Un taux de chômage particulièrement bas en Allemagne

LPJ Taux de chômage en AllemagneAvec un taux de chômage avoisinant les 7% au mois d'octobre 2010, la situation de l'emploi et du marché du travail en Allemagne fait des envieux chez ses homologues européens.

Moins de trois millions de chômeurs en Allemagne. Mercredi 27 octobre, la Ministre du Travail et des Affaires Sociales, Ursula von der Leyen, révélait les derniers chiffres du chômage. 2,945 millions en octobre contre 3,031 millions en septembre (chiffres bruts). La dernière fois, en cette période de l'année, c'était en 1992. Un marché du travail décrit comme dynamique, une croissance au second trimestre 2010 de 2,3%. Inattendu ? Un an auparavant, l'Allemagne subissait une récession sans précédent (-4,7% en 2009). Comment expliquer alors la situation économique actuelle de notre voisin Outre-Rhin ?

Face à la crise : une restructuration du marché du travail pour lutter contre les licenciements

Pour contrer et atténuer les effets de la crise, le gouvernement de grande coalition (2005-2009) avait soutenu des mesures de chômages partiels. Afin de prévenir les licenciements massifs, la réduction du temps de travail permettait aux entreprises de conserver leurs salariés. Forte de son système de cogestion, l'Allemagne a réussi ainsi à préserver de nombreux emplois grâce à son programme, Kurzarbeit. Les syndicats avaient préféré alors négocier la sécurité de l'emploi à des augmentations salariales. En effet, entre 2002 et 2008, le coût unitaire de la main d'œuvre n'a crû que de 2% en Allemagne contre 18% dans l'Union Européenne. Mais, ce n'est pas tout. Le marché du travail allemand a connu de grands bouleversements depuis la mise en place de l'Agenda 2010. Lancé en 2003 par le gouvernement Schröder, il devait favoriser la compétitivité grâce à une plus grande flexibilité du marché de l'emploi. Il a conduit à la libéralisation des règles de la fiscalité des petits emplois et du travail temporaire. Ses réformes comprenaient notamment la loi HARTZ IV, connue pour la création des emplois d'intérêt public à un Euro, Ein-Euro-Job. Ces derniers devaient permettre aux chômeurs de longue durée de se réintégrer progressivement sur le marché du travail.

Aujourd'hui : quels emplois pour quels salaires

Ces mesures ont un prix. La moitié des emplois créés depuis le début de l'année 2010 serait des emplois en contrat à durée déterminée et du travail intérimaire. Ainsi, le recul du chômage cacherait une précarisation et une dégradation qualitative du travail. Avec la multiplication des Minijobs à 400 Euros, 20% des salariés allemands seraient payés moins de 10 Euros par heure, selon l'Institut du travail de l'Université de Duisburg-Essen. Le 15 novembre dernier, la Cour fédérale des comptes dénonçait sévèrement les emplois à un Euro. Selon elle, ces postes ne seraient pas bénéfiques aux chômeurs de longue durée. Les critiques s'adressent particulièrement aux JobCenter, agences locales qui s'occupent de la réinsertion des personnes inactives. La Cour leur reproche leur incapacité à prendre en charge et à aider réellement ces populations. L'attribution de ces jobs contribuerait à réduire les coûts de personnel de certaines entreprises et institutions peu scrupuleuses. Ils empêcheraient par la même occasion la création de vrais emplois. L'Agence fédérale pour l'Emploi a annoncé son intention d'en réduire le nombre et de sanctionner les cas de concurrence déloyale.

Perspectives démographiques : les défis à relever du marché de l'emploi allemand

Le vieillissement de la population a conduit le gouvernement allemand à repousser progressivement l'âge du départ à la retraite de 65 à 67 ans dès 2012. Pourtant, le 13 novembre dernier, le quotidien allemand, Süddeutsche Zeitung, rapportait, selon les statistiques de l'Agence fédérale pour l'Emploi, une augmentation du taux de chômage chez les personnes de 60 à 64 ans. Contestant ces chiffres, le gouvernement a, au contraire, affirmé une amélioration de la situation de l'emploi des seniors. Et l'Allemagne n'est pas au bout de ses peines face aux problèmes engendrés par l'évolution de sa démographie. Les secteurs technologiques sont confrontés quant à eux à une autre problématique : la pénurie de main d'œuvre qualifiée. De très nombreux postes d'ingénieurs sont aujourd'hui inoccupés.

Revalorisation des rémunérations

Selon les chiffres publiés, vendredi 12 novembre, par l'Office fédéral des statistiques, Destatis, le PIB allemand présenterait une hausse de 0,7 % au 3ème trimestre. La reprise, soutenue par une demande intérieure et les excédents du commerce extérieur, incite les entreprises allemandes à une revalorisation salariale. BOSCH et AUDI déclaraient, fin octobre, leur intention de relever les salaires de 2,7%.

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