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Portrait d'une entreprise franco-allemande pharmaceutique : Panpharma

11 juillet 2013

Panpharma est un laboratoire spécialisé dans les produits pharmaceutiques pour hôpitaux. En 1999, l'entreprise choisit de s'agrandir vers l'Allemagne. Marie-Hélène Dick, présidente de Panpharma, raconte l'aventure outre-Rhin. TEXTE : FREDERIC THERIN



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Son frère, Jean-Pierre Dick, vient de boucler le Vendée Globe, la course de voile en solitaire autour du monde, sans escale et sans assistance, sur son monocoque Virbac Paprec pendant qu'elle continue de gérer les affaires familiales. Marie-Helène Dick n'a pourtant jamais envié son benjamin. " Moi, mon virus, c'est celui de l'entreprise, avoue cette mère de famille de quatre enfants. J'ai cru un moment, après mes études vétérinaires à Nantes, que j'étais destinée à la recherche mais j'ai ensuite vite réalisé que je voulais en fait être entrepreneur, voyager et faire des choses intéressantes comme mon papa."


Suite au décès brutal de son père, Pierre- Richard Dick, en 1992, c'est donc naturellement que la jeune femme alors âgée de 27 ans, décide de reprendre les rênes de Panpharma, un laboratoire de produits pharmaceutiques destinés aux hôpitaux. "À l'époque, cette société était encore toute petite, ce qui a facilité mon arrivée aux commandes", se souvient-elle. Très vite, la jeune femme a commencé à s'intéresser au marché allemand. En 1999, son laboratoire décide de racheter une société basée à Trittau, près de Hambourg, spécialisée dans la fabrication de solutions stériles injectables.


Rotexmedica était "en difficulté mais elle représentait une belle opportunité pour notre société car ses activités étaient très complémentaires aux nôtres, souligne Mme Dick. Nous l'avons donc redressée et cette filiale, qui emploie 150 personnes, enregistre aujourd'hui un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros." Pour doubler ses revenus en treize ans à peine, le groupe familial a dû se frotter aux "spécificités" locales. Car au risque d'énoncer une lapalissade, l'Allemagne n'est pas la France...


Une feuille de route bien précise


Pour diriger son usine en Schleswig- Holstein, Panpharma a choisi d'expatrier un employé-maison. "Cette unité de production devait être restructurée et nous avions dans notre personnel un homme qui savait faire cela et en qui j'avais entière confiance, Patrick Lever." résume sa "patronne". L'heureux élu a toutefois mis quelque temps à s'adapter au management à l'allemande... "Les employés sur place attendent beaucoup de leur chef.


Ce sont d'excellents exécutants mais ils ont besoin d'une feuille de route très précise pour travailler. Ils sont bien mieux organisés que nous mais quand il s'agit d'inventer ou de trouver de nouvelles idées, les Français sont meilleurs", tranche Marie-Hélène Dick, qui apprécie toutefois la complémentarité de ces deux voisins.


Les forces de l'un complètent les faiblesses de l'autre. La rigidité du code de travail outre-Rhin n'a toutefois pas grand-chose à envier au modèle hexagonal. "Le système allemand est assez lourd, juge la sœur du navigateur au long cours. Les salariés doivent souvent poser des préavis de trois mois, voire plus, chez leur ancien employeur avant de pouvoir aller travailler ailleurs. Licencier un employé n'est pas simple non plus. Beaucoup de gens hésitent aussi à nous rejoindre car ils jugent que notre compagnie est trop petite. Pour résumer, on ne peut pas dire que la France est nulle et que l'Allemagne représente la panacée.


Chaque nation a ses spécificités." Impossible pourtant de bouder un tel pays. La République fédérale "reste un marché intéressant du simple fait de sa taille", ajoute Mme Dick dont la société a pratiquement multiplié par neuf ses revenus depuis 1999 pour atteindre 130 millions d'euros l'an dernier. "Et puis nos clients, les hôpitaux, nous paient à 45 jours en Allemagne et en France alors qu'en Espagne ou en Italie, on peut attendre le règlement d'une facture jusqu'à... dix-huit mois." Difficile de résister à de tels arguments.


TEXTE : FREDERIC THERIN