Piège de l'emploi en Allemagne : le minijob

Minijob piège de l'emploi en AllemagneL'Allemagne est considérée comme un eldorado pour les travailleurs qualifiés. Cependant le marché du travail peut se révéler être un piège à l'emploi pour les mères de famille qui souhaitent travailler à temps partiel faute de places de crêches. Certains secteurs comme la restauration ou le commerce de détail font également fréquemment appel aux minijobs. Attention de ne pas tomber dans ce piège à l'emploi. Pour mettre le pied a l'étrier sur le marché du travail allemand très prometteur, il faut aussi en connaître les failles et éviter l'un des pièges à emploi : le minijob.

Les minijobs en Allemagne sur le banc des accusés

En Allemagne, les "minijobs", ces contrats précaires à temps partiel qui offrent des salaires très bas, peuvent parfois empêcher la création de vrais emplois. C'est ce qu'indique une étude réalisée par un institut dépendant de l' Agence Allemande pour l'emploi (Bundesagentur für Arbeit).

Lors des grandes réformes du marché de travail menées par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder entre 2003 et 2005, les "minijobs" ont été créés. De quoi s'agit-il ? Ce sont des emplois à temps partiel dont la rémunération ne dépasse pas 450 euros par mois (depuis janvier 2013). Ils peuvent être exercés parallèlement à l'aide sociale, ou en plus d'un emploi "traditionnel". Ils sont en outre quasiment dispensés de charges sociales.

L' Agence Allemande pour l'emploi recense 7,4 millions de contrats de travail de ce type. Plus d'un tiers de ceux-ci concernent des salariés ayant un autre emploi à côté.

Les secteurs qui embauchent sous minijob

L'Institut de recherche sur l'emploi et le marché du travail, organe de recherche de l'Agence Allemande pour l'emploi,, a publié une étude intitulée "Des minijobs controversés". Cette étude met en évidence, "des indices évidents (selon lesquels) les minijobs ont pris la place d'emplois soumis aux charges sociales".

On y apprend, sans surprise, que ce sont, majoritairement dans les entreprises de petite taille et dans les secteurs du commerce de détail et de la restauration, où les "minijobs" sont très fréquents, que cela se vérifierait le plus.

On compte ainsi au moins 1 "minijobber" dans plus de 70% des établissements de restauration. Ces minijobbers représentent à eux seuls 34% du nombre total des salariés de ce secteur. Dans le commerce de détail, on trouve des minjobs dans 63% des établissements, et ceux-ci représentent 23% des employés.

Dans les petites entreprises (1 à 9 personnes), 20% des employés ont un contrat de minijob. Ce chiffre passe à 15% dans les entreprises moyennes (10 à 99 personnes) et à 5% dans celles de plus de 100 salariés.

Les propos des auteurs de l'étude sont toutefois nuancés. Ils reconnaissent notamment que "ces entreprises n'auraient sans doute pas pu créer dans tous les cas des emplois soumis à charges sociale", si elles n'avaient pas pu avoir recours aux "minijobs". Dans certaines grandes entreprises, l'augmentation de l'emploi soumis à cotisations sociales progresse de pair avec les "minijobs", ajoutent-ils.

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