Connexion-Emploi

Le site emploi franco-allemand

Croissance : le dynamisme allemand se confirme

11 avril 2011

En Allemagne, les principaux instituts d'analyse macroéconomique revoient leurs prévisions de croissance nettement à la hausse. Selon leur rapport commun de printemps, le produit intérieur brut (PIB) allemand pourrait s'accroître de 2,8 % en 2011 (au lieu de 2,0 % prévus à l'automne dernier) et de 2 % en 2012.

L'Allemagne devrait ainsi continuer à jouir d'une croissance vigoureuse au-delà du rapide rattrapage économique enregistré l'année dernière (3,6 % de croissance en 2010). Le chômage devrait continuer à fondre, les salaires augmenter et les déficits publics s'amenuiser rapidement.

L'Allemagne « a chaussé ses bottes de sept lieues »

Le ministre allemand de l'Économie et de la Technologie, Rainer Brüderle, a résumé la situation en une formule : « L'Allemagne a chaussé ses bottes de sept lieues ». De fait, les perspectives de croissance actuelles la placent parmi les pays industrialisés les plus dynamiques. Dans l'industrie, par exemple, les carnets de commandes sont pleins et les usines tournent à plein régime. Selon des statistiques publiées jeudi, la production industrielle vient encore d'enregistrer une hausse de 1,6 % entre janvier et février.

Ce dynamisme ne repose plus seulement sur les exportations, analysent les économistes. Modération des taux d'intérêt, baisse du chômage et hausse des salaires ont redonné de la vigueur à la demande intérieure. Cette dernière s'affirme ainsi de plus en plus en tant que moteur de la croissance, aux côtés des exportations.

Le commerce extérieur ne décline pas pour autant. Au contraire. Selon le rapport, l'excédent de la balance allemande des paiements courants devrait grimper cette année de 141,4 milliards d'euros à 153,4 milliards d'euros. Il anticipe, par ailleurs, une croissance mondiale de 3,4 % en 2011 et de 3,3 % en 2012. Une tendance confirmée par l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui s'attend, elle aussi, à une augmentation importante des échanges commerciaux internationaux en 2011.

Source d'optimisme

Ressenties dans de larges franges de la population, ces perspectives amènes nourrissent l'optimisme des Allemands. Un sondage publié par la chaîne de télévision ARD vient ainsi de révéler que les trois quarts d'entre eux considèrent leur situation économique actuelle comme « bonne » ou « très bonne » - un chiffre inédit depuis 1998.

Ce qui leur donne le plus d'espoir est, sans aucun doute, l'évolution du marché du travail. En baisse depuis de nombreux mois, le taux de chômage (7,7 % en 2010) est tombé à son niveau le plus bas depuis une vingtaine d'années. Et ce n'est apparemment qu'un début. Dorénavant, les économistes rivalisent à la baisse dans leurs prévisions.

Le rapport des instituts d'analyse macroéconomique table ainsi sur la création de 430 000 emplois en 2011 et sur une baisse du chômage de 3,2 millions en 2010 à 2,888 millions. Le taux de chômage allemand serait ramené à 6,9 % cette année et à 6,5 % en 2012. Certaines régions connaissent d'ailleurs déjà une situation de quasi plein-emploi. La presse se fait, en outre, l'écho d'une pénurie de main-d'œuvre qualifiée qui semble chaque jour plus criante. Une fois n'est pas coutume, cette dernière place désormais les jeunes diplômés et les salariés en position de force sur le marché de l'emploi.

Hausse des salaires

Dans ce contexte, les économistes s'attendent également à une poursuite de la hausse des rémunérations. L'année 2010 avait donné les premiers signes d'augmentation après une décennie de modération salariale. La croissance des difficultés de recrutement devrait enraciner cette tendance en aiguisant l'appétit des salariés.

Les économistes ajoutent toutefois un double bémol. D'une part, la hausse des prix à la consommation devrait atteindre 2,4 % cette année, et raboter ces gains salariaux. De l'autre, la revalorisation des salaires nominaux devrait faire basculer de nombreux contribuables dans la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu. Cumulé à l'alourdissement des charges sociales, ce phénomène devrait réduire l'augmentation des salaires bruts, estimée à 3,8 % en moyenne, à 3,5 % après impôt et cotisations.

Consolidation budgétaire

Enfin, le dynamisme de la croissance allemande devrait nettement améliorer la situation des finances publiques. Le déficit budgétaire allemand devrait ainsi passer de 3,3 % à 1,7 % cette année. Mieux : il pourrait refluer de manière encore plus drastique en 2012 pour atteindre 0,9 %.

En savoir plus (en allemand) :

Voir l'article original sur le site du CIDAL : Croissance : le dynamisme allemand se confirme

© www.cidal.diplo.de