Les nouveaux pères allemands veulent pouponner

CIDAL Les nouveaux pères allemandsQu'il est loin, l'idéal familial des années 50, qui voulait qu'une mère soit forcément au foyer, et son homme au travail ! En Allemagne, les jeunes papas d'aujourd'hui veulent profiter de leurs enfants, s'impliquer dans leur éducation, et prendre leur part de responsabilité dans les tâches domestiques.

Il faut dire qu'ils y ont été fortement encouragés par la politique du gouvernement : avec la création en 2007 du « Vätermonate » (congé paternité rémunéré, à hauteur de deux tiers du salaire), et de l'« Elterngeld » (« salaire parental » pouvant être touché tant par le père que par la mère, cela dépend de celui qui souhaite s'arrêter momentanément de travailler pour s'occuper d'un enfant pendant sa première année d'existence), les pères allemands ont aujourd'hui la possibilité de vivre pleinement leur paternité. « Ces papas poules remettent de plus en plus en question les idées reçues et développent leur propre conception de la masculinité et de la féminité, donc de la paternité et de la maternité », explique Tanja Mühling, de l'Institut de recherche sur la famille (université de Bamberg, Bavière). Ce que confirment les chiffres : alors qu'en 1988, 38 % des Allemands de l'Ouest pensaient que « la fonction des hommes est de travailler, tandis que celle des femmes est de s'occuper du foyer », cette proportion avait chuté à 16 % en 2002.

Toutefois, de l'idéal à la réalité, il y a un pas que beaucoup de papas peinent encore à franchir : les pères au foyer ou travaillant à temps partiel restent une minorité en Allemagne (même s'ils n'ont jamais été aussi nombreux). Tout se passe en effet comme si leurs engagements en matière de partage des tâches familiales disparaissaient avec l'arrivée d'un enfant dans leur vie de couple, au profit d'un retour aux traditionnels schémas sexués. Les « nouveaux pères » allemands tant évoqués par les médias seraient-ils donc un mythe ?

« La modernisation du rôle de l'homme s'opère beaucoup plus lentement que celle du rôle de la femme. Bien que les pères acceptent désormais l'idée d'une répartition des tâches à égalité avec leur conjointe, cela ne se traduit pas encore dans leur comportement », poursuit Tanja Mühling. En cause : les pressions financières et la culture du milieu du travail, principaux obstacles dressés sur la route de ces Allemands n'aspirant qu'à être de « nouveaux pères » exemplaires. « La définition que les hommes se font aujourd'hui de la paternité a sans aucun doute changé, conclut Tanja Mühling, mais des considérations de carrière, d'image et de revenus les ont empêché, jusqu'à présent, de concrétiser leur nouvel idéal. »

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