime arpenter les rues des villes, il lui importe de visiter les chantiers en cours où à venir lors des ses déplacements. Les caméras de la Deutsche Welle l'ont filmé récemment à Paris, tombant la veste pour discuter avec les ingénieurs locaux de la meilleure façon de tester les normes de sécurité d'un bâtiment. Le groupe qu'il dirige depuis plus de cinq ans, actuellement numéro un en Europe et trois dans le monde, a bien une réputation à défendre. Une question vitale sur le secteur de la sécurité des biens et des infrastructures.

Croissance fulgurante dans le contrôle industriel

A côté de la sécurité, les compétences de Dekra s'appliquent dans les domaines de l'hygiène et de l'environnement, en tant qu'organisme d'inspection et de certification indépendant. La branche historique des transports, avec 23 millions de visites techniques de véhicules par an, souffre actuellement en raison du phénomène de prime à la casse, qui retire des milliers de véhicules anciens du circuit... Le groupe connaît en revanche une croissance fulgurante dans le contrôle industriel. C'est le fruit d'une diversification stratégique entamée avec l'acquisition, en 2005, de la société française Norisko, dédiée à la prévention des risques sur les chantiers en tout genre.

Le contrôle industriel, tiré par des normes techniques sans cesse plus rigoureuses, représente un marché pesant près de cinq milliards d'euros en Europe, dont un milliard en France et en Allemagne. "En Europe, nous visions 10 à 20 % de part de marché. Un tel objectif ne peut être atteint que si nous procédons à des acquisitions", estime Klaus Schmidt. La dernière emplette remonte il y a quelques semaines aux Pays- Bas, avec la prise de contrôle de la société Kema, leader du contrôle technique des produits de consommation.

7 000 personnes en France

Maîtrisant parfaitement la langue de Sartre, Klaus Schmidt, entré en 1996 dans le groupe Dekra, alors pratiquement 100 % centré sur son marché domestique, est fi er d'avoir depuis hissé la France au rang de second marché domestique du groupe. Norisko, aujourd'hui renommé Dekra Industrial, a vu depuis 2005 ses effectifs passer de 2 000 à 3 500 et ses ventes augmenter de plus de moitié, à 250 millions d'euros. En ajoutant la branche transports, ce sont près de 7 000 personnes qui sont actives pour Dekra en France. "A ma connaissance, aucune société allemande dans les services occupe une telle présence en France", affi rme Klaus Schmidt. L'Hexagone est devenu "une plate-forme primordiale dans notre groupe, à partir de laquelle nous avons développé notre présence dans le sud de l'Europe, l'Afrique et l'Asie", ajoute le patron allemand. La coopération se fait également avec des acteurs français à l'étranger, à l'instar d'Areva en Finlande sur un chantier de sécurité nucléaire. "Nous avons d'autres coopérations en vue avec Areva en Afrique du Nord ou en Russie".

Au fil des ans, Dekra a déployé son savoir-faire dans seize activités d'expertise, le groupe occupant le plus souvent une position de leader sur ses marchés. L'emploi du temps de Klaus Schmidt s'est organisé en conséquence : "lors d'une semaine type, je préside le lundi et mardi des comités de direction des différentes fi liales depuis le siège à Stuttgart, puis je consacre les autres jours de la semaine aux déplacements". Ses vacances ? En amoureux de la France et de ses bords de mer, Klaus Schmidt aime longer les côtes bretonnes à la voile, et il possède une villa à Antibes. Une contrée idyllique pour ses joggings matinaux.

TEXTE : JEAN-PHILIPPE LACOUR