Les salaires grimpent dans la métallurgie en Allemagne

CIDAL Les salaires grimpent dans la métallurgie en AllemagneLes métallos allemands peuvent se réjouir : leur pouvoir d'achat va faire un bond cette année. Patronat et syndicats se sont accordés cette semaine à Böblingen sur une hausse des rémunérations de 3,4 % à partir du 1er avril, s'accompagnant d'un versement unique de 150 euros.

L'accord a été conclu par le patronat et le syndicat IG Metall dans le Bade-Wurtemberg. Mais cette convention dite « pilote » a vocation à inspirer les négociations salariales dans l'industrie métallurgique et électronique de tout le pays. Les 3,7 millions de salariés de cette branche phare de l'industrie allemande sont donc concernés. Les termes de l'accord ont d'ailleurs déjà été repris en Rhénanie-du-Nord-Westphalie et en Bavière.

Pouvoir d'achat en forte hausse

Pour les métallos, le bénéfice va être tout à fait concret. Car l'inflation est au plus bas, proche de zéro. Selon le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, la rémunération de base d'un ouvrier métallo du Bade-Wurtemberg devrait ainsi passer de 2121 à 2193 euros, et celle d'un ingénieur de la tranche salariale la plus élevée de 5345 à 5526 euros. Ces sommes sont en général majorées par une prime de performance de 15 %, ajoute le journal.

L'accord est d'une durée de 15 mois, jusqu'en mars 2016. Lors des dernières négociations salariales, en 2013, les métallos avaient déjà obtenu une augmentation progressive de 5,6 %.

Un signal pour toute l'économie ?

Sans surprise, la conclusion de cet accord a éveillé les appétits des syndicats d'autres branches. De la chimie à la fonction publique régionale en passant par les transports, ils sont en effet nombreux à négocier actuellement avec le patronat les conventions tarifaires qui s'appliqueront au cours des prochains mois. Il est néanmoins peu probable que tous les syndicats d'employeurs puissent suivre le patronat de la métallurgie, branche prospère et fortement exportatrice.

Selon la presse allemande, l'accord scellé à Böblingen fait d'ailleurs grincer des dents jusque dans les rangs de ce dernier. La fédération patronale Gesamtmetall est ainsi soulagée d'avoir échappé à la grève dont l'avait menacée IG Metall. Mais certaines de ses fédérations jugent l'accord trop généreux. Le compromis trouvé va pour beaucoup d'entreprises « aux limites du supportable », admet Rainer Dulger, président de Gesamtmetall. « Pour beaucoup de PME, il va même au-delà ».

Une analyse confirmée par le président de la Confédération des associations patronales allemandes (BDA), Ingo Kramer. C'est un « compromis difficile pour beaucoup d'entreprises », dit-il. « Le résultat ne peut en aucun cas être transféré à l'ensemble de l'économie ».

Source : CIDAL