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La start-up berlinoise Wefactory : des meubles et de l'émotion

17 août 2016

Des étagères, des chaises, une lampe... La start-up berlinoise Wefactory propose sur sa plate-forme de nombreux meubles à construire soi-même. Boris Brüllmann, le directeur de cette jeune entreprise, explique son projet étroitement lié au renouveau du "Do It Yourself".

Comment avez-vous eu l'idée de Wefactory ?

Le déclic c'était peut-être mon déménagement en Allemagne (en 2011), il y a cinq ans. J'avais un nouvel appartement mais sans aucun meuble. J'ai trouvé sympa de faire moi-même deux ou trois mobiliers. Quand j'ai commencé, je me suis vraiment amusé et j'ai pensé que d'autres personnes pouvaient également avoir cette même sensation de fierté après la construction d'un meuble.

J'ai réalisé toutes les démarches pour monter une start-up et je me suis lancé dans un accélérateur. J'ai fais tout le programme l'été dernier (en 2015) puis j'ai rassemblé une petite équipe et maintenant nous sommes dans la phase de lancement d'une nouvelle version. Avant cela, pendant notre période d'essai, nous avons prouvé la viabilité du projet.

En quoi consiste cette nouvelle version ?

Les designers montrent sur des vidéos comment monter les meubles. Le client reçoit le kit, le tutoriel et les outils. Tout ce projet part du constat que de plus en plus de personnes aimeraient faire des choses par eux-mêmes. Je pense qu'il y a un retour vers la personnification de son propre espace de vie. Dans le monde hyper-connecté, où tout le monde peut avoir le même produit, certaines personnes ont envie de se détacher du tout-au-numérique. Ils ne peuvent plus se rattacher aux mêmes repères qu'avant. L'objectif de Wefactory est de recréer quelque chose chez soi, une nouvelle identité.

Selon vous, ce regain du "Do It Yourself" est dû à cette période du tout au numérique ?

Il y'a plusieurs explications. Il est vrai que certaines personnes veulent se dissocier de cette société informatisée. Mais d'autre part, les nouveaux médias permettent de nouvelles approches dans la customisation et la communication. Nous pouvons avoir accès facilement à un plus grand nombre de personnes.

Dans un second temps, je pense qu'il y a un retour à une connaissance plus matérielle. Aujourd'hui, plus personne ne sait réparer une voiture en cas de panne. J'ai l'impression que certains individus ont envie de revenir à ce genre de capacité plus manuelle, plus terre-à-terre. Notamment à Berlin, qui est une ville propice à ces expériences. Beaucoup de Berlinois tentent de créer leur propre environnement et donc de tout faire par eux-mêmes.

Comment trouvez-vous vos idées ?

Nous avons créé une petite communauté sur le réseau social Pinterest pour voir les produits et les tendances en vogue. C'est très pratique pour obtenir de nouvelles inspirations. Ces découvertes nous donnent des directives. En ce moment, on sait que des matériaux comme le bois et le cuivre sont très demandés. La nouvelle collection sera donc assez influencée par ces deux composants.

Vous parlez de collection comme dans la mode...

Oui, ce serait quelque chose de nouveau. Nous espérons pouvoir faire de nouvelles collections tous les six mois avec des matériaux originaux et des approches différentes. La vision serait de construire tous les meubles d'une maison avec de multiples inspirations pour se différencier un peu plus des gros fabricants comme IKEA.

Que pensez-vous d'IKEA ? Et qu'est-ce qui vous différencie d'eux ?

Je trouve que c'est en partie formidable. Ça transpire l'intelligence ! Certains meubles sont fabuleux et accessibles à tous. Beaucoup de personnes adorent monter leurs meubles, contrairement à ce que l'on peut penser. Après, la manière de produire et de sous-exploiter de la main d'oeuvre dans des pays défavorisés, je ne peux pas dire que ce soit notre idéal.

Nous sommes bien plus basés sur la communauté. Les clients peuvent communiquer entre eux. Nous vendons un "kit" mais après chacun est libre d'en faire ce qu'il veut. Nos meubles sont bien plus personnalisables que ceux d'IKEA. Tu as une émotion avec ton mobilier parce que tu l'as créé du début à la fin. Ce n'est pas juste de l'assemblage mais plus du bricolage. Chaque meuble doit être un peu différent, une pièce unique. On mise sur l'expérience que les gens auront autour de leur produit. Il y a aussi une interaction possible avec les designers avec qui les clients peuvent échanger.

Retrouvez l'article original rédigé par Antoine Belhassen (du 6 avril 2016) sur le site de notre partenaire ParisBerlin : Wefactory, des meubles et de l'émotion

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