Les syndicats en Allemagne attirent de nouveaux adhérents

PB Les syndicats en AllemagneAprès des années de baisse des effectifs, IG Metall et Verdi se tournent vers les jeunes et les précaires pour garder leurs adhérents. Avec des succès différents. TEXTE : RACHEL KNAEBEL


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Une bonne nouvelle syndicale en temps de crise. La Fédération allemande de l'industrie IG Metall a enregistré en 2010-2011 la première hausse sensible de ses effectifs depuis plus de deux décennies, selon les chiffres donnés lors du congrès du syndicat en septembre 2011. Avec plus de 2,2 millions d'adhérents en 2010, c'est aujourd'hui le plus grand syndicat du pays.

L'organisation a su répondre à la crise de 2008. Elle a d'abord négocié le recours au chômage partiel (Kurzarbeit) plutôt qu'aux licenciements massifs, avant de repartir très vite à l'offensive. Le syndicat a obtenu en 2010 l'égalité de salaires entre intérimaires et permanents pour 85 000 travailleurs de la sidérurgie. IG Metall s'attaque maintenant au problème des bas salaires chez les sous-traitants.

Mais c'est surtout vers la jeunesse que le syndicat s'est tourné. "Nous négocions en ce moment l'embauche en CDI des apprentis en fin de formation dans les branches de la métallurgie et de l'électricité, indique Ingrid Gier, porte-parole. Nous l'avons déjà obtenue pour la sidérurgie." IG Metall installe aussi une quinzaine de bureaux dans les universités du pays. Cet engagement paie : 400 000 adhérents ont moins de 35 ans, 200 000 moins de 27 ans.

Des moyens sur le terrain

Autre angle d'attaque : les nouvelles industries, de l'électro-mobilité aux énergies renouvelables. Pour ces jeunes branches, IG Metall a pris le parti d'envoyer des responsables syndicaux sur place, pour accompagner des projets précis, comme la création d'un comité d'entreprise ou la mise en place d'une cantine. "Ils peuvent rester pendant trois semaines ou venir pour des conseils ponctuels", précise Ingrid Gier. IG Metall mobilise une vingtaine de ces organizers. Plus largement, le syndicat redéploie son personnel sur le terrain : ces trois dernières années, il a supprimé une centaine de postes dans sa centrale de Francfort pour les envoyer vers ses 170 bureaux locaux.

Chez le deuxième grand syndicat allemand, celui des services, Verdi, les effectifs s'effritent depuis dix ans : de plus de 2,2 millions en 2006, il en compte seulement un peu plus de 2 millions aujourd'hui. C'est aussi par un travail de terrain, et de fourmi, que Verdi veut inverser la tendance. À l'aéroport de Berlin Schönefeld par exemple, où l'implication auprès des différentes firmes a payé : 230 adhérents en plus en un an et demi. Le syndicat mise aussi sur les formes d'activités atypiques dans un secteur où elles sont toujours plus nombreuses. 30 000 travailleurs indépendants sans employés (Solo-Selbständige) ont rejoint Verdi, qui a mis en place des services spécifiques pour eux, comme un centre téléphonique de conseils. Et la marge de progression est grande : l'Allemagne compte un million d'indépendants dans les services.

TEXTE : RACHEL KNAEBEL