ESG: Une entreprise dans le vent qui voit haut et loin

ESG Une entreprise dans le vent qui voit haut et loinVolkswagen et Eurocopter comptent parmi les clients d'ESG, l'entreprise d'Oliver Nass spécialisée dans les systèmes électroniques. TEXTE : JACQUES BOUTELET


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Une tour dans la banlieue nord de Paris, à Saint-Denis. Au vingtième étage, de simples bureaux dominent les usines et les entrepôts lacérés par des voies rapides. Sur la porte d'entrée, trois lettres discrètes : ESG. Un PDG, jeune, à l'allure d'un brillant étudiant bardé de diplômes internationaux de sciences économiques et de management, le front haut, décontracté. Oliver Nass est allemand mais possède la double nationalité française. Il communique en français ou en anglais aussi facilement que dans sa langue maternelle. C'est lui qui est arrivé tout seul à Paris, il y a cinq ans, comme un pionnier, pour observer, défricher le terrain et prendre des contacts. Dans ses bagages, savoir-faire et compétence : les 45 ans d'expérience de sa société, installée à Munich, en matière d'innovation de systèmes électroniques.

L'histoire remonte aux années 60. Les Starfighters américains qui équipent l'armée de l'air allemande s'écrasent les uns après les autres. En treize ans, trente d'entre eux vont au tapis. Motif : l'électronique embarquée aux normes américaines semble incompatible avec les systèmes allemands. ESG est appelé au secours, comme arbitre, pour remettre de l'ordre dans tout cela. La coordination des deux systèmes est enfin trouvée et l'avion vole normalement. Ce succès a des retombées immédiates pour le groupe allemand. Il décroche alors un contrat avec BMW et réalise sur les voitures de la série 7 l'affichage "tête haute", c'est-à-dire les indications essentielles de conduite en surimpression sur le pare-brise ; procédé déjà utilisé dans l'aviation de combat. Tout en participant à de grands projets européens, l'idée à ESG de montrer le bout de son nez en France et d'y exporter sa compétence.

Il y a de la concurrence, mais le marché est en plein développement. Les constructeurs français tournent la page du mécanique pour se lancer dans le tout-électronique: injection, climatisation, limiteur ou régulateur de vitesse, EPS, phares directionnels, détecteur d'obstacles, etc. "Il faut savoir, explique Oliver Nass, qu'une Peugeot 407 possède plus d'électronique que l'avion Concorde ! Nous avions appris à maîtriser à fond cette technologie nouvelle. La première année de son arrivée à Paris, Oliver Nass signe un contrat avec PSA, puis avec le groupe Volkswagen-Audi-France. Les avions ? Il se contente de regarder le ciel mais jette un coup d'oeil vers Marseille, du côté des usines Eurocopter. Un an après, c'est fait, un contrat est scellé. Il faut désormais recruter. On frappe à la porte des grandes écoles françaises d'ingénieurs : 40 employés rejoignent le groupe en 2008 ; 60 en 2009. Un succès qui repose d'ailleurs sur les hommes, sur une dynamique.

Un ingénieur d'ESG est capable d'expliquer en cinq lignes à un client la technique et son application. Mais il ne suffit pas de concevoir et de tester, il faut savoir entretenir et réparer. Les concessionnaires maîtrisent mal l'après-vente. Alors ESG anticipe et installe en 2008, à Bordeaux, un centre de formation où les responsables d'ateliers du groupe VW France viennent suivre des stages. Le chiffre d'affaires s'envole. En 2009, il est stable ; ce qui est considéré comme un succès en cette année de crise. On se lance dans les logiciels chargés d'évaluer le comportement d'un pilote ou d'un conducteur, comme l'assoupissement ou la vigilance. On réalise un système permettant à un hélicoptère d'atterrir sur n'importe quel terrain alors que le pilote est aveuglé par un nuage de sable ou de neige. Des capteurs aux yeux perçants voient à travers la poussière, calculent la distance avec le sol. Par mode ou nécessité écologique, ESG vient de présenter la voiture photovoltaïque dont le toit est fait de panneaux solaires. "Nous souhaitons être les leaders dans ce domaine", insiste Oliver Nass. Traduisez par là qu'ESG entend poursuivre son chemin en France et progresser encore plus rapidement sur ce marché.

TEXTE : JACQUES BOUTELET