Les parents allemands se plaignent de manquer de temps

CIDAL Parents allemandsSelon un sondage de l'Institut für Demoskopie d'Allensbach pour le ministère allemand de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse, le manque de temps demeure le problème numéro un des parents qui tentent de concilier vie professionnelle et vie de famille en Allemagne. 69 % de la population et 78 % des parents considèrent ainsi que le premier devoir de la politique familiale est de faciliter la tâche à ceux qui tentent de mener de front travail et vie de famille. La ministre de la Famille, Kristina Schröder, entend répondre aux attentes.

Initiative gouvernementale sur la durée du travail

"Le temps est la valeur cardinale de la politique familiale moderne", a déclaré la ministre. Dès le mois d'octobre, Mme Schröder lancera une initiative en faveur de la flexibilisation des horaires de travail dans les entreprises, en coopération avec la Fédération des industries allemandes (BDI). Elle plaidera, en particulier, pour l'aménagement pour les parents de postes à temps partiels, mais proches d'un temps plein. 60 % des pères et 41 % des mères de famille souhaitent, en effet, réduire leur temps de travail. Mais la majorité d'entre eux n'envisagent pas de travailler à mi-temps. Ils aimeraient des semaines de travail de 30 à 36 heures.

Pour la ministre, il ne suffit toutefois pas de rendre les horaires plus flexibles. Il faut aussi changer la culture qui règne dans les entreprises. Il ne faut pas tant mettre l'accent sur le temps de présence des salariés mais sur la qualité de ce qu'ils produisent, a-t-elle souligné.

La dépendance, enjeu majeur

Le manque de temps n'est toutefois pas l'apanage des salariés parents d'enfants mineurs. Il concerne aussi tous ceux qui s'occupent d'un proche dépendant. Là aussi, les sondés pointent une difficulté majeure à concilier soins et activité professionnelle. Or les deux tiers des sondés estiment que le soutien d'un proche est pourtant la meilleure solution pour les personnes dépendantes. À 87 %, ils déclarent donc que la question sera un enjeu majeur de l'avenir.

Mme Schröder se voit ainsi confirmée dans son projet d'instaurer un "congé de soutien familial aux personnes dépendantes". Il permettrait à un salarié de réduire son temps de travail de moitié pendant deux ans en touchant 75 % de sa rémunération, avant de retravailler à temps plein en touchant toujours 75 % de son salaire pendant les deux années suivantes.

La ministre s'est, par ailleurs, réjouie du fait que les Allemands désirent à nouveau avoir des enfants. 52 % des sondés disent aujourd'hui souhaiter avoir un enfant de plus, contre 43 % en 2008. Les couples ont, par ailleurs, revu à la baisse les critères de stabilité et de sécurité matérielle qu'ils jugent nécessaires pour devenir parents. Enfin, ils continuent de plébisciter le salaire parental qui leur permet, depuis 2007, de prendre un congé rémunéré allant jusqu'à douze mois pour s'occuper de leurs enfants.

Voir l'article original sur le site du CIDAL : Les parents allemands se plaignent de manquer de temps

© www.cidal.diplo.de