Un rapport dénonce l’augmentation du stress au travail en Allemagne

Stress au travail en AllemagneTerme à la mode ou nouvelle réalité ? Depuis environ deux ans, le mot « burn out » (épuisement professionnel) fait florès outre-Rhin. Un « Rapport sur le stress », présenté mardi par la ministre fédérale du Travail et des Affaires sociales, Ursula von der Leyen, révèle à présent le niveau de stress élevé des salariés allemands et ses principales causes. Plus d'un sur deux (52 %) dit souffrir de la pression des délais et de la performance.

Ce rapport, basé sur une enquête auprès de 18 000 salariés, met au jour les facteurs les plus stressants pour les salariés. La première place revient, pour 60 % des salariés, au « multitasking », c'est-à-dire au fait de devoir exécuter plusieurs tâches simultanément (téléphoner, répondre à des courriels etc.). La pression des délais et l'obligation de performance arrivent également parmi les réponses les plus citées, de même que la monotonie des tâches demandées.

Forte pression, mais soutien entre collègues

Par ailleurs, un salarié sur quatre confie renoncer à sa pause déjeuner. 17 % affirment avoir ressenti un épuisement physique ou émotionnel au cours des douze derniers mois. Néanmoins, cette pression ne semble pas affecter négativement le climat dans les entreprises. Plus des deux tiers des sondés affirment recevoir souvent le soutien de leurs collègues, et 59 % celui de leurs supérieurs. Ces derniers sont pourtant soumis eux-mêmes à une pression d'autant plus forte qu'ils ont des équipes nombreuses à gérer.

Sur le long terme, le niveau de stress semble s'être plutôt stabilisé. 43 % des sondés affirment être soumis à une pression croissante, un chiffre moins élevé que lors de la dernière étude comparable.

Mme von der Leyen veut désormais agir contre ce fléau. Elle en a fait son cheval de bataille, et lancé des initiatives visant à y remédier au sein des entreprises. Elle s'est également félicitée que les partenaires sociaux soient sur le point d'élaborer une déclaration commune sur le sujet.

Briser le tabou pour agir

« Il est grand temps » de briser le tabou, martèle la ministre. Les entreprises allemandes sont à la pointe du progrès en matière de lutte contre les accidents (physiques) du travail, mais elles prennent insuffisamment en compte les souffrances psychiques, regrette-t-elle.

Ces dernières ont pourtant un coût immense. En 2011, les troubles psychiques ont représenté 59 millions de journées de travail perdues (+80 % en 15 ans). Elles constituent la première cause de départ à la retraite anticipé, avec une moyenne d'âge de 48,3 ans. Enfin, 41 % des départs en retraite pour incapacité de travail leur sont imputables.

Source : www.allemagne.diplo.de