Vers un soutien personnalisé pour la recherche d’emploi en Allemagne

CIDAL Soutien personnalisé pour la recherche d’emploi en AllemagneSubventions salariales, coaching, aide spécifique dans les agences pour l'emploi : à partir de 2015, le gouvernement allemand va mettre en place des programmes individualisés pour aider les chômeurs de longue durée à retrouver un emploi. La ministre allemande du Travail et des Affaires sociales, Andrea Nahles, en a présenté les grandes lignes mercredi.

« Chacun a mérité d'avoir sa chance »

En effet, après avoir atteint un pic en 2006 (1,9 million de personnes), puis fortement baissé, le nombre de chômeurs de longue durée stagne en Allemagne depuis 2010. À l'heure actuelle, environ 1,1 million de personnes sont en recherche d'emploi depuis plus d'un an, soit quelque 40 % des demandeurs d'emploi.

« Après les réformes du marché du travail, le nombre de chômeurs de longue durée a [nettement] baissé », constatait ainsi la ministre dans une récente interview. « Le principe ‘encourager et exiger' a donc fonctionné. Mais aujourd'hui, nous sommes arrivés à un point où cela ne bouge plus beaucoup. Nous avons cru pendant trop longtemps que la conjoncture favorable allait donner du travail à tout le monde ».

Le chômage de longue durée a de nombreux visages

Pour Mme Nahles, il va de soi que « chacun a mérité d'avoir sa chance ». Le problème est que les profils des chômeurs de longue durée sont variés. Les obstacles au retour à l'emploi sont donc multiples : faible niveau scolaire ou manque de qualifications, âge supérieur à 55 ans, parent élevant seul son enfant, problèmes de santé.

Dans ce contexte, « seules des approches spécifiques » peuvent apporter des solutions, estime la ministre. L'enjeu est d'apporter, autant que possible, une réponse au cas par cas aux problèmes sociaux, humains, médicaux et bien sûr de formation qui éloignent les personnes de l'emploi. Les mesures en préparation sont donc plurielles, et les programmes taillés sur mesure.

Accompagnement personnalisé

Pour commencer, le gouvernement allemand va pérenniser un millier de postes de conseillers spécialisés dans les quelque 400 agences pour l'emploi. Ces postes avaient été créés dans le cadre d'un programme de retour à l'emploi des plus de 50 ans. Ils seront redéployés dans des « centres d'activation » aménagés au sein des agences pour l'emploi. Ces centres auront les compétences pour traiter individuellement les difficultés de retour à l'emploi.

Subventions salariales et coaching

La ministre a, par ailleurs, annoncé un programme de 885 millions d'euros sur cinq ans (2015-2019), financé à hauteur de 470 millions d'euros par le Fonds social européen. Il aura pour objectif de réintégrer dans l'emploi classique quelque 33 000 chômeurs de longue durée sans qualification.

Ce programme comporte deux aspects. Le premier est celui des subventions salariales : en cas d'embauche, l'employeur se verra rembourser par l'État 75 % du coût salarial pendant une durée allant jusqu'à 18 mois. Selon la presse allemande, ces subventions sont l'instrument le plus efficace pour favoriser le retour durable à l'emploi. Il n'est cependant pas toujours aisé de trouver des entreprises candidates.

Le deuxième volet est celui de l'accompagnement : le chômeur bénéficiera d'un coach personnel, y compris après la reprise d'emploi. Ce coach pourra régler d'éventuels problèmes avec l'employeur, et soutenir la motivation du salarié. Il s'agit aussi d'éviter que le nouveau salarié ne quitte son emploi au bout de quelques mois, un cas assez fréquent.

Améliorer la participation sociale des personnes les plus éloignées de l'emploi

Enfin, Andrea Nahles a annoncé un programme spécifique pour les personnes n'ayant plus aucune chance de réintégration dans l'emploi classique. Celui-ci permettra à 10 000 demandeurs d'emploi de longue durée d'obtenir un emploi public subventionné jusqu'à une hauteur de 100 % du coût salarial.

Ce programme ciblera particulièrement deux types de chômeurs : les personnes ayant des difficultés de santé et les personnes élevant des enfants. Il s'agit de faire en sorte que ces derniers aient un modèle leur permettant de comprendre l'importance du travail. Ce programme doit débuter en juillet 2015. Il doit coûter 75 millions d'euros, puis 150 millions d'euros par an les années suivantes.

Source : CIDAL