Berlin adopte une nouvelle stratégie énergétique

CIDAL Nouvelle stratégie énergétiqueLe gouvernement allemand a entériné et présenté hier, à Berlin, sa nouvelle stratégie énergétique. Elle vise à faire entrer l'Allemagne dans "l'ère du renouvelable" à l'horizon 2050. Les énergies renouvelables devront alors couvrir 80 % de la consommation d'électricité au lieu de 16 % aujourd'hui.

Pour y parvenir, le gouvernement a décidé d'allonger la durée de vie des centrales nucléaires, d'accélérer l'émergence de l'éolien offshore, de développer le réseau électrique et les capacités de stockage de l'électricité, de stimuler la recherche fondamentale et d'inciter à la rénovation énergétique des bâtiments. Le secteur de l'énergie sera mis à contribution grâce à la création d'une taxe sur les combustibles fossiles et d'un fonds pour l'énergie et le climat.

Entrer dans "l'ère du renouvelable" d'ici à 2050

"Il s'agit du programme énergétique et environnemental le plus ambitieux et le plus cohérent jamais adopté en Allemagne", s'est félicité le ministre allemand de l'Environnement, Norbert Röttgen. Il contient des objectifs, des mesures et des solutions de financement "concrets".

La nouvelle stratégie planifie le passage d'une économie basée sur les énergies fossiles à une économie propre. L'enjeu est complexe : il faut considérablement accélérer la montée en puissance des énergies renouvelables pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. L'Allemagne a pris des engagements ambitieux en la matière : elle entend réduire ses émissions de CO2 de 40 % (par rapport à 1990) d'ici à 2020. Mais il convient de le faire sans faire exploser le prix de l'électricité, ni mettre en danger la sécurité d'approvisionnement.

Le nucléaire, technologie de transition

Or, les énergies renouvelables ne sont pas prêtes à prendre immédiatement le relais des énergies fossiles. Leur développement exige des investissements de taille qu'il faut financer. Leur production est intermittente : elle requiert le maintient de capacités de production alternatives et le développement des capacités de stockage. Enfin, le réseau électrique n'est pas prêt. Il est insuffisamment développé pour acheminer l'électricité d'origine renouvelable produite principalement au nord vers les régions du sud, qui sont économiquement les plus dynamiques. Il doit, en outre, évoluer vers des technologies nouvelles ("réseaux intelligents") pour mieux intégrer la production intermittente d'origine renouvelable.

Dans ce contexte, le gouvernement allemand entend donner à l'énergie nucléaire le rôle de "technologie de transition". Il ne revient pas sur le principe de la sortie du nucléaire, adopté il y a dix ans. Mais il prolonge la durée de vie des centrales existantes. Il entend, par ailleurs, récupérer une partie des profits supplémentaires engrangés par les exploitants de centrales via de nouvelles taxes. La taxe sur les combustibles fossiles doit générer 2,3 milliards d'euros de recettes fiscales par an entre 2011 et 2016. Le fonds pour l'énergie et le climat doit rapporter 1,4 milliard d'euros, au total, sur la même période. Une partie de cet argent doit soutenir le développement des énergies renouvelables.

Programme en dix points

La nouvelle stratégie énergétique de Berlin comprend, par ailleurs, un programme d'investissements immédiats dans les énergies renouvelables. Il se décline en dix mesures à réaliser d'ici à la fin de 2011. Parmi elles figure un programme de crédit de cinq milliards d'euros pour accélérer la mise en place de dix parcs éoliens offshore au large des côtes allemandes. Il est aussi prévu de mettre en réseau plusieurs parcs éoliens en mer du Nord et en mer Baltique et de les raccorder au réseau. Enfin, Berlin entend renforcer la transparence et la concurrence sur le marché de gros de l'électricité et lancer un programme d'investissements sur dix ans qui doit permettre d'étendre les réseaux électriques. Le ministère de l'Éducation et de la Recherche va, par ailleurs, lancer de nouveaux programmes de recherche fondamentale sur les réseaux et sur les accumulateurs.

Rénovation énergétique

Toutes ces mesures en faveur des énergies renouvelables s'accompagneront d'efforts pour améliorer l'efficacité énergétique. Elles concerneront notamment le secteur du logement. L'Allemagne compte 18 millions de bâtiments. Mais seul un tiers d'entre eux répond aux normes les plus modernes en la matière, a souligné le ministre des Transports, de la Construction et de l'Urbanisme, Peter Ramsauer. La nouvelle stratégie énergétique comprend donc des mesures d'incitation financière pour inviter les propriétaires à rénover massivement leurs logements. Berlin veut réduire la consommation d'énergie d'origine non renouvelable de 80 % d'ici à 2050.

Voir l'article original sur le site du CIDAL : Berlin adopte une nouvelle stratégie énergétique

© www.cidal.diplo.de