L'évolution du secteur automobile en Allemage et en France : vers une mobilité accrue

Evolution du secteur automobile en Allemage et FranceL'évolution des besoins des consommateurs et les exigences en matière d'éco-responsabilité obligent les acteurs du secteur automobile de part et d'autre du Rhin à repenser la mobilité. TEXTE : LUC ANDRÉ


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Dans les allées du Salon de Francfort, mi-septembre, on ne pouvait ignorer l'air du temps. Les constructeurs ont passé la vitesse supérieure pour les nouvelles formes de mobilité automobile. L'électrique et l'hybride en tête sont désormais mûrs pour les marchés de masse et doivent peu à peu prendre le relais du simple moteur à explosion.

Cette vaguelette promet de devenir une lame de fond. Le défi pour les firmes pionnières du secteur, de part et d'autre du Rhin, n'est pas seulement de rester à flot. Elles doivent s'attacher à devancer les attentes. Il en va de la défense de leur pré carré, face aux appétits d'acteurs extérieurs comme le géant internet Google. Volkswagen, qui représente les deux tiers de la production allemande, veut faire passer ses ventes globales de neuf à dix millions de véhicules d'ici 2018 et veut retrouver son statut de numéro un mondial. En perte de vitesse, Renault et PSA ont écoulé tout de même 5,5 millions d'unités en 2012.

Des performances de ces groupes dépend en partie la bonne santé de nos économies. L'industrie automobile c'est 9 % des emplois en France et même 14 % en Allemagne.

On le voit actuellement, les problèmes structurels des constructeurs français, qui souffrent notamment de surcapacités et de l'effondrement du marché sud-européen, pèsent sur la conjoncture. À l'inverse, l'Allemagne s'en sort grâce à la demande du savoir-faire made in Germany, en Asie en particulier. Une aubaine car son marché national montre aussi ses limites.

Vu les enjeux, la sphère politique est encline à défendre ses champions nationaux. On a vu l'affrontement entre Allemands et Français sur les normes de rejet de CO2 pour la mobilité fossile, suivi par les bisbilles entre Mercedes et l'État français autour d'un fluide réfrigérant pour les climatiseurs. L'agenda franco-allemand 2020 devait ouvrir des perspectives de coopération sur l'électromobilité entre les deux pays. Ses résultats ont été maigres et la concurrence traditionnelle entre les deux principales économies de la zone euro a pris le dessus sur ce nouveau terrain. L'Allemagne a gagné une manche en imposant son standard pour les bornes de rechargement.

Le développement de la voiture à hydrogène offre une autre image. Si les constructeurs français restent en marge, d'autres acteurs tricolores œuvrent main dans la main avec des partenaires allemands pour faire naître un nouveau secteur.

Repenser nos déplacements

Cette mobilité électrique, à batterie aujourd'hui, à hydrogène demain, amorce la pompe de la mobilité propre. C'est un vecteur indispensable de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, dont un bon tiers sont générées par les transports. Ces évolutions vont de pair avec une prise de conscience écologique durable au sein de nos sociétés.

Elle s'accompagne d'un changement de mentalité, en particulier chez les jeunes consommateurs, sur la possession de l'automobile. "Pour eux, les réseaux sociaux et les équipements, des téléphones de troisième génération aux tablettes, sont plus importants", estime l'universitaire Harald Heinrichs, spécialisé dans les interactions entre le développement durable et la société. Le succès croissant de l'autopartage, sous toutes ses formes, invite la filière à réfléchir.

Avec ses contraintes techniques (chargement, autonomie), l'essor de la voiture électrique nous amène à repenser le périmètre de nos déplacements. Il implique aussi de repenser une partie de nos infrastructures. Les villes d'abord, mais à terme tous les territoires, vont devoir s'adapter à ces nouveaux besoins. Un aspect que doivent prendre en compte les processus de transition énergétique en cours de part et d'autre du Rhin. Pour qu'un habitacle posé sur quatre roues reste fidèle à son impératif de liberté.

À Francfort, les constructeurs ont aussi levé le voile sur les solutions d'après-demain. L'utilisation des technologies réseau pour fluidifier et sécuriser les déplacements devrait révolutionner l'automobile, autant que le changement de mode de propulsion. Avec, au bout du chemin, l'innovation ultime qui, déjà, se profile : la voiture sans chauffeur.

TEXTE : LUC ANDRÉ