Croissance : l'Allemagne prend le chemin d'un essor durable

CIDAL CroissanceSelon de nombreux spécialistes, l'économie allemande ne se contente pas de rattraper le terrain perdu pendant la crise. Elle semble promise à un essor durable. Alors que les réformes ont dopé sa compétitivité, la baisse des taux d'intérêt dans la zone euro devrait stimuler les investissements. La pénurie de main-d'œuvre qualifiée devrait peu à peu provoquer une hausse des salaires. La croissance allemande devrait s'appuyer de plus en plus sur la demande intérieure.

Fruit des efforts d'hier

Tel est, en tout cas, le scénario esquissé par le quotidien économique "Handelsblatt", au terme d'une enquête auprès d'éminents économistes. "L'Allemagne semble enfin près d'atteindre les sept années de vaches grasses", commente ainsi Daniel Gros, directeur de l'institut de recherche bruxellois CEPS. Elle a "considérablement" amélioré sa compétitivité grâce aux réformes de l'Agenda 2010 et aux efforts consentis par les entreprises, les syndicats et les salariés. Elle en "récolte aujourd'hui les fruits", ajoute Mohammed el Erian, directeur de la célèbre société américaine spécialisée dans la gestion de fonds d'obligations Pimco.

L'optimisme gagne même les plus sceptiques, souligne le "Handelsblatt". C'est le cas du patron de l'institut Ifo, Hans-Werner Sinn. Après avoir longtemps critiqué le modèle de croissance allemand, ce dernier prédit aujourd'hui des années d'expansion. L'indice Ifo du climat des affaires est à son niveau le plus élevé depuis trois ans. De leur côté, les économistes de Goldman Sachs, de la Deutsche Bank et de Barclays Capital Deutschland s'attendent à une croissance deux fois plus élevée en Allemagne que dans la zone euro en 2010 et en 2011. Le Fonds monétaire international (FMI) table sur une croissance de 3,3 % en 2010 et de 2 % en 2011, selon le magazine "Der Spiegel".

Taux d'intérêt

La raison de cet optimisme est liée à l'évolution des taux d'intérêt en Europe. Ces dernières années, ils étaient trop élevés pour un pays à faible croissance et à faible inflation tel que l'Allemagne. Or, des taux d'intérêt réels élevés réduisent la rentabilité des investissements. "Au cours des quinze dernières années, nous avons connu le taux d'investissement net le plus faible des pays de l'OCDE", souligne M. Sinn. La crise a renversé la donne. Aujourd'hui, l'Allemagne profite d'autant mieux de l'affaiblissement des taux qu'elle a dopé sa compétitivité.

Relance de la consommation

Selon les économistes, le rattrapage allemand devrait notamment se traduire par une augmentation des prix de l'immobilier. Ces derniers sont restés très sages ces dernières années. Les analystes prévoient également une hausse des salaires et de l'inflation. "La main-d'œuvre va rapidement se raréfier. Une croissance accélérée des salaires est prévisible", estime Dirk Schumacher de Goldman Sachs. Ces facteurs devraient relancer la consommation des ménages allemands. Ils devraient également rétablir un certain équilibre au moment où les débouchés européens vont se rétrécir pour les exportateurs allemands.

Voir l'article original sur le site du CIDAL : Croissance : l'Allemagne prend le chemin d'un essor durable

© www.cidal.diplo.de