L'OIT loue la politique de l’emploi en Allemagne

CIDAL OIT emploi en AllemagneSelon une étude publiée par l'Organisation internationale du travail (OIT), le marché du travail a beaucoup moins souffert de la récession en Allemagne que dans les autres pays industrialisés. Malgré un recul particulièrement brutal du produit intérieur brut (- 4,7 % en 2009), l'emploi n'a diminué que de 0,2 %, soit cinq fois moins que dans les autres économies développées. L'auteur de l'étude, Steven Tobin, attribue ce succès à une politique de l'emploi « combinant intelligemment » le soutien à la conjoncture avec des mesures d'aide à l'emploi et avec le renforcement des systèmes d'assurance sociale.

« Combinaison intelligente » face à la crise

Le gouvernement allemand a ainsi favorisé le recours au chômage partiel, loue notamment l'OIT. De leur côté, les entreprises ont exploité les outils de flexibilisation du temps de travail, profitant par exemple de la crise pour purger les comptes épargne-temps de leurs salariés. Tout cela a sauvé de nombreux emplois. De plus, les entreprises ont conservé leur personnel. Elles ont ainsi pu saisir la reprise au bond sans avoir à passer par de longues et coûteuses procédures d'embauche.

Le marché du travail allemand a ainsi refermé le chapitre de la crise depuis plusieurs mois. Le taux de chômage était, en février, à son niveau le plus bas (7,9 %) depuis 1992. Le nombre de demandeurs d'emploi (3,317 millions) a baissé de 326 000 en un an.

Selon l'OIT, l'Allemagne doit toutefois faire face aujourd'hui au défi du vieillissement. Il l'expose notamment à une pénurie de main-d'œuvre qualifiée et à un ralentissement de la croissance. Pour y remédier, le pays doit donc à nouveau mettre en œuvre une combinaison de plusieurs mesures, conseille l'Organisation. Il convient d'éviter un recul du nombre de personnes en activité en favorisant le travail des femmes, des seniors et des immigrés. Cela implique, par exemple, d'améliorer les possibilités de travailler jusqu'à un âge avancé, ou encore de renforcer l'offre de garde des enfants.

Quels risques de pénurie de main-d'œuvre ?

À court terme, l'ampleur de la pénurie de main-d'œuvre qualifiée en Allemagne ne fait toutefois pas l'unanimité. Une étude de l'Institut pour la recherche sur le marché du travail (IAB) publiée le 22 mars réfute ainsi l'existence d'une pénurie générale inquiétante. S'il existe bien des difficultés de recrutement dans certaines professions (secteur médico-social, ingénieurs), seules 27 % des entreprises déclarent, à l'heure actuelle, avoir de la peine à pourvoir certains postes. Moins de 10 % estiment que cela les empêche d'exploiter pleinement leur potentiel de croissance.

« Il n'existe donc pas de motif d'inquiétude, mais des raisons de préparer des stratégies pour remédier, à moyen terme, à la diminution sensible de l'offre de travail », écrit l'IAB. « Cela peut passer par des incitations salariales, par des mesures de formation continue, par des mesures en faveur de la conciliation d'une vie de famille et d'une vie professionnelle ou encore par le recours à une immigration sélective. »

Nouvelle baisse sensible du chômage en 2011

Selon l'IAB, le marché du travail allemand devrait poursuivre son essor en 2011. L'Allemagne devrait compter, en moyenne, 2,93 millions de demandeurs d'emploi cette année, soit 320 000 de moins qu'en 2010. Le nombre de personnes exerçant une activité rémunérée pourrait atteindre 40,84 millions, son niveau le plus élevé dans l'histoire de l'Allemagne unifiée.

Pour y parvenir, l'IAB table sur une croissance de 3 % en 2011. Les auteurs de l'étude précisent toutefois que cette hypothèse est soumise à des incertitudes. La hausse du prix des matières premières, la crise budgétaire de certains États européens et les éventuelles répercussions économiques des catastrophes au Japon font, en effet, peser d'importants risques sur la croissance, estiment-ils.

Voir l'article original sur le site du CIDAL : L'OIT loue la politique de l'emploi en Allemagne

© www.cidal.diplo.de