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Travailler et s'intégrer à Bonn: le témoignage de Virginie

12 janvier 2011

De Poitiers à Bonn, de l'événement sportif à la location de voiture : Virginie a réussi à continuer sa carrière en suivant son compagnon en Allemagne. Une expérience enrichissante, mais qui n'a pas été sans difficultés.

Il y a deux ans, Virginie ne parlait pas un mot d'allemand et organisait des événements sportifs dans le milieu associatif de la Vienne. Aujourd'hui, elle conseille les clients français, allemands et anglais de Locationdevoiture.fr, une start-up. Entre temps, la jeune femme a quitté son pays, son travail et ses repères pour suivre son compagnon.

"Ça m'a fait un peu peur, mais j'ai vécu ça comme une aventure. Je crois qu'il vaut même mieux arriver sans connaître le pays, sans les préjugés qu'on peut avoir en apprenant une langue à l'école".

A Bonn où elle habite et à Cologne où elle travaille, Virginie a découvert "la sérénité et le calme" de la vie quotidienne allemande. "L'ambiance est vraiment sympa, les gens sont plus ouverts qu'en France". Mais s'installer dans un nouveau pays et trouver un travail n'a pas été simple. Virginie a eu beau prendre des cours d'allemand dès son arrivée et postuler pour des emplois dans tous les domaines d'activité, les recherches durent huit mois. Pas facile de s'adapter à un nouveau système professionnel. Et décrochant finalement un poste (après un mois et demi d'entretiens), la jeune femme est parmi les chanceux de l'expatriation.

Si 90% des conjoints d'expatriés travaillaient dans le pays d'origine, ils ne sont plus que 35 % à avoir retrouvé un emploi dans leurs pays d'accueil, d'après les recherches de la Permits Foundation, un organisme de lobbyisme pour l'accès à l'emploi des conjoints d'expatriés.

"Forcément, c'est déstabilisant, on se remet en question, on se demande où on va", se rappelle Virginie. "Mais ça reste une expérience enrichissante : j'ai acquis des compétences linguistiques, j'ai réfléchi à ce que j'étais capable de faire ou pas".

Retour en France : peut-être, ou peut-être pas

Virginie avait prévu de rentrer en France si elle n'avait toujours pas de poste à Noël. Mais après avoir trouvé un emploi stable, elle est prête à rester en Rhénanie encore quelques années. "On avait prévu de rester trois ans, qui se sont transformés en cinq ans. Peut-être qu'on rentrera après en France, mais peut-être pas... On est un couple sans enfant et on n'est pas encore dans l'optique de se poser, donc on suit les opportunités. Quand j'ai trouvé un travail à Poitiers, mon compagnon est venu avec moi, et moi je l'ai rejoint quand il est venu faire sa thèse à Bonn".

A ceux qui tenteraient la même aventure, la jeune femme conseille de miser d'abord sur la langue, en suivant des cours intensifs. C'est la première étape pour trouver un travail en Allemagne, même dans un milieu international. La start-up qui emploie aujourd'hui Virginie avait rejeté sa candidature, avant de la rappeler après qu'elle se soit améliorée en allemand. "C'est aussi important de ne pas se laisser aller : il faut sortir, trouver des clubs ou des activités, rencontrer des gens... Ça peut être dur de se retrouver à l'étranger, loin de sa famille et de ses amis".

Voir l'article original du Petit Journal : La carrière du conjoint suiveur : "je l'ai vécu comme une aventure"

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