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Les entreprises allemandes se mettent à l’heure des réseaux sociaux

11 janvier 2011

« Nous vivons une époque excitante ! », s'enthousiasme le journaliste web Markus Hündgen : « De nombreuses sociétés allemandes réalisent actuellement à quel point le développement des réseaux sociaux peut être fondamental pour elles. » De fait, il semble que, soudainement, toutes les entreprises allemandes veuillent avoir leur propre compte Twitter, afin de pouvoir diffuser rapidement des informations auprès de leur clientèle.

Si l'internaute allemand moyen a été gagné par la « folie Twitter » dans le courant de l'année 2009, jamais, depuis 2010, les sociétés allemandes ne s'étaient mises à ce point à son diapason. Et chacune de se lancer, depuis le leader de l'équipement sportif Adidas jusqu'à la compagnie ferroviaire nationale Deutsche Bahn.

Si bien qu'aujourd'hui, d'après les derniers chiffres cités par le Netzökonom (un blogue de référence rattaché au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung), les plus grandes sociétés allemandes touchent aujourd'hui plus de dix millions d'individus grâce à Twitter. Toutefois, selon Markus Hündgen, les entreprises du DAX ne sont pas les seules à recourir à des réseaux sociaux tels que Twitter, au contraire. En fait, en comparaison de leurs consœurs plus modestes, les grandes entreprises seraient plutôt à la traîne, comme le souligne Till Achinger, consultant en réseaux sociaux installé à Münster. Et il sait de quoi il parle : c'est lui qui, en 2007, a créé ce qui fut certainement le tout premier compte Twitter d'une société allemande, en l'occurrence Sonntagmorgen.com, un site internet spécialisé dans la vente de cafés en ligne.

« À l'époque, nous n'avions aucune idée de la façon dont nos clients réagiraient », se souvient, avec un sourire en coin, Till Achinger. « Twitter était alors beaucoup plus alternatif, et je m'attendais à ce que la plupart de nos « followers » (ainsi désigne-t-on, en langage Twitter, les membres d'une communauté) soient mécontents de notre initiative. » Et de poursuivre : « La chose la plus importante, en matière de marketing sur le web 2.0, est toutefois qu'il vous faut tenir vos promesses. Rien à voir avec la publicité télévisée ou de presse écrite, car ici, les gens peuvent utiliser le média auquel vous recourez pour entrer directement en contact avec vous et vous demander des comptes : « Eh bien, où est mon café ? »

Ce raz-de-marée Twitter gagne aujourd'hui également la presse allemande, bien que celle-ci se soit longtemps montrée suspicieuse à l'égard d'Internet. Ainsi Spiegel, leader de la presse magazine en Allemagne, a par exemple un compte Twitter qui, de tous les comptes Twitter en langue allemande, est le second à être le plus consulté... ce qui aide chaque jour l'hebdomadaire à augmenter son lectorat. Même si la contrepartie est une certaine prise de risque : « Les organes de presse traditionnels commencent à réaliser qu'ils doivent engager avec leurs lecteurs un véritable échange, mais cela présente pour eux des désavantages, car, en diffusant des informations via les réseaux sociaux, ils s'exposent à ce que leur public décèle des erreurs dans leurs messages, ce qui peut être très embarrassant... », souligne Mario Sixtus, journaliste web vedette en Allemagne, et directeur de la société de production vidéo Blinkenlichten. Mais sa remarque ne vaut-elle pas, au fond, pour tous les détenteurs de comptes sur des réseaux sociaux ?

Voir l'article original sur le site du CIDAL : Les entreprises allemandes se mettent à l'heure des réseaux sociaux

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