Connexion-Emploi

Le site emploi franco-allemand

La sortie du nucléaire, une chance pour l’économie allemande, selon l’institut DIW

7 juin 2011

Handicap coûteux ou opportunité ? La décision allemande d'abandonner l'énergie nucléaire d'ici à 2022 a fait couler de l'encre. Le gouvernement d'Angela Merkel, qui a tranché après avoir recueilli l'avis de deux commissions d'experts, a lui-même qualifié cette transition énergétique de défi. Mais il y voit un objectif réalisable et, bien plus, une opportunité pour l'économie allemande.

L'Institut allemand de recherche économique (DIW) souscrit à cette analyse. Selon la directrice de son département Énergie, transports et environnement, Claudia Kemfert, l'abandon de l'atome devrait générer de nombreux investissements.

Nombreux investissements en perspective

"Les opportunités économiques sont plus importantes que les risques car plusieurs centaines de milliards d'euros d'investissements verront le jour au cours des prochaines décennies qui, à leur tour, créeront de la valeur et généreront des emplois", a expliqué Mme Kemfert, mardi, sur le site internet du quotidien économique Handelsblatt. "Il importe, cependant, que les institutions financières et les banques suivent et qu'elles réduisent leurs primes de risque", ajoute-t-elle.

L'économiste, qui enseigne l'économie de l'énergie et du développement durable à la Hertie School of Governance, juge que les projets gouvernementaux sont "réalistes et faisables" puisque la part des énergies renouvelables augmentera parallèlement au démantèlement des centrales nucléaires. Le processus profitera à des entreprises comme Siemens, engagée dans la production de turbines éoliennes et dans le développement de solutions pour améliorer l'efficacité énergétique, et surtout aux producteurs et distributeurs d'électricité issue de sources renouvelables, notamment aux régies municipales.

Enfin, Mme Kemfert ne s'attend pas à ce que l'abandon du nucléaire fasse exploser le prix de l'électricité comme certains le redoutent. Selon elle, la transition énergétique créera des facteurs de hausse et des facteurs de baisse des prix. "Les investissements et le mécanisme de bourse de l'électricité, ainsi que l'augmentation de la redevance versée pour l'utilisation du réseau électrique et la hausse du cours du carbone joueront à la hausse". Les importations, l'exacerbation de la concurrence et la réduction du prélèvement sur l'électricité [...] influeront à la baisse. "Au bout du compte, les prix de l'électricité ne devraient augmenter que légèrement", conclut l'économiste.

Voir l'article original sur le site du CIDAL : La sortie du nucléaire, une chance pour l'économie, selon l'institut DIW

© www.cidal.diplo.de