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Du diplôme franco-allemand à l'emploi : un cap à franchir

17 mars 2010

Un diplôme franco-allemand, mais pour quoi faire ? Comment une telle qualification est-elle appréciée sur le marché du travail ? Au-delà du diplôme en soi, les entreprises y voient surtout une preuve de la possibilité de s'intégrer et de travailler dans un espace international. Un atout à mettre en valeur au moment de l'arrivée sur le marché de l'emploi. TEXTE : SÉBASTIEN VANNIER



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La crise économique actuelle n'a fait qu'accentuer un phénomène bien connu : la difficulté des jeunes, même qualifiés, à entrer sur le marché du travail. En ces temps diffi ciles et compétitifs, les jeunes Français et Allemands issus des cursus binationaux ont un argument de poids à faire valoir, à savoir leur capacité à s'intégrer plus facilement à différents contextes. Cette qualité n'est pas négligeable à l'heure où l'évolution fait que ceux qui arrivent maintenant sur le marché de l'emploi seront régulièrement appelés à changer de service, d'entreprise, voire de branche.


Les PME également concernées


En effet, si la crise a fortement ralenti le marché du travail, il n'en reste pas moins que les entreprises sont toujours à la recherche de jeunes diplômés ayant l'expérience des deux pays et de leur culture entrepreneuriale. Les ingénieurs, les commerciaux ou les étudiants en marketing restent, sans surprise, parmi les plus prisés. Parmi les recruteurs, il n'est donc pas étonnant de trouver des noms de grands groupes comme EADS, Siemens ou encore EDF et EnBW qui ont établi un programme commun de recrutement. "Mais les PME sont également concernées", explique Margarete Riegler-Poyet, directrice du service Formations au sein de la Chambre de commerce franco-allemande. "Notamment quand il s'agit de développer ou des consolider les relations commerciales avec l'Allemagne ou la France".


Cependant, les débouchés pour les jeunes diplômés des cursus franco-allemands ne se limitent pas aux relations entre ces deux pays. "Nous avons vu l'exemple, raconte Margarete Riegler-Poyet, d'un jeune diplômé français de notre formation Cadre Commercial Franco-Allemand trilingue qui a travaillé dans la fi liale française d'une entreprise allemande pendant la formation. Il a ensuite été embauché pour créer la filiale de ce groupe allemand à Dubaï. Cela prouve que ces cursus ouvrent des portes au niveau international."


Plus de liens avec la pratique


Pour faciliter ce passage de la formation à l'emploi, l'Université Franco-Allemande a mis en place des ateliers d'entraînement interculturel à la candidature. Pamela Stenzel, qui est avocate et vice-présidente de l'association des amis de l'Université franco-allemande, intervient lors de ces week-ends d'atelier.


"Ces cursus intégrés, explique-t-elle, permettent de développer les capacités linguistiques bien plus qu'une année Erasmus par exemple. Même en sachant que l'anglais est incontournable, l'allemand n'est pas à négliger car il arrive en deuxième position dans les langues recherchées par les entreprises. Il ne faut pas oublier qu'il s'agit du premier partenaire commercial et il y a des milliers de postes de cadre à pourvoir dans cette branche".


Si les premiers cursus franco-allemands sont apparus il y a une vingtaine d'années désormais, leur nombre a considérablement augmenté dans les dix, voire cinq dernières années. Cela est lié évidemment à l'impact de l'Université Franco-Allemande mais aussi à la mobilité des étudiants qui a été accrue au sein de l'Union Européenne. Encore jeunes donc, ces cursus franco-allemands peuvent encore progresser dans l'ensemble, estime Pamela Stenzel : "Ces cursus franco-allemands sont évidemment soumis à un système d'évaluation et se sont donc améliorés. Par exemple, il est important à mon avis, d'établir des échanges plus fréquents avec la pratique. Cela permet notamment d'acquérir des compétences linguistiques techniques. Il est important
d'offrir plus de possibilités de stages".


TEXTE : SÉBASTIEN VANNIER