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Beaucoup d’Allemands veulent travailler davantage

9 juillet 2013

Travailler moins ? Ce n'est pas le rêve des Allemands, si l'on en croit une enquête de l'Office fédéral des statistiques (destatis). En 2011, le nombre d'actifs de 15 à 74 ans souhaitant travailler davantage était près de quatre fois supérieur à celui des personnes souhaitant travailler moins.

Cela représente un contingent de 31,6 millions d'heures de travail non effectuées par an, soit environ 790 000 emplois à temps plein (40h/semaine). À l'heure où elle souffre d'une pénurie croissante de main-d'œuvre qualifiée, l'Allemagne fait un constat : un important potentiel reste inexploité.

Selon destatis, 3,7 millions d'Allemands auraient aimé travailler davantage en 2011. Près de la moitié d'entre eux (1,7 million) sont pourtant déjà employés à temps plein pour une durée d'au moins 32 heures par semaine. Les hommes sont très largement surreprésentés (plus de 75 %) dans cette catégorie. À l'inverse, les femmes sont majoritaires (environ 70 %) parmi les quelque deux millions de salariés qui souhaitent travailler plus, mais qui sont à temps partiel.

À l'inverse, seuls 929 000 actifs déclarent vouloir travailler moins. Il s'agit en priorité de personnes qui travaillent à temps plein (91 %). Elles souhaitent, en moyenne, réduire leur temps de travail de 11,7 heures par semaine.

Les personnes qui se sentent sous-employées, de leur côté, aimeraient effectuer en moyenne 11,5 heures de plus par semaine. Mais il existe des différences notables en fonction des situations. Les salariés à plein temps aimeraient ainsi travailler 6,9 heures de plus, les salariés à temps partiel 15,5 heures de plus.

Un potentiel de travail inutilisé

Simultanément, une autre étude pointe un autre gâchis, cette fois directement lié à de faux préjugés. Elle a été menée auprès de 306 entreprises travaillant dans les soins à la personne, l'artisanat et la gastronomie par l'Institut pour la démoscopie d'Allensbach pour le compte de l'Agence fédérale pour l'emploi (BA). Elle démontre que les chômeurs de longue durée deviennent souvent de très bons salariés lorsqu'on leur offre une deuxième chance.

Une fois arrivés dans l'entreprise, ils apparaissent ainsi à leurs employeurs motivés, flexibles, fiables, capables de travailler en équipe et qualifiés. « Les anciens bénéficiaires de l'allocation Hartz IV (versée aux chômeurs de longue durée, ndlr) sont motivés et engagés dans leur travail malgré, ou peut-être à cause des hauts et des bas qu'ils ont connus au fil de leur parcours », commente Heinrich Alt, membre de la direction de l'Agence fédérale pour l'emploi. « Les entrepreneurs doivent donc laisser de côté leurs réticences et offrir une opportunité de formation ou d'emploi aux bénéficiaires de minima sociaux. »

Ceux qui ont fait l'expérience d'embaucher d'anciens chômeurs de longue durée ne diront pas le contraire. Les deux tiers se déclarent satisfaits, un quart est même très satisfait. La moitié jugent que l'embauche de chômeurs a permis de répondre efficacement à un manque de main-d'œuvre qualifiée. Et surtout : les trois quarts se déclarent prêts à embaucher à nouveau un tel profil.

Selon M. Alt, les entreprises n'ont d'ailleurs plus vraiment le choix. « La démographie et la pénurie croissante de main-d'œuvre qualifiée nous imposent une direction claire : aucun talent ne doit rester inexploité », explique-t-il.

Source : allemagne.diplo.de