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Allemagne : les clés d'un succès

11. Januar 2011

La quatrième puissance économique mondiale et locomotive de la zone euro va enregistrer une croissance d'environ 3,6% en 2010. Pour 2011, les experts tablent sur 2 à 3 %. Avec un chômage au plus bas depuis 1992 (7,2%) et des finances publiques relativement saines, l'Allemagne laisse de nombreux Européens rêveurs. Forces et faiblesses d'un géant économique.

Le succès allemand tient principalement à son réseau performant de moyennes et grandes entreprises proposant des produits à forte valeur ajoutée ainsi que des services haut de gamme. Volkswagen, Daimler, Siemens, E.ON, Deutsche Telekom, BASF, BMW ou SAP sont autant d'exemples d'une qualité reconnue qui garantit au pays une balance positive du commerce extérieur. Le premier partenaire commercial de l'Allemagne est la France (environ 10% des ventes) mais la Chine est un marché d'avenir. 60 % des importations chinoises depuis l'Europe se font en Allemagne. Tant que l'Empire du milieu n'aura pas ce savoir faire, les industriels d'outre-Rhin peuvent se frotter les mains.

Une compétitivité payée au prix fort

La capacité de l'Allemagne à produire de la qualité à des pris compétitifs est également liée à la politique de l'ancien chancelier Gerhard Schröder et de son controversé Agenda 2010. Empruntant son nom à la stratégie de Lisbonne 2010, devant faire de l'UE « l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d'ici 2010 », Schröder introduisit en 2003 des mesures de modération salariale, tirant les salaires vers le bas. Ainsi apparurent les mini-jobs ou l'obligation de travailler pour les chômeurs, les fameux jobs à un euro de l'heure.

Bien que la situation allemande reste enviable comparée à d'autres pays européens, tout n'est pas rose. Ici, l'augmentation progressive de l'âge de la retraite à 67 ans n'a pas fait de grandes vagues, tout comme les mesures d'épargne drastiques votées au Bundestag fin novembre : l'Etat va économiser 80 milliards d'euro d'ici 2014 (pour un budget d'environ 270 milliards par an), du jamais vu en RFA. Les experts, rassurés, voient l'Allemagne atteindre son PIB d'avant crise d'ici fin 2011, mais cela ne résout pas des problèmes d'une tout autre importance.

Une population en constante diminution

La population allemande vieillit. Bien que réformé, le système des retraites va se trouver immanquablement sous pression car les Allemands ont le taux de fertilité le plus bas d'Europe. Pire, le pays n'est plus attractif pour bon nombre de diplômés qui vont chercher leur bonheur ailleurs, le solde migratoire est ainsi négatif depuis 2008. Résultat, la population allemande diminue. L'Association des ingénieurs allemands a d'ailleurs déjà tiré la sonnette d'alarme : l'industrie a besoin de 40 000 ingénieurs, un manque à gagner considérable. Rainer Brüderle, ministre de l'Economie, a proposé un système de points pour sélectionner les candidats à l'immigration, comme au Canada. Une idée remise en cause au sein de la conservatrice CSU, par Horst Seehofer notamment, surfant actuellement sur la vague Sarrazin (Un ancien gouverneur de la banque centrale allemande qui, en publiant Deutschland Schafft sich ab, un livre très critique sur les émigrés, a rencontré un vif succès). L'impératif économique semble avoir laisser place, comme souvent, aux calculs politiciens.

Voir l'article original du Petit Journal : Allemagne : les clés d'un succès

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